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ENSEMBLE ET ÉLECTRONIQUE

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Benjamin
(George)
1987Antara (ensemble de 16 musiciens et électronique) [27 ans]Ensemble (petit)- Bande. Une œuvre moderne par sa technologie et classique par sa construction et par sa polyphonie (médiévale) ; une mélodie initiale hoquetante et dansante (d'une flûte à l'autre, le titre se rapporte au nom Inca de la flûte de Pan), une bruyante interruption des cuivres et des enclumes, un tissu serré de cordes, des longs solos de flûte et de nouvelles interruptions des cuivres, enfin une coda rapide, avec des harmonies de cordes scintillantes qui rappellent (de loin) Sibelius [création: 25 Avril 1987, à l'Ircam, à Paris (France)].20xxxx+++.
Boulez
(Pierre)
1981Répons (solistes, ensemble, électronique en direct) [56 ans]Ensemble-Informatique. Certainement l'œuvre de Boulez qui combine une grande originalité et une bonne accessibilité, tout en utilisant pour la première fois à l'orchestre les techniques d'informatique live ; la pièce est spatialisée, avec au centre un petit ensemble instrumental et à la périphérie d'un rectangle avec 6 solistes (percussions, cordes pincées ou frappées) qui ceinturent le public, de multiples dialogues s'instituant entre les 2 pôles et entre solistes, par l'intermédiaire de l'ordinateur et 6 haut-parleurs qui transforment le son des seuls solistes ; après une introduction où se déploient des solos d'instruments à vent et à cordes, suivent 8 sections développant chacune une idée musicale (un accord pour la 1ère, une cadence précipitée pour la 3ème, une formule pianistique répétitive pour la 4ème, un rythme obsessionnel pour la 8ème), sachant qu'un motif musical relativement stable projeté par un instrument s'oppose à une riche ornementation (variation, écho, spectre, ...) de l'ensemble orchestral qui virevolte et scintille ; enfin, la coda épuise toute l'énergie précédente pour se dissoudre dans le silence ; il est impossible de décrire en détail cette pièce complexe, mais il faut absolument l'écouter en concert à des places variées (l'audition change en fonction des solistes proches) et se laisser porter par sa sensualité déroutante, libre et calculée, très mobile et apparemment hiératique, par la magie sonore générale, par le tourbillon créé par l'entrée en scène de l'informatique, et par l'épisode central qui est une musique de pluie parmi les plus belles composées à ce jour ; le compositeur a indiqué à plusieurs reprises (même en 2009) son intention d'une version définitive pour une durée double soit 90 minutes (pour une soirée de concert unique avec un tel schéma instrumental) ; Extrait-Vidéo [création (1ère version) : 18 Octobre 1981, au festival de Donaueschingen (Allemagne)].45xxxxx++++.
Grisey
(Gérard)
1979Jour Contre-Jour (orgue électrique, 13 musiciens et bande) [33 ans]Ensemble (petit) - Electronique (orgue électrique, 2 flûtes ou 2 flûtes piccolo, 1 flûte alto, 2 clarinettes ou 2 clarinettes basse, 1 clarinette en la, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone basse, 1 percussionniste, 1 orgue électrique, 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse, 1 bande magnétique 4 pistes). La pièce est inspirée par le parchemin-papyrus de l'Egypte des Pharaons intitulé Livre des Morts, dans lequel la barque du Dieu Râ accomplit, rituellement, sa course du jour à la nuit ; même si elle possède une personalité forte, elle reste très marquée des débuts du spectralisme (longs tenus, continuité) ; en 2 parties, mais en 7 éclairages, selon le moment de la journée et la course du soleil : attente interminable du matin, première vibration lumineuse, lumière rasante (son aigu générant des ombres très graves), zénith (son sans ombres, spectre harmonique), lumière décroissante (inversion spectrale), crépuscule, attente interminable de la nuit ; elle commence (et se termine) par un long épisode en bourdonnements continus comme un bruit de fond de circulation automobile, avec à mi-temps l'apparition de battements (presque cardiaques), de raclements, puis d'irisations ; entre ces parenthèses, elle se développe très lentement (avec fluidité et peu d'aspérités) en mutant d'un spectre inharmonique à un autre spectre harmonique, chaque moment ayant son propre destin (notamment en fonction de l'intensité de la lumière et de son ombre portée) ; l'écoute, magnétisée, accompagne littéralement ce processus, à mi-chemin entre sacralisation et rêverie, avec une fusion unique des instruments qu'ils soient interprétés (notamment l'orgue planante) ou diffusés par la bande, donnant un tapis chatoyant et sans cesse changeant [création : 9 Mars 1979, à la Maison de Radio-France, à Paris (France)]23xx++++.
Harvey
(Jonathan)
1982Bhakti (15 musiciens et bande) [43 ans]Ensemble-Bande (bois par un, soit 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 clarinette basse, 1 cor Anglais, 1 trompette, 1 trombone, 1 à 2 percussions, et piano, harpe, 3 violons, alto, violoncelle). Une œuvre saisissante, une méditation sur la vie et sur la mort, à la fois polyphonique et contrapuntique, marquée par une forme symétrique en 12 parties (annotées par des hymnes Védiques, le titre de la pièce signifiant dévotion, en Sanskrit), parfois enchaînées, parfois séparées par une courte pause : ouverture sous forme de variations «sur une seule note» (à l'instar de Scelsi), suivie de 11 parties très variées (parfois contemplative, parfois dramatique) avec ou sans intervention de la bande magnétique (alors en fragments brefs) et dans chacune desquelles le maître mot est mélange (de l'imaginaire et du réel), jusqu'au glissement progressif vers un climax final ; une sorte de panorama très réussi des possibilités de l'ensemble instrumental amalgamé avec l'électronique, aux couleurs subtiles, avec une grande finesse poétique et... une touche de spectral pour un voyage à l'intérieur du son [création : 2 Décembre 1982, Ircam, à Paris (France)].54xxx++++.
Levinas
(Michaël)
1974Appels (11 musiciens) [25 ans]Ensemble (petit, 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette ou 1 clarinette en la, 1 basson, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone, 2 percussions, 1 piano, 1 contrebasse, chaque instrument, sauf la percussion, étant équipé d'un microphone). Une pièce courte, datée et typée, mais qui résiste bien au temps ; le corniste est quasi-soliste qui ouvre par des appels pressés (et saturés, par amplification), dialogués ensuite avec la trompette (suraiguë), tandis que les autres musiciens sont davantage sur un mode spectral (tapis coloré au son étendu) ; la pièce se déroule ensuite sur le même processus avec une certaine motricité, une théâtralisation spatiale, jusqu'à l'essoufflement (aux sens propre et figuré) ; sur le plan historique, la pièce a sans doute ouvert la voie aux saturateurs des années 2000 (initiés par Franck Bedrossian) [création : 1er Janvier 1974, au Festival de La Rochelle (France), par l'ensemble l'Itinéraire, dirigé par Boris de Vinogradov]9xx+++N
Machover
(Tod)
1996Hyperstring Trilogy (hyperinstruments, électronique et orchestre de chambre) [43 ans]Ensemble (petit, amplifié, avec solistes). Une œuvre emblématique de la musique électroacoustique avec instruments modifiés (hypervioloncelle, hyperalto, hyperviolon) et même électronique live, comprenant 3 pièces indépendantes, mais liés par le thème de la Divine Comédie de Dante : "Begin again again" pour hypervioloncelle solo, "Song of Penance" pour hyperalto, voix modifiée par ordinateur et ensemble, "For Ever and Ever" pour hyperviolon et orchestre de chambre ; une musique qui au-delà de la modernité technique, sonne mélodieusement, dans le registre des rythmes (intriqués) du rock, aux humeurs contrastées, lyriques et dynamiques, pour un résultat sonore dépaysant, chatoyant et lumineux [création : 25 Juillet 1996, Lincoln Center, à New York (USA)].67xxx++++.
Murail
(Tristan)
2005Pour Adoucir le Cours du Temps (ensemble et électronique) [58 ans]Ensemble (petit, 18 instrumentistes) et électronique (sons de synthèse). Une œuvre sur le temps qui passe, descriptive par les coups secs périodiques du triangle, les rugissements graves de l'électronique en collage, comme des avertissements, le tout dans un ensemble paisible où le temps s'écoule adouci, pour se terminer par un coup de gong sec. Une pièce peut-être pas essentielle, mais attachante et avec un brin d'humour, dans laquelle la couleur spectrale est atténuée, mêlée à un modernisme synthétique [création : 21 Mai 2005, Festival Les Musiques, à Marseille (France)].21xx+++.
Reich
(Steve)
1995City Life (ensemble électroacoustique) [59 ans]Ensemble et bande (18 musiciens). Un étrange et jubilatoire cocktail, un mélange de sons enregistrés sur le vif (slogans lancés d'un meeting politique de noirs, messages issus des radiotéléphones des pompiers secouristes lors d'un attentat à New York en 1993, funèbre présage à 9-11) et de musique répétitive ; les sons enregistrés sont des sirènes de bateaux, des klaxons, des bruits urbains, des bribes de conversations, des claquements de portes, des battements de cœur (...) ; les instruments sont des bois, un quatuor à cordes et des percussions clavier ; des procédés rythmiques qui jouent sur le tuilage (superposition en strate), le décalage, les couches simultanées ; une musique de jungle urbaine luxuriante comme la vie d'une ville désordonnée (speedée) ; on y entend aussi un écho-hommage (ténu) au "Boléro" de Ravel ; en 5 courtes sections : (1) "Check it out", (2) "Pile driver - Alarms", (3) "It's been a Honeymoon - Can't take no mo'", (4) "Heartbeats - Boats and Buoys", (5) "Heavy smoke" ; la pièce s'ouvre par une introduction placide (comme des points de suspension d'un épisode virtuel précédent) suivie par des phrases en tourbillon (percussions variées), illustrée des premiers collages de la partie enregistrée (appels de voix) ; ensuite, l'introduction, reprise, devient dansante et martiale, s'accélère (premiers klaxons), devient obsessionnelle (les fameux «Honeymoon» répétés sans répit), et ainsi de suite par alternance de moments apaisés et de moments exubérants, au long de 5 mouvements en tout [création : 7 Mars 1995, à l'Arsenal de Metz, par l'Ensemble InterContemporain]. 25xxxx+++++N
Varèse
(Edgard)
1954Déserts (ensemble et bande magnétique) [71 ans]Ensemble-Bande (20 musiciens : 15 instruments à vent, percussions). L'œuvre (instruments à vent, percussions et bande magnétique), lors de sa création à Paris en 1954, suscite un grand scandale (et un vrai chahut de la part de certains spectateurs), reflet du conservatisme de l'époque (et aussi de ses innovations) ; la pièce crée un univers grave, profond, méditatif, les déserts représentant pour le compositeur, une épure, un tourbillon brûlant, une solitude mystérieuse pour l'Homme ; ce serait historiquement la première pièce électroacoustique (combinant sons interprétés par des instrumentistes et sons enregistrés, en l'occurrence des fonderies, des fabriques, des scieries de Philadelphie, à la fois séquentiellement et verticalement), mais sa primauté temporelle a été discutée (en tout cas, c'est la première avec une réelle ambition en terme d'effectif d'instrumentistes) : les interpolations de son organisé sont fondées sur des sons bruts (friction, percussion, sifflement, «swishing» ou sonorités cinglantes, broyage, souffle) qui sont, grâce à l'électronique, filtrés, transposés, transmués, mélangés et composés pour s'adapter au plan pré-établi) [création : 2 Décembre 1954, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris (France)].25xxxxx++++.

 



Actualisation : 29-Janvier-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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