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ENSEMBLE INSTRUMENTAL

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Adams
(John)
1993Chamber Symphony (15 musiciens) [46 ans]Ensemble (petit). Virtuose et sauvage, telle est la meilleure étiquette donnée à cette œuvre par le compositeur lui-même (en 3 mouvements intitulés, "Mongrel Airs" [airs balourds], "Aria with Walking Bass" [basse qui marche, obstinée] et "Roadrunner" [sorte de mouvement perpétuel]) ; s'ajoutent la motricité (linéaire), l'emploi de sons singuliers (petite batterie, sifflet par la flûte, l'orgue de barbarie, claquettes) dans un entrain jubilatoire ; à noter : la formation choisie, le titre et la partition portent des clins d'œil avec la "Symphonie de Chambre n°1" de Schoenberg (mais aucun rapport immédiat à l'écoute) ; une sorte de symphonie des jouets, chaloupée et jazzy, chromatique, presque même une musique de kiosque (mais savante)... de la musique minimaliste (répétitive), certes, mais aussi complexe, dissonante et riche (donc bien distincte du premier style de Philip Glass ou Terry Riley) [création : 17 Janvier 1993, à La Hague (Hollande), par le Schoenberg Ensemble]... de la même veine, "Harmonielehre" (1985, pour orchestre, 40 mn).21xxx+++++.
Adès
(Thomas)
1993Living Toys (orchestre de chambre) [22 ans]Ensemble (petit, 7 vents et bois, percussions, piano, 2 violons, alto, violoncelle, contrebasse). Une œuvre étincelante au style jazzy avec des références aux mythologies de notre enfance ; en 5 sections, entrecoupées de 3 parties plus légères et dynamiques : les anges, un long solo de cor accompagné de gongs et de petites trompettes, puis, la charge de l'auroch fouetté et piqué brutalement par l'enfant-matador jusqu'à ses beuglements de défaite (cor à nouveau), puis le héros-enfant cauchemarde (tambour maniaque, clairon), rêve (ordinateur, mutant en valse languissante de music-hall de l'époque Victorienne/Edwardienne), enfin il se lance dans une bataille sans fin et suffocante, tragique ; Extrait-Vidéo [création : 11 Février 1994, Barbican Hall, Londres (Angleterre)].17xxx++++.
Barraqué
(Jean)
1968Concerto pour clarinette (clarinette et ensemble de 17 musiciens) [40 ans]Ensemble (petit, clarinette non concertante). Une œuvre d'une grande pureté, scintillante et se renouvelant sans cesse sans construction apparente, pour 6 groupes de musiciens par 3 ; le nom de Concerto est inapproprié, car la clarinette n'est quasiment pas soliste (mais utilise une grande variété de styles et d'altérations, y compris jazzistique), et parce qu'un autre instrument, le vibraphone, a aussi un rôle important ; il s'agit plutôt d'une musique de chambre alternée (divers groupes en trios, puis ensemble complet, puis solos courts) comme des vagues en allers et retours ; une pièce d'une grande originalité et virtuosité qui part, revient, se noie, oublie les paysages vus (comme un cerf-volant, selon le compositeur), selon une esthétique du discontinu (brisures) et de l'élan inabouti (la partition se termine par un énigmatique II, prélude à un hypothétique deuxième mouvement, jamais engagé) [création : 20 Novembre 1968, à Londres (Angleterre), avec le clarinettiste de jazz Hubert Rostaing].28xxxx++.
Bedrossian
(Franck)
2005Charleston (ensemble de 15 musiciens) [34 ans]Ensemble (petit). Violente (jusqu'à l'hystérie contrôlée) peut-être, en tout cas pulsée par une énergie féroce (jusqu'aux débordements), par une alternance tension-libération, cette pièce est décoiffante, prenante, qui assiège littéralement l'oreille du début à la fin ; la filiation temporelle du titre, tient davantage par la puissance tellurique et la sauvagerie effrayante, de Varèse ("Hyperprism") que de Joséphine Baker, bien sûr, et la référence, par le titre, à cette danse des années 1920 doit dès lors être comprise comme l'intégration d'éléments extérieurs empruntés aux musiques improvisées et, de fait, certains parmi les 15 musiciens jouent des soli très libres (trombone, mais aussi cor, harpe, flûte, percussion ou clarinette) ; un concentré de musique radicale, d'une grande beauté, une pièce démonstrative, emblématique de l'art de la saturation (avec comme obsession l'articulation de l'excès) ; la pièce s'ouvre par un précipité chaotique au saxophone, illustré par des frémissements fiévreux des autres instrumentistes (comme un chorus de Jazz) ; pour la version révisée (2007), le compositeur a focalisé encore davantage son propos en coupant 3 minutes ; Extrait-Vidéo [création : 16 Avril 2005, à Paris (France)].13xxx+++.
Benjamin
(George)
1982At First Light (ensemble de 14 musiciens) [22 ans]Ensemble (petit). Une œuvre peinture de l'aube (couleurs et bruits), en triptyque, avec un seul percussionniste et des cordes jouées en longues séquences (y compris micro-intervalles), évoquant Varèse et Messiaen (de la maturité) avec quelques modernismes anecdotiques (bruit de papier froissé, balle de ping-pong dans un verre) ; la fin est de pur hédonisme pour une pièce qui allie superbement suggestion et évocation, grâce à la diversité de son univers sonore, luxuriant ou raréfié ; une grande réussite (orchestration brillante et maîtrisée) et un style personnel précoces, inspirée de Norham Castle au lever de soleil du peintre Turner [création : 23 Novembre 1982, à Londres].20xxx+++.
Berio
(Luciano)
1982Corale (violon, 2 cors et 17 cordes) [57 ans]Ensemble (petit, avec violon concertant). Un prolongement-extension (pour violon, cordes et 2 cors) de la Sequenza VIII pour violon solo (1976), avec une réminiscence de la Chaconne de Bach et de danses populaires ; le violon, soliste, commence par un «la» répété fortissimo, puis varié par la superposition de notes voisines sur plusieurs cordes (doubles ou triples), grâce aux autres instruments (pour créer un effet chromatique) ; au milieu de la pièce, figure une sorte de cadence (absente dans la Sequenza), staccato et très contrastée, quasi répétitive ; enfin, la conclusion, plutôt tonale (moins atonale) contraste le violon avec ses notes répétées et les 2 contrebasses chantantes (pour finir diminuendo) ; la construction de la pièce est marquée par la polyphonie (l'effectif s'élargit de plus en plus), par les effets de résonance et par les insistances (staccato, ostinato) ; le titre de la pièce, qui signifie choral, illustre la fusion polyphonique entre les instruments solistes, violon et à un moindre degré cors et violoncelles, avec le reste de l'ensemble, au contraire d'un concerto traditionnel (sachant que les autres pièces issues de l'une ou l'autre Sequenza sont intitulées "Chemin" et numérotées de I à VII) [création : 17 Janvier 1982, à Zürich (Suisse)].16xxx++.
Birtwistle
(Harrison)
1965Tragoedia (ensemble de 10 musiciens) [31 ans]Ensemble (petit, avec flûte, hautbois, clarinette en si bémol, basson, cor en fa, harpe, 2 violons, alto, violoncelle, soit un quintette à vent, une harpe et un quatuor à cordes), en 3 groupes et 6 courts mouvements (5 nommés selon la tragédie Grecque : Prologue, Parados, Episodion, Stasimon, Exodos), organisés avec une structure cyclique et des symétries de type verset-refrain ; non théâtral, mais puissamment tragique (au sens Grec ancien, stylisé, rituel) ; les sonorités sur-aigües et les formes brutales et fortement juxtaposées font penser davantage à Stravinsky, Varèse, Messiaen, qu'à Schoenberg ou Webern ; une pièce remplies de turbulences Dyonisiaques, sauf à son milieu, caractérisé par une sérénité Apollinienne ; à noter : une grande partie de la musique a été réutilisée dans son éminent (et très recommandé) opéra "Punch and Judy" (1967) [création : 20 Août 1965, à Wardour Castle (Angleterre), Summer School of Music, par l'Ensemble Melos, dirigé par Lawrence Foster]19xxxx+++.
Birtwistle
(Harrison)
1978Carmen Arcadiae Mechanicae Perpetuum (ensemble) [44 ans]Ensemble. Un petit bijou de musique (apparemment) déjantée, originale (6 mécanismes distincts incongrument juxtaposés et superposés) ; la pièce, courte et concentrée, commence par une série de rythmes détraqués (mais assez dansants) ou mécanisés, comme un automate, ponctués par de longs continuos ; ensuite, suivent des soliloques, à nouveaux grippés (nombreuses dissonances grinçantes), qui peu à peu s'égrainent comme des gouttes éparses, pour revenir aux rythmes primitifs, alors plutôt délabrés... jubilatoire ; à noter : la pièce comprend une part d'auto-parodie sarcastique (ou auto-dérision) et s'inspire d'un mobile-gadget de Paul Klee appelé «Twittering Machine» comprenant 4 oiseaux filiformes (sans aile et sans corps, avec des pattes maigres) perchés sur un vilebrequin attaché à un manche (qui, sans doute lorsqu'il est allumé, lance des gazouillis) [création : 24 Janvier 1978, à Londres (Angleterre), Queen Elizabeth Hall, par le London Sinfonietta et le compositeur]11xxxx++N
Boesmans
(Philippe)
1990Surfing (alto et 15 musiciens) [54 ans]Ensemble (petit)-Alto (non concertant). Une œuvre de grande complexité et virtuosité, marquée par le mouvement (les vagues, plus ou moins longues) et les rythmes (les rebondissements, au contraire, plus ou moins courts), avec des effets physiques de ricochets (flux, reflux, staccatissimo, sur-multiplications) ; une pièce brillante (toute d'ornementation) et énergique (d'exécution très difficile, mais facile d'écoute), une fascinante découverte (presque visuelle, en tout cas, polyphonique et spectaculaire), et la première approche du compositeur vers plus d'expressivité, avant les opéras [création : 19 Mars 1990, au festival Ars Musica de Bruxelles (Belgique)].12xxx++++.
Boulez
(Pierre)
1969Livre pour Cordes (petit orchestre à cordes) [44 ans]Ensemble (grand, cordes seulement). Extension des sections Ia et Ib du Livre pour quatuor, c'est une pièce en devenir dont la filiation instrumentale est évidente (Bartók) mais dont le résultat auditif en est très éloigné (dernière version, 1989) ; les 4 voix du Livre pour Quatuor deviennent ici polyphonie à 12 ou même 16 parties, avec un raffinement des timbres inouï ; Extrait-Vidéo [créations : Ia, 1er Décembre 1968, à Londres ; Ib, 8 Décembre 1968, à Brighton (Angleterre) ; ensemble, en 1969 (non vérifié)].10xxx++.
Boulez
(Pierre)
1988Dérive 2 (11 musiciens) [63 ans]Ensemble (petit). En 1988, "Dérive 2", de durée plus longue que "Dérive 1" (16 minutes), et en plus étendue à 11 musiciens (révisée et allongée à 21 minutes en 2001, puis en 2006, considérablement, pour atteindre 45 minutes) : il s'agit aussi d'une étude sur la cohérence entre la dérivation voulue et la prolifération bourgeonnante, pour ensemble de chambre, dense, bâtie (comme souvent chez Boulez) sur des bouts de partitions précédentes, abandonnés ou insuffisamment exploités (pour Dérive 2 : "Éclat") ; la pièce initiale, également en 2 sections comme "Dérive 1", avec un cor Anglais bouché récurrent, est une méditation donnant une sensation de mystère ; de la partie ajoutée en 2006 (un 3ème mouvement et des extensions pour les 2 autres), ressortent les irisations produites par un continuo à 4 instruments, une sensualité heureuse, un nouveau lyrisme, et, à la fin, une riche virtuosité avec une mise en place confondante ; une sorte de «mille-feuilles temporel» où se juxtaposent et se superposent différentes couches de temps musical (avec un clin d'œil voulu, mais distant à György Ligeti) ; une sorte de concerto pour petit ensemble, vif-lent-vif, d'une inventivité prodigieuse, balade rythmique qui ne semble pas avoir de fin [création : 21 Juin 1990 à Milan par l'Ensemble Intercontemporain, et 7 Novembre 2006, Cité de la Musique, Paris (France) pour la version de 45 minutes]45xxx+++N
Donatoni
(Franco)
1981Le Ruisseau sur l'Escalier (violoncelle et ensemble) [54 ans]Violoncelle et ensemble (20 musiciens). Une pièce concertante, mais le violoncelle (virtuose, non soliste) est intégré dans l'ensemble, sauf pour une courte cadence à mi-parcours ; une musique pleine, dense, un brin facétieuse (et qui mise sur le plaisir auditif), avec une rythmique et des alliages séduisants et une mise en place des instrumentistes atypiques (flûtes à gauche, clarinettes à droites, violons devant, claviers aux ailes, cuivres au fond), sauf les percussions à l'arrière ; la pièce s'ouvre par un tutti en apostrophe, suivi par un soliloque du violoncelle, souvent rêveur et des intermèdes tressautants (un peu comme le flux irrégulier en chute d'une eau sur les marches d'un escalier, sans que la musique soit figurative) ; la fin est parcourue d'ostinatos fébriles (fluides, évidemment) pour venir mourir (en une flaque, bien sûr!) [création : 30 Avril 1981, à Paris (France)] ; de la même veine, "Tema" (1981, pour 12 musiciens), aussi belle, dont le point de départ suit le point final du "Ruisseau".14xxx+++N
Dufourt
(Hugues)
1979Saturne (ensemble électrifié) [36 ans]Ensemble (22 musiciens, dont 12 vents et bois, par 2, 6 groupes de percussions, 4 instruments électrifiés, onde Martenot, orgue, synthé, guitare, soit, en l'absence de cordes et aussi de machinerie informatique, car l'ordinateur se met alors en place comme outil de composition et a tout balayé en 5 ans). Un poème symphonique qui allie mystère, symbolisme, dans un continu (quasi nappage) irrisé ; la pièce est innovante d'abord par l'emploi d'intruments rarement utilisés au timbre très bas (flûtes basse et contrebasse, hautbois baryton, clarinette contrebasse, trompette basse, trombone contrebasse) ce qui élargit considérablement le champ sonore (le haut du champ étant souvent confié à la lutherie électrifiée, par contraste, faute de violons, par exemple) ; le tour de force (la performance) obtenue tient à la réalisation compositionnelle de figures symboliques de l'espace (souffles, tournoiements, giclées, glissements, vibrations, granulations quasi continues, etc.) qui participent au sentiment d'immersion envoûtante (et progressive) et de magnétisme, sans que l'intérêt ne se détache malgré l'absence d'évènement marquants, et dans la couleur (unique) générale de la pièce, en demies teintes, froides, blafardes, entraînant une perception d'ambigüité, de léger malaise, d'instabilité, de menace fantôme, après un départ dans l'inconnu) ; la pièce s'ouvre par un calme preignant (vide inter-sidéral) dans un momentum lent par poussées, avec quelques notes isolées des différents pupitres (qui émergent au hasard) ; à partir du 2ème tiers temps (annoncé par des roulements de tambours indistincts), la dynamique prend davantage d'ampleur (juste un peu plus) et surtout davantge de force, de tension, et de plénitude, avec des accidents, des soubresauts, des ruptures de plus en plus fréquentes (comme si le spationaute éventuel, dans son voyage de découverte, s'approchait de plus en plus de la planète énorme et à révolution lente, hors du vide pur) ; de longs tenus apparaissent ; curieusement si la pièce avait été conçue pour électronique (acousmatique), elle aurait mal vieillie (par obsolescence technologique) mais ici, notamment en concert, avec une grande économie de moyens et seulement des instruments életrifiés, elle semble habitée, perpétuellement renouvelée, et prendre possession de l'auditeur ; pour cette pièce, le terme d'inouï, souvent galvaudé, prend une consistance solide avec une musique qui part du son en s'élargissant pour nous emmener dans un voyage auditif ; la fin semble s'éteindre (suite au contournement-éloignement de la gigantesque planète?) après plusieurs épisodes répétés de son en rotations sphériques [création : 3 Décembre 1979, au Centre Georges-Pompidou, Paris (France), par l'Ensemble Itinéraire, dirigé par Peter Eötvös].42xxxx++++N
Fedele
(Ivan)
1989Epos (orchestre de 22 musiciens) [36 ans]Ensemble (grand). Un œuvre courte qui se déploie en de multiples petits tableaux (Décidé, avec élan ; Calme, avec allure flexible ; Adagio, mais un peu agité ; Lointain... ; Vif ; Rapide ; Majestueux et résonant) privés de césures (continus), quand bien même marqués par des signes de ponctuation statiques mais scintillants, au son du vibraphone, du marimba, de la harpe et du piano, ces signes de ponctuation déterminent l'organisation de la forme au niveau de la perception ; ces petites cellules (apparemment désorganisées) poussent la mémoire à élaborer des parcours dans la double direction présent/passé et présent/futur, devenant le pivot de mouvements qui dépassent la succession chronologique et abordent ainsi une dimension dans laquelle l'avant et l'après se recouvrent et s'estompent ; difficile, mais abouti [création : 13 Septembre 1989, à Parme (Italie)].18xxx++.
Grisey
(Gérard)
1976Partiels (18 musiciens) [30 ans]Ensemble (petit). Une œuvre, facile, presque théâtrale, qui est, avec "Dérives", le manifeste de la Musique Spectrale (micro-intervalles, transformations adjacentes, produisant des sons traînants, déviants, et étalés) à écouter seule ou dans le cadre génial du cycle des "Espaces acoustiques" (99 minutes) : c'est l'exemple le plus caractéristique de la première écriture spectrale (résultat d'une synergie entre l'influence artistique de Giascinto Scelsi et les travaux d'acoustique musicale menés notamment par Emile Leipp à la faculté des sciences de Jussieu, à Paris) ; la pièce débute par un son grave et puissant, longuement dérivé, joué au trombone avec sourdine (réminiscence des trompes Tibétaines et, pour certains, du Prélude chromatique en mi bémol de l'opéra "L'Or du Rhin" de Richard Wagner) ; ensuite ces appels sont commentés-prolongés par les autres instrumentistes pour créer un véritable festival de colorations sonores (un beau duo de flûtes, commenté par d'autres bois) ; puis la musique devient contemplative (avec un épisode fascinant de tournoiements sans fin, comme une spirale), mute en un apparent désordre bruyant (avant de s'organiser à nouveau en spirale) et enfin se termine en apesanteur jusqu'à sa dislocation (comme du papier froissé) ; Extrait-Vidéo [création : 4 Mars 1976, à Paris (France), par l'ensemble Itinéraire].23xxxx+++++.
Grisey
(Gérard)
1978Modulations (33 musiciens) [32 ans]Ensemble (grand). Une œuvre, assez difficile, mais captivante, extraordinaire par son acuité d'inspiration, à écouter seule ou dans le cadre génial du cycle des "Espaces acoustiques" (99 minutes) : le matériau sonore est en perpétuelle mutation, à la fois lente et motrice, alternant comme dans un jeu de provocation, les invites (cordes aiguës, courtes) et les réponses (bois ou cuivres, longs), peu à peu en spirales de brouillard (avec plein de spectres et distorsions), puis relayé par une fabuleuse énigme orchestrale se déployant lentement de toutes ses couleurs irisées mobiles, pour un crescendo final désordonné, comme une pirouette ; techniquement parlant, les paramètres du son sont orientés et dirigés pour créer plusieurs processus de modulation (spectres d'harmoniques, spectres de partiels, transitoires, formants, sons additionnels, sons différentiels, bruits blancs, filtrages, etc.) [création : 9 Mars 1978, Théâtre de la Ville, à Paris (France)].13xxxxx+++.
Haas
(Georg Friedrich)
1999Monodie (ensemble) [46 ans]Ensemble (18 instruments, vents-bois et cordes). Une pièce en un seul mouvement sans interruption, statique qui utilise une polyphonie complexe ; la pièce s'ouvre sur une sorte d'apparition énigmatique comme un brouillard diffus qui peu à peu s'anime (tout en conservant son mystère), un peu comme une non-matière qui s'étend puis se rétracte, puis s'étend à nouveau (et ainsi de suite), et enfin qui avance sans pour autant se concrétiser jusqu'à une fin en forme de surprise par un arrêt inattendu en pleine continuité ; tout du long, elle se caractérise par un mélange de longs appels et de quelques irrisations cristallines brèves ; une musique étirée (parfois planante), envoûtante, continue avec de multiples micro-évènements, une extraordinaire expérience sonore, caractéristique de l'esthétique du compositeur, par métamorphose lente, colorée, aux climats insaisissables (sans aspérité) [création : 17 Mars 1999, à la Philharmonie de Berlin, Biennale de la Musique de Berlin (Allemagne), par l'Ensemble Modern, dirigé par Peter Rundel]15xxx++++N
Haas
(Georg Friedrich)
2000In Vain (ensemble) [47 ans]Ensemble (24 instruments à cordes, bois-vents, percussions, accordéon, piano). Une pièce fascinante et magnétique, longue, ce qui, dans le cadre d'un concert mis en scène, peut entraîner des difficultés quand les musiciens jouent d'abord en pleine lumière, puis dans une obscurité grandissante au fur et à mesure que la microtonalité envahit la partition par accords brouillés, par empilements d'harmoniques (jusqu'au noir complet) ; un voyage sensoriel radical, éperdu (perdu) dans un timbre sans luminosité (et sans contraste) dès les lignes mélodiques descendantes introductives, suivies de sons ténus qui semblent ne sonner ensemble que pour s'éviter ; ensuite, s'engage un labyrinthe instable et inéluctable (répétitif) fait d'une succession de faibles (le plus souvent) accélérations et de ralentissements assumés, les harmoniques naturelles toujours diminuées par la micro-tonalité (une forme de minimalisme qui tournoie sur lui-même pour revenir par métamorphoses successives à la situation sinon initiale mais dérivée du départ, comme une expérience du temps sans fin ou sans accomplissement) ; rarement, le processus connaît une apogée, scandée par des avertissements aux percussions (métalliques) ou au piano ; le titre [En vain] décrit bien cette spirale infinie et inexorable, soumise à des lignes qui s'entremêlent jusqu'à l'hypnose stérile (sans fil d'Ariane), car la vanité sonore et visuelle semble incapable d'aboutir (sauf au plaisir des oreilles) ; Extrait-Vidéo [création : 29 Octobre 2000, à Cologne (Köln, Allemagne), Maison de la Radio de la Wallrafplatz, par le Klangforum Wien, dirigé par Sylvain Cambreling]68xxxx+++N
Ingólfsson
(Atli)
1996La Métrique du Cri (11 musiciens) [34 ans]Ensemble (petit). Une œuvre belle, presque répétitive (comme une rengaine, mais pas au sens du minimalisme), mélangeant les sons et les instruments dans un rythme chaloupé, avec une dissolution-fusion du contrepoint (verticalité) dans le timbre ; à l'audition, ce qui frappe en outre c'est le jeu du compositeur à surprendre, à tromper les attentes, voire à stimuler l'impatience pour la phrase suivante ; l'étude du caractère métrique de certaines poésies Islandaises anciennes a poussé le jeune compositeur à explorer des fonctions rythmiques nouvelles et des situations métriques inattendues qui apportent une touche originale aux partitions ; le titre, provocateur, veut symboliser la contradiction entre rationnel et irrationnel dans le geste compositionnel [création : 24 Février 1996, Festival Présences, à Paris (France)].11xxx++++.
Lachenmann
(Helmut)
1984Mouvement - vor der Erstarrung (14 musiciens) [49 ans]Ensemble (2 flûtes, 2 clarinettes, 2 trompettes, 2 xylorimbas, timbales, 2 altos, 2 violoncelles, 1 contrebasse à 5 cordes). Le titre [Mouvement, avant la Paralysie] qui mélange la langue Française et Allemande, suggère les sursauts terminaux et spasmodiques d'un corps musical allégorique comme les mouvements réflexes qui agitent le corps humain ou animal avant de se figer dans la mort et la paralysie totale (les ultimes convulsions et la pseudo-activité du trépas) ; en 3 parties, chacune à son tour divisée en 3 et jouées sans discontinuer ; dans la 1ère, tendue, des sons de respiration et d'archets forme une musique assez hachée (en forme de bribes inabouties, presque des débris, avec triolets frénétiques) et animée par des alarmes de jouets (éclats) ; la 2ème illustre la chanson populaire «O Du lieber Augustin» [Oh toi, cher Augustin] citée par Schoenberg dans son quatuor n°2, mais ici encore plus distordue (en décomposition), avec influence rythmique Boulézienne et bruitisme sur les vents ; enfin, la 3ème s'élève puis s'éteint (passages de musique figée) sur un fond de danse rapide et frénétique (staccato) ; c'est la pièce la plus jouée en concert du compositeur (le titre, situationnel, y joue beaucoup, qui colle bien au style de sa musique et illustre bien les thèmes sonores de la pièce avec archet-machine, point d'orgue flottant, champs tremblotants ou tressaillants, allers et venues erratiques, et aussi des dynamiques sonores nouvelles qui se déploient le plus souvent en salves) ; Extrait-Vidéo [création : 12 Novembre 1984, Théâtre du Rond-Point, à Paris (France)]23xxxx+++N
Ligeti
(György)
1970Concerto de Chambre (13 musiciens) [47 ans]Ensemble (petit, avec 1 flûte ou flûte piccolo, 1 hautbois ou hautbois d'amour ou cor anglais, 2 clarinettes ou clarinette basse, 1 cor, 1 trombone, 1 clavecin ou orgue électrique Hammond, 1 piano ou célesta, 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Marquée par les larges plans statiques et par encore quelques irisations, cette œuvre est dominée dans le 1er mouvement ("Corrente" -Courant) par le flou, les contours fluctuants, imprécis (avec lentes progressions de registres et de timbres et de fourmillement de la texture par empilements de clusters), dans le 2ème ("Calmo sostenuto"), par les couleurs métalliques (avec étude des sonorités), dans le 3ème ("Movimento preciso e meccanico") par les aboiements, les pizzicati et les scansions répétitives, avec déphasage, par des effets de battements et de martèlements (avec polymétrie et la polyrythmie) et dans le 4ème ("Presto"), très rapide et très virtuose, par des traits, des gerbes, des cadences qui se bousculent, s'égarent et s'entretissent dans une (fausse) impression d'improvisation… belle, séduisante (à noter : typique du style micro-polyphonique, jusqu'à 13 vitesses superposées, soit une par instrumentiste), mais pas essentielle ; le titre original en Allemand "Kammerkonzert" est également souvent utilisé en Français [création: 1er Octobre 1970, à Berlin (Allemagne)].18xx++++.
Mantovani
(Bruno)
1998Turbulences (ensemble de 12 musiciens) [24 ans]Ensemble (petit, jouant par bloc, 1 flûte, aussi flûte alto, 1 hautbois, aussi cor anglais, 1 clarinette, 1 basson, 1 cor, 1 percussion, 1 harpe, 1 piano, 1 violon, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Une œuvre intéressante et séduisante aux mélanges complexes de sonorités et surtout de rythmes : en un seul tenant comme un flux de lave, marquée par l'urgence ; ouverture rapide mystérieuse et sinueuse, puis développement moteur avec des échappements et quelques ruptures ; une pièce de musique pure, complexe, d'une grande densité structurelle ; en plus, un projet compositionnel adressant la question fréquente -surtout au temps du postsérialisme, comme miroir d'une Société en mal de repères- de l'ordre vs. le désordre (ici 2 matériaux opposés, l'un contrapuntique, mélodique, au début, l'autre en ostinato obsessionnel à la fin, avec un passage chaotique de l'un à l'autre, en mélangeant dans la partie centrale des éléments étrangers les uns aux autres, mais aussi étrangers aux 2 pôles extrêmes) ; Extrait-Vidéo [création : 2 Décembre 1998, à Cologne (Allemagne)]... en complément de découverte, la "Cantate n°1" sur des Poèmes de Rilke (2006), également une pièce de musique pure, avec 6 voix en plus (de contre-ténor à basse), avec un tissage entrelacé.12xxx+++.
Messiaen
(Olivier)
1956Oiseaux exotiques (piano et ensemble) [48 ans]Ensemble (avec piano soliste, plutôt concertant). Une pièce maîtresse, parmi les plus inventives et originales, qui est l'exemple de son intemporalité (par rapport aux interprétations des années soixante et soixante-dix), aujourd'hui dés-encombrée de son caractère naturaliste pittoresque, de son obédience ornithologique et de ses fausses idées de sons-couleurs extrapolées ; pas moins de 13 très courtes sections, avec des moments phares : d'abord, les vociférations jouées par les bois et les percussions, et l'alternance de cadences (écrites) de piano solo et de contreparties par le groupe bois-glockenspiel-xylophone ; ensuite, le tutti central d'une superbe complexité, avec des timbres inouïs à l'époque (notamment au xylophone et aux 2 clarinettes), qui s'emballe comme une machine infernale (interrompu par 4 glapissements-hurlements) ; à nouveau, cadences, vociférations, et un tutti final (avec 2 cors fabuleux), et enfin cadences (moulinets), vociférations répétées (pas moins de 39 fois !) ; à noter, aussi partout, l'opposition de timbres entre les rythmes secs et clairs du wood-block et les rythmes auréolés de résonances des gongs et tam-tams ; Extrait-Vidéo [création : 10 Mars 1956, au Théâtre du Petit Marigny, à Paris, par Yvonne Loriod et l'ensemble du Domaine Musical, dirigé par Rudolf Albert, sur une commande de Pierre Boulez].14xxxx+++N
Pärt
(Arvo)
1977Fratres (ensemble à effectif variable) [42 ans]Ensemble (grand ou petit, voire chambre). L'œuvre phare de Pärt, car il en existe pas moins de 13 versions (la dernière en 2008) selon soliste et effectifs («fratres» signifie frères) et parce que c'est un modèle d'exubérance sereine, de rêverie apaisée ; initialement, pour cordes et percussions ou pour octuor de vents et percussions, ensuite pour ensemble variable avec cordes et vents (y compris pour violon, cordes et percussions et pour ensemble de cordes), voire pour 2 instrumentistes ou un quatuor ou encore pour percussions seules (dernière version, en 2007) ; les violoncelles et les contrebasses (ou les instruments à tessiture grave dans d'autres versions) énoncent une sorte de basse de musette sur la quinte à vide la-mi, procédé fréquent dans la musique médiévale (plain-chant) et la musique orientale ; accompagnant ce symbole d'éternité, la percussion répète plusieurs fois, avec une intensité croissante, un motif couvrant 2 mesures, tandis que les violons, divisés en 3 et largement espacés, énoncent des rythmes très irréguliers ; le thème se modifie presque insensiblement par transposition (minimalisme) jusqu'à un sommet dynamique (mezzo-forte) vers la mi-temps, pour retourner ensuite vers le silence ; à noter, la version pour violoncelle et piano a été utilisée dans la bande origine du film-culte de Paul Thomas Anderson, «The will be blood» (2007) [création (première version) : 1977, lieu inconnu (Tallinn ?), par l'ensemble Estonien de musique ancienne Hortus Musicus].12xxx++++.
Rihm
(Wolfgang)
2001Jagden und Formen (ensemble) [49 ans]Ensemble (24 musiciens, dont 13 bois et vents, 3 percussions, 1 harpe, 1 piano, 6 cordes). La pièce démarre par un signal de la percussion qui revient à lâcher les chevaux ou les chiens de la chasse (à courre), puis 2 violons s'entrelacent dans un jeu à l'ambiance ludique et amusée (presque badine) pour ouvrir sur un jeu bien plus ambitieux, celui du cheminement et de l'écart qui l'accompagne dans un canon de moins en moins ordonné, en parallèle à l'entrée successive des différents pupitres (vents, percussions) ; l'humeur change aussi, de la gaieté à la nervosité, à l'excitation jubilatoire, avec toujours 2 fils de lignes musicales qui se poursuivent, tournent, vibrent ensemble, s'emmêlent, se perdent et se retrouvent... pour se terminer sur une fausse boucle avec la résonance d'une corde grave, en 3 petits points, et puis s'élude brillamment [création : 15 Novembre 2001, à Bâle (Suisse), par l'Ensemble Modern, dirigé par Dominique My]55xxxx+++N
Riley
(Terry)
1964In C (17 musiciens) [29 ans]Ensemble (petit). L'acte de naissance véritable de la Musique répétitive Américaine (encore appelée minimaliste), avec 53 formules mélodiques et rythmiques d'une seule mesure autour de la note do (chaque formule-motif contient une phrase musicale différente et de longueur variable mais toujours, comme le titre l'indique, en do majeur) ; c'est aussi une œuvre ouverte puisque le nombre de répétitions des cycles et leur arrangement sont laissés au choix des interprètes (l'ordre séquentiel des cycles est fixe, cependant) : la partition tient sur seulement 2 pages, mais les concerts durent entre 30 minutes et 1 heure et demie (une minute par motif équivaut à 53 minutes) ; la pièce peut être jouée par n'importe quel nombre et type d'instruments, bien qu'un groupe de 35 au moins soit préférable (l'enregistrement original ne comporte que 11 musiciens mais l'overdub est utilisé pour rajouter des instruments, alors qu'une représentation au Walt Disney Concert Hall a mobilisée 124 musiciens) ; cette longue pièce hypnotique s'inscrit dans le contexte psychédélique et planant de son époque, avec force réminiscences indiennes, pop, et même jazzistiques, mais c'est secondaire au vu de l'importance historique qu'elle a pris avec le temps (pour ses admirateurs comme pour ses détracteurs) ; à noter : "Keyboard Studies" (1966), pour un seul interprète, est structurée de la même façon ; Extrait-Vidéo [création : 2 Novembre 1964, au Tape Music Center de San Francisco (USA)]... de la même veine jubilatoire, le lumineux et hypnotique "Rainbow" (1969).75xxxx+++++.
Robin
(Yann)
2010Vulcano (ensemble) [36 ans]Ensemble (grand). Une longue pièce à programme proche du poème symphonique en un seul mouvement, dans lequel se déroule la séquence volcanique classique avec menaces sourdes, menaces affirmées, éruption-explosions, coulées, nuées ardentes et autres projections, bouillonnements, craquellement de la croûte figée ou visqueuse ; le titre, qui fait allusion à Vulcain le dieu du feu, des métaux et de toutes les matières qui brûlent, pour les Romains, et aussi à une petite île volcanique Italienne éponyme au nord de la Sicile, décrit bien l'ambiance incandescente et imprévisible de la pièce; sur le plan compositionnel l'œuvre est très maîtrisée et assumée derrière un chaos apparent, avec des rythmes essentiellement asynchrones (héritage de Varèse et parfois du 1er Stravinsky), avec des sons en wa-wa héritage du Free-Jazz par les vents et les bois (notamment la clarinette contre-basse qui a un rôle privilégié) ; l'originalité des rythmes est telle qu'aucune des éruptions (par vague) n'apparaît identique à la précédente, ce qui crée un phénomène acoustique d'oppression et de suffocation inouï ; ce déchaînement se poursuit longtemps, toujours à un haut niveau de saturation, avec des intermèdes moins haletants, jusqu'à un climax absolument phénoménal aux tutti ; puis la pièce entame un apaisement (relatif), devient erratique, sans histoire apparente, jusqu'à l'extinction (temporaire ?) ; Extrait-Vidéo [création : 8 Octobre 2010, au Festival Musica de Strasbourg (France)] ; de la même veine, et aussi réussi (en miroir, non pas une éruption, mais une descente aux enfers), "Inferno", pour très grand orchestre et électronique (live et fixée) créé en 2012, avec des infra-basses entêtantes.36xxx++++N
Scelsi
(Giacinto)
1959Quatro Pezzi su una Nota sola (orchestre de 25 musiciens) [54 ans]Ensemble (grand). Au delà de la provocation (à la même époque, John Cage écrivait 4'33", une œuvre constituée de silence), ces 4 pièces célèbres pour ensemble ou petit orchestre (seulement des bois), fondées sur une seule note, sont l'emblème des quarts de tons (leurs articulations), des micro-intervalles, et de l'école spectrale Française : une œuvre ramassée, cohérente, très belle [création publique : 4 Décembre 1961, à Paris (France) ; création privée en 1959].13xxxxx+++.
Schnittke
(Alfred)
1977Concerto grosso n°1 (2 violons, clavecin, piano préparé et orchestre de chambre) [43 ans]Ensemble (grand, avec 2 violons solistes, clavecin, piano préparé et 21 cordes). Le premier d'une série de 6 ouvrages écrits pour une formation restreinte et dans un style polystylistique avec multi-collages et citations (vraies ou fausses) ; une musique marquée par une variété stupéfiante, par l'éclectisme comme un melting pot d'influences (tout en étant cohérente), par une instrumentation colorée : des passages épurés côtoient des explosions de violence, des clusters massifs, des citations textuelles de chants populaires Russes et Soviétiques, une valse déconstruite et un troublant épisode de tango ralenti ; en 6 courtes sections : (1) preludio (andante), la pièce s'ouvre par une méditation acidulée (contrastée par les basses en ostinato) au piano préparé, ensuite enrichie par les cordes (toutes aussi acidulées, peu à peu contrastées par les graves), le mystère s'installant de plus en plus, le parcours devenant de plus en plus dissonant jusqu'à un tutti aux cordes, pour s'apaiser aussitôt ; (2) toccata (allegro), diamétralement différente, avec intervention d'une scansion rapide dansante, insistante, puis libérée aigre-douce (polyphonique, avec un clin d'œil au concerto baroque, mais ici polytonal), (3) recitativo (lento), se mouvant dans l'extrême grave et le contemplatif, évoluant vers le tendu dramatique (chromatique) ; (4) cadenza (sans indication de tempo, pour les violons), courte, avec un motif chromatique puissant et lent, et le célèbre pseudo-tango ; (5) rondo (agitato), avec une course de pizzicati, puis un soliloque à deux qui s'entremêle, contrepointé par le clavecin ; (6) postludio (andante, allegro, andante), court, avec des cris suraigus contrastés par une phrase élégiaque aux contrebasses et violoncelles, et enfin retour au thème initial, comme une boucle ; une transposition pour flûte, hautbois, clavecin, piano préparé et orchestre à cordes, plus colorée, a été aussi réalisée par le compositeur ; à savoir, pour l'anecdote, la 1ère mention du terme Concerto Grosso dans l'histoire dela Musique date de 1698 chez L. Gregori ; Extrait-Vidéo [création : 12 (?) Août 1977, à Salzbourg (Allemagne), avec Gidon Kremer au violon et Alfred Schnittke au clavecin]... de la même veine, les 5 autres Concerti Grossi : n°2, pour violon, violoncelle et orchestre (1982), n°3, pour 2 violons, clavecin et cordes (1985), n°4, pour violon, hautbois, clavecin et orchestre (1988), n°5, pour violon, piano et orchestre (1991), n°6, pour piano, violon et cordes (1993)31xxx++++N
Sciarrino
(Salvatore)
1981Introduzione all'Oscuro (ensemble) [34 ans]Ensemble (petit, avec 12 instrumentistes, 7 vents, 5 cordes, 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 basson, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone, 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Une œuvre (pour l'anecdote) quasi-médicale, sachant qu'une percussion en ostinato concrétise une pulsation cardiaque répétée (inquiétude, drame latent) et que les souffles des cuivres (notamment la flûte) sont asphyxiants (angoisse) ; le titre de la pièce symbolise donc une ouverture à (une attente vers) l'obscur, l'angoisse, avec tension et détente alternées, un mouvement aveugle et énigmatique fait d'accélérations et de décélérations ; des alliages de timbres déjà incomparables pour cette œuvre des débuts de la maturité [création : 29 Juin 1981, Queen Elizabeth Hall, à Londres (Angleterre), par le London Sinfonietta, sous la direction d'Oliver Knussen].12xxx+++.
Xenakis
(Iannis)
1984Thalleïn (14 musiciens) [62 ans]Ensemble (petit). Une œuvre dont le titre Grec signifie bourgeonnement avec un début époustouflant aux tutti Scelsiens, en syncopes coupantes et pulsations tribales erratiques (avec des effets de glissandi en quarts de ton tournoyants, à la limite des miaulements amoureux) ; une pièce brillante, démonstrative sur le plan orchestral [création : 14 Février 1984, à Londres (Angleterre)].17xxxx+++++.

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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