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* GIACINTO SCELSI (1905 - 1988), Italie

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Giacinto Scelsi [1905, Italie (La Spezia) - 1988, Italie (Rome), décédé à 83 ans, selon ses vœux, dans la nuit du 8.8.88, le 8 étant son chiffre fétiche, mais, ironie du sort et dernière rebuffade de la camarde, l'administration Italienne, lente du bonnet, n'enregistre officiellement sa mort que le 9] (prononcer «chelssi») est un cas tout à fait isolé dans la Musique Contemporaine : une origine patricienne (aristocratique) qui l'a mis à l'abri des nécessités financières (Rolls, avec chauffeur), un éloignement viscéral de la Société, jusqu'à la maladie psychiatrique en 1944 et l'internement épisodique pendant de nombreuses années (ce qui ne l'empêche pas de voyager jusqu'aux années 50, notamment en Afrique, et en Orient où il a forgé sa posture de médium transcendantal) ; après sa «guérison» (à l'hôpital, il passe des heures à ne jouer qu'une seule note -un «la bémol», répété sans fin avec d'infimes variations), il mène une vie solitaire dévolue à une recherche ascétique sur le son et à l'écriture de poèmes (amitié épistolaire avec Henri Michaux), refuse tout contact ou presque avec les médias (aucune photo) et le milieu artistique (sauf les dernières années, au cours desquelles il a visité divers pays d'Europe dont la France, à l'occasion des concerts dédiés, souvent pour des créations mondiales de pièces majeures anciennes, jamais jouées) ; à sa mort, peu de ces œuvres ont été créées en public (à ce titre, la date de composition est ici seule recevable, mais elle est souvent floue pour la date de fin), voire jouées plus d'une fois et beaucoup ont été détruites par lui-même (écrites avant 1950) ou sont inédites (et un scandale bouffon éclate alors, qui laisse entendre qu'il n'est pas l'auteur de ses œuvres, sachant qu'aucun manuscrit de sa main ne subsiste, mais seulement des transcriptions de copiste, et que, pour ses œuvres de piano, les départs de composition sont des improvisations enregistrées sur magnétophone). Site Internet personnel (en Italien, conçu par sa sœur cadette Isabella) : www.scelsi.it... Première œuvre significative contemporaine (auparavant, des pièces significatives d'inspiration dodécaphonique, dès 1934, avec "Sonata pour violon et piano" ou "Concertino pour piano et orchestre") : "Cinque incantesimi" (1953, pour piano). Instrument pratiqué : piano.Moderniste-Microtonal (pré-spectral). Giacinto Scelsi est un des 10 compositeurs majeurs de la Musique Contemporaine, mais c'est une Voix à part : son style est incomparable, qui se rapporte souvent aux mythes de l'Inde et du Népal, et accapare les quarts de tons (il est en ce sens le prophète de l'École Spectrale, depuis ses "Quatro Pezzi" de 1959, et il a fortement influencé Gérard Grisey et Tristan Murail, dans leur jeunesse lors de leur pension à la Villa Médicis, à Rome) ; il sculpte le son, disent les analystes, ou pour faire simple, sa musique est constituée de blocs de timbres souvent monodiques qui s'étalent en dérivant faiblement (glissements, avec d'éventuelles irisations, granulations) pour une véritable osmose sonore ; s'y ajoutent un sens assumé des clusters, des articulations-liaisons (contrastées), de l'intervalle inexploré entre consonance et dissonance ; son style, unique (à la fois sans parrainage-héritage encombrant et sans ingérence contemporaine), est également marqué par l'apurement, par la répétition (ostinato) souvent sur une note polaire, et, par l'instabilité (reliée par certains à sa confusion mentale) autour d'un son ou via un écart extrême entre des notes distantes (l'intervalle étant vide ou bien rempli par un cluster) ; avant les années 50, il est passé par le dodécaphonisme (en étudiant à Vienne avec Walter Klein en 1935-1936, pas dans sa dimension structurale, mais plutôt pour la liberté atonale) et même le médiéval (avec beaucoup de déchet), mais seules ses œuvres d'après son aliénation mentale (soit après 1952) sont marquées par une profonde originalité et un langage unique, souvent d'allure méditative, planante et lente (mais pas toujours, plutôt bouillonnante avant 1959), sans construction ni progression apparente (soit au moins 50 œuvres, plutôt courtes, presque aucune ne dépassant 20 minutes, sur un total de plus de 150 au catalogue en 2009)… Pièces emblématiques : "Quattro Illustrazioni" (1953, pour piano), "Yamaon" (1958, pour voix de basse et 5 instrumentistes, en soliloques incantatoires), "Quatro Pezzi su una Nota sola [4 Pièces sur une seule Note]" (1959-1961, pour ensemble orchestral, la pièce paradigmatique de son style microtonal, qui joue une seule note), "Kya" (1959, pour clarinette solo et septuor), "Aiôn" (1961, pour grand orchestre), "Xnoybis" (1963, pour violon), "Duo" (1965, pour violon et violoncelle), "Uaxuctum" (1966, mais créée en 1985, pour petit orchestre avec 6 contrebasses, chœur mixte, onde martenot et soprano amplifiée), cosmogonique), "Okanagon" (1968, pour harpe, percussion, contrebasse, envoûtant et en ostinatos ritualisés), "Konx-Om-Pax" (1969, pour grand orchestre, chœur et orgue), "Pfhat (1974, pour grand orchestre et chœur).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1953Quattro Illustrazioni (piano) [48 ans]Piano-solo. Une musique, en quatre courtes pièces ciselées et concises, comme marquée par un halo de réverbération (rien à voir avec le halo impressionniste de Debussy), par sa recherche sur les résonances, qui erre, voire divague, se transforme (le … … suite | … plus (portrait compositeur)15xxx+++++
1959Quatro Pezzi su una Nota sola (orchestre de 25 musiciens) [54 ans]Ensemble (grand). Au delà de la provocation (à la même époque, John Cage écrivait 4'33", une œuvre constituée de silence), ces 4 pièces célèbres pour ensemble ou petit orchestre (seulement des bois), fondées sur une seule note, sont l'emblème des qua… … suite | … plus (portrait compositeur)13xxxxx+++
1961Aiôn (grand orchestre) [56 ans]Orchestre (grand). Une œuvre somptueuse en 4 mouvements (4 épisodes dans une journée de la vie de Brahma, laquelle journée dure 90 000 journées humaines !) qui commence dans une atmosphère mystérieuse (réverbérante) dans les sons graves (les vents, p… … suite | … plus (portrait compositeur)20xxxx+++
1964Xnoybis (violon) [59 ans]Violon-solo. Une œuvre difficile, d'une rare puissance pour le violon seul (avec scordatura : la corde de Ré est accordée au Sol supérieur, par exemple, pour 3 cordes en La sur 4, de sorte à obtenir les 4 accords Ré dièse, Si, Sol, Fa) qui, maniant a… … suite | … plus (portrait compositeur)14xxxx+
1965Duo (violon et violoncelle) [60 ans]Violon-Violoncelle. Une œuvre de chambre dans la lignée des pièces pour orchestre monodiques, mais plutôt grinçante qui, maniant ad libitum les quarts de tons et la scordatura (pour les 2 instruments), paraît curieusement statique (immobilité de la n… … suite | … plus (portrait compositeur)11xxx++
1969Konx-Om-Pax (grand orchestre, chœur et orgue) [64 ans]Orchestre-Voix. Un bloc d'une puissance musicale (et émotionnelle) grandiose marqué par les tessitures graves (aucune flûte) et une grande complexité harmonique, avec des montées graduelles très lentes, recueillies pour les 2 mouvement extrêmes (le t… … suite | … plus (portrait compositeur)18xxxxx+++
1974Pfhat (grand orchestre et chœur) [69 ans]Orchestre-Voix (sans hautbois ni violon, avec un seul alto). Une œuvre courte, en 4 brefs mouvements, où le chœur est limité à des bruits chantés de respiration ; le premier mouvement est fait de longs appels répétés, monodiques, le second mouvement … … suite | … plus (portrait compositeur)9xxxx+++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendelégendelégendeNé le 8 Janvier 1905

M.A.J.-Actus : 2017/07/07.
Mort le 9 Août 1988 ; joué irrégulièrement en France (à la mode, puis oublié, puis repris ici ou là, notamment par l'Institut Culturel Italien, à Paris) ; reprises (réussies) de "Yamaon" et de "Okanagon", le 11 Juin 2010, à Paris (Agora) ; un nouveau livre quasi autobiographique pour mieux le connaître, en 2007. Site Internet personnel (pas d'extraits musicaux): www.scelsi.it* Reco(s)-Accès-facile (relativement à son catalogue)… "Okanagon" (1968, pour harpe, percussion, contrebasse, envoûtant et en ostinatos ritualisés ; Extrait-Vidéo), "Konx-Om-Pax" (1969, pour grand orchestre et voix ; Extrait-Vidéo) |

* Conseil-découverte : "Quatro Pezzi su una nota sola" (1959-1961, pour ensemble orchestral) |

* Conseil-approfondissement : Konx-Om-Pax (1969, pour grand orchestre, chœur et orgue) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 7-Juillet-2017

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