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FAQs : VOS QUESTIONS - NOS RÉPONSES

L'attente avant un concert et même l'entracte sont des occasions rêvées pour s'entretenir de l'œuvre juste écoutée, ou de son compositeur, ou de la programmation, voire de la Musique Contemporaine en général… avec ses voisins.
Voici un florilège de questions typées, abordées à ces occasions (et aussi via le service de CONTACT), et les réponses données, bien affinées et personnalisées au fil du temps ! 
Pour lire la réponse sélectionnée, merci de cliquer sur le mot clé (deuxième colonne), en fonction de la synthèse de la question posée.
Dernière question-réponse ajoutée ou modifiée : 29 Octobre 2016.
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DÉFINITION Comment définissez-vous la Musique Contemporaine ?
PROPHÈTES Quels sont les grands prophètes de la Musique Contemporaine ?
  DÉPART Quel est le point de départ historique de la Musique Contemporaine ?
  PROVOCATION Pensez-vous que la Musique Contemporaine doit être prétexte à toutes sortes de notes atonales, incongrues, voire de bruits ou de sons provocants ?
DÉTOURNEMENT~D'ŒUVRE En parallèle avec le travail de certains peintres dont Picasso, pouvez-vous me donner des pistes sur le détournement en Musique Contemporaine ?
LIENS~INEXISTANTS Pourquoi dans vos services sur la Musique Contemporaine, des liens vers les pages Internet sont manquants ?
CONTEMPORAINE~MALCHOISI Que pensez-vous du nom même de Musique Contemporaine qui paraît bien mal choisi ?
ACOUSMATIQUE~MALCHOISI Le nom d'Acousmatique que vous aviez initialement choisi pour la Musique électronique fixée me semble à éviter…
  TECHNOLOGIE Que pensez-vous de tout ce fatras technique expérimental associé à la Musique Contemporaine, surajouté, pour des résultats anecdotiques ?
PATERNITÉ~RÉVOLUTION Pourquoi n'attribuez-vous pas la paternité de l'innovation de la musique spectrale à… ?
  CONCERT~GRATUIT Que conseillez-vous pour éviter de jeter par la fenêtre 25 ou 50 Euros pour un concert d'une création qui peut laisser déçu(e) ?
  COMPOSITEUR~CHEF Est-ce que la version d'un enregistrement de Musique Contemporaine dirigée ou supervisée par le compositeur lui-même est la plus belle ou la plus authentique ?
  CADEAU Que conseillez-vous si l'on veut offrir un disque de Musique Contemporaine à un(e) ami(e) mélomane ?
  EXTRAITS~MUSICAUX Comment écouter une œuvre qui attire la curiosité sans acheter un disque ou attendre un hypothétique concert ? Pourquoi ne pas placer des extraits dans ce site Internet ?
  ENREGISTREMENT Vaut-il mieux commencer par un enregistrement au disque, ou plutôt par un concert au programme varié ou bien spécialisé ?
  CONCERT~OU~DISQUE Pourquoi, sur ce site Internet de Musique Contemporaine, monopolisez-vous l'attention sur l'écoute au concert plutôt que sur disque ?
DISQUE~CATALOGUE~RADIO La Musique Contemporaine au disque est d'une rareté consternante, comment pallier cette lacune ?
RADIO~INTERNET~STREAMING Comment écouter la Musique Contemporaine diffusée sans être tributaire de son poste de radio (et des horaires tardifs) ?
  MÉDIÉVALE~ANCIENNE Peut-on apprécier la Musique Contemporaine si on est spécialisé(e) dans la Musique Ancienne (avant Vivaldi) ?
  BAROQUE Peut-on apprécier la Musique Contemporaine si on est spécialisé(e) dans la Musique Baroque (de Vivaldi à Haendel et Bach) ?
  CLASSICO~ROMANTIQUE Si l'on ne connaît la Musique Savante que par la période de Mozart à Brahms, comment aborder la Musique Contemporaine ?
  MODERNE Si l'on écoute avec plaisir la musique du début du 20ème siècle, hormis l'école de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern), peut-on apprécier la Musique Contemporaine et comment ?
CONSERVATEUR~PROGRESSISTE Dans la Musique Contemporaine, j'écoute avec plaisir la musique de Henri Dutilleux, Dimitri Chostakovitch (etc.), pourquoi devrais-je aimer celle des compositeurs d'avant-garde ?
  FREEJAZZ Pourquoi n'introduisez-vous pas le Free Jazz dans votre sélection, la filiation est pourtant évidente ?
MUSIQUES~DE~FILMS Pourquoi n'introduisez-vous pas les Musiques de films (B.O.F.) et leurs compositeurs spécialisés dans votre sélection, la filiation est pourtant évidente ?
  PLI~SELON~PLI Pour aborder la Musique Contemporaine, on m'a conseillé de commencer par un chef d'œuvre comme "Pli selon Pli" de Boulez… qu'en pensez-vous ?
  PÈRES Qui sont les Pères des différentes écoles de la Musique Contemporaine ?
COMPOSITEURS~PASSÉ~NOVICE Quelles sont les pièces incontournables de la musique d'avant la Musique Contemporaine pour l'aborder, elle, avec succès ?
VIE~PRIVÉE Pourquoi mentionnez-vous, pour certains compositeurs et pas pour d'autres, leur vie privée (homosexualité) ou la cause de leur mort ?
JEUNES~COMPOSITEURS Que pensez-vous des jeunes Compositeurs Français d'aujourd'hui ? Qui conseillez-vous ?
  DÉCLIC Et vous, comment avez-fait connaissance avec la Musique Contemporaine, et par quelle œuvre ?
  SÉLECTION Comment opérez-vous votre sélection ? Ne manque-t-il pas le compositeur X, ou la pièce Z un vrai chef d'œuvre ?
FINALISATION Considérez-vous votre sélection comme terminée pour les compositeurs morts ou les pièces d'avant 1975 ?
  PRÉFÉRENCES Quel est votre compositeur préféré de Musique Contemporaine, que vous conseilleriez les «yeux fermés» ?
CLASSEMENT Pourquoi tous ces classements dans ce site comme si l'on pouvait classer les artistes ?
MISE~EN~BOÎTE Pourquoi maintenez-vous toutes ces mises en boîtes des compositeurs, de leurs styles, de leurs périodes de naissance (etc.), notamment dans le tableau d'honneur Innovation-Tradition, sachant que la vie n'a rien à voir avec cette mise en boîte factice ?
NOMBRE~DE~SÉLECTION Le nombre de pièces dans votre sélection est-il en rapport avec la valeur du compositeur considéré ?
  OBJECTIVITÉ Pensez-vous être objectif dans votre sélection et dans vos analyses ?

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Comment définissez-vous la Musique Contemporaine ? Vaste problème ! La Musique Contemporaine est comprise ici comme la Musique de notre Temps. Évidemment, "notre Temps" n'a pas la même valeur pour tout le monde, selon que l'auditeur est aujourd'hui âgé de 20 ans ou de 90 ans. 
Toutes les musiques contemporaines sont acceptées ici, depuis la Musique Concrète jusqu'au Post-modernisme (qui, en fait, est une réaction conservatrice !), en passant par l'Électroacoustique (encore appelée Musique Mixte), la Musique Répétitive, la Musique Minimaliste, la Musique Aléatoire (l'œuvre ouverte), la Musique Spectrale, les Quarts de tons, la Musique Néotonale, et évidemment la Musique Sérielle et Post-sérielle, pourvu qu'elles soient écrites, c'est à dire pensées, et pas intrinsèquement improvisées (comme le Jazz).
Une sélection de compositeurs est analysée, avec au moins une œuvre marquante dont la première exécution est postérieure à un temps «zéro» qui, il faut le reconnaître, est arbitrairement fixé par la création en public le 15 Janvier 1941 du "Quatuor pour la Fin du Temps" d'Olivier Messiaen" … ce qui a des conséquences imprévues sur la sélection ou non de certains compositeurs, qui méritent explications, le diable étant comme toujours dans les détails :
* Le compositeur Viktor Ullmann (né en 1898, en Tchécoslovaquie) est intégré ici parce qu'au moins une de ses pièces majeures et innovantes a été composée et répétée en 1944, soit après notre temps «zéro» (mais a contrario Erwin Schulhoff, également très innovant et contemporain de Ullmann -il est né en 1894- était déjà mort, lui aussi en déportation mais en 1942 et sans composition marquante cette année-là, et Pavel Haas, né en 1899 et mort aussi en déportation en 1944, n'a pas écrit de pièce marquante entre 1941 et 1944)
* Des compositeurs importants disparus après la fin de la guerre, mais dont l'essentiel de l'œuvre est antérieur et dont le style est constant et affilié aux compositeurs d'avant guerre, n'ont pas été retenus, comme Serge Prokofiev (mort en 1952), Richard Strauss (mort en 1949), Arthur Honegger (mort en 1955), Kurt Weill (mort en 1950), Bohuslav Martinů (mort en 1959), George Antheil (mort en 1959), Henry Dixon Cowell (mort en 1965), Aloís Hába (mort en 1973), Charles Ives (mort en 1954), Erich Wolfgang Korngold (mort en 1957), Ralph Vaughan Williams (mort en 1958), Heitor Villa-Lobos (mort en 1959) et même le prophète Arnold Schoenberg (mort en 1951), sans parler d'Anton Webern (mort d'une balle perdue en 1945).
* Au contraire, certains compositeurs d'avant guerre qui ont expérimenté plusieurs styles de musique au cours du temps ont été retenus, et les meilleurs exemples sont Igor Stravinsky pour ses œuvres sérielles innovantes (après la Symphonie en "Trois Mouvements", dernier exemple néo-classique, qui date de 1946, et "The Rake's Progress" de 1951, jazzy) et Edgard Varèse pour sa deuxième période créatrice, comme pionnier de la musique électro-acoustique avec "Déserts".
* D'autres compositeurs sont intégrés ici, même si historiquement, ils appartiennent davantage au style de la période précédente, car leur production d'après guerre est importante, et surtout évolutive (recherches nouvelles) : Dimitri Chostakovitch (1906-1975), Benjamin Britten (1913-1976), Francis Poulenc (1899-1963).
* Enfin, tous ces critères étant posés pour éclairer l'objectivité de la démarche (et les difficultés d'application !), il reste beaucoup de compositeurs avec des pièces majeures après Juin 1941, qui seront intégrés avec le temps (patience) y compris (peut-être) des compositeurs déjà morts depuis longtemps, comme Maurice Duruflé (1902–1986), Frank Martin (1890–1974), Federico Mompou (1893–1987), etc.
Quels sont les grands prophètes de la Musique Contemporaine ? Bien sûr, tout le monde pense à la seconde école de Vienne (Schoenberg, Webern, Berg) pour insister sur son rôle dans la création contemporaine de Darmstadt (initialement Stockhausen, Boulez, Nono, Pousseur, Goeyvaerts, puis, Xenakis, Berio, Ligeti). Mais c'est restrictif.
Il faut sans conteste ajouter les trublions que sont Varèse avec "Amériques" (1921) et "Arcana" (1925) et Ives avec sa 4ème Symphonie (1912-1924) et sa Sonate pour piano "Concord" (1911-1919, jouée pour la première fois en 1939). Curieusement, le premier a émigré aux USA après la Première Guerre Mondiale et le second, Américain d'origine, n'a commencé à être connu qu'à partir des années 50 (mais leurs partitions sont au chevet de tous les créateurs de la Musique Contemporaine).
Enfin, la Musique Contemporaine, dans sa grande diversité, n'aurait jamais existé sans Wagner ("Tristan" et "Parsifal"), Scriabine, Mahler (la 9ème Symphonie), Debussy ("Pelléas", Jeux), Bartók (Musique pour Cordes, Percussions et Célesta, Quatuors), Stravinsky (les rythmes, les percussions), Leibowitz et Adorno (comme maîtres à penser), Russolo (bruitiste), Hába (microtonalité), et même les compositeurs de la génération qui l'ont précédée (Prokofiev, Elgar, Martinu, Kodaly, Honegger, Ravel, Janacek…).
Quel est le point de départ historique de la Musique Contemporaine ? Avec modestie, je dirais qu'il n'y en a pas de clairement distinct. 
En pratique, le point de départ de la Musique Contemporaine correspond…
- Pour certains à la mort de Bartók (1945), de Schoenberg (1951, dernière composition achevée en 1945), ou même de Strauss (1949) et Rachmaninov (1943), ou même au tragique accident qui a tué (par balles) Webern (Septembre 1945),
- Pour d'autres au premier Boulez et à la Musique sérielle. 
En fait, avec le recul du temps, et la prolifération de la diversité dans la Musique d'aujourd'hui -et tous les arts en général-, le véritable point de départ semble bien la Deuxième Guerre Mondiale, avec sa déstructuration (notamment dans les camps et dans les villes Européennes dévastées) et l'élan de reconstruction sur des bases nouvelles qui a suivi l'instauration de la paix, soit entre 1941 et 1945.
Et la première œuvre symboliquement (arbitrairement) retenue dans ce site, le Quatuor pour la "Fin du Temps", a été d'abord exécutée dans un camp de concentration (Stalag) en Décembre 1941, et aussi une fois en Juin 1941 à Paris, mais seulement après la guerre, en 1945, pour un public mélomane dans des conditions normales (et avec des instruments entiers et accordés !).
La Musique Contemporaine n'est que prétexte à toutes sortes de notes atonales, incongrues, voire de bruits ou de sons provocants… qu'en pensez-vous ? La Musique d'aujourd'hui est aux oreilles non habituées, non initiées, aussi surprenante voire aussi provocante que celle d'hier pour les oreilles d'alors.
Pour les auditeurs contemporains du divin Mozart, il y avait trop de notes, pour ceux de la Grande Fugue du grand Beethoven, il n'y avait que fausses notes, pour ceux du sublime Schubert, les longueurs (et langueurs) étaient insupportables et les balbutiements du chromatisme, bizarres.
La liste de jugements de ce type serait longue si les impressions sur les œuvres nouvelles étaient colligées systématiquement… sans parler des scandales lors de créations ("Le Sacre du Printemps" de Stravinsky en 1913)
Pour tous les compositeurs, même Saint-Saëns (1835-1921), le conservateur et conformiste, c'est le cas.
Par nature, l'artiste est incompris de la majorité de ses contemporains, surtout s'il sort de leurs sentiers battus.
Cela dit, il faut habituer, «apprivoiser» ses oreilles, à la Musique de son temps : ne pas se précipiter sur le "Marteau sans Maître" (1954), sans avoir intégré le langage du premier Schoenberg ("La Nuit Transfigurée" de 1899, ou les "Gurrelieder" de 1911) ou du dernier Debussy ("En Blanc et en Noir", "Jeux" de 1913), et les compositeurs intermédiaires de l'entre-deux-guerres, comme Janacek (1854-1928), par exemple.
Et il faut savoir que la Musique d'aujourd'hui, disons d'après 1975, est bien plus facile d'accès que celle d'avant (disons entre 1945 et 1975).
Pourquoi n'attribuez-vous pas la paternité de l'innovation de la musique spectrale à Stockhausen ? La paternité des grandes révolutions ou innovations en Musique (ou plus généralement en Art) est extrêmement difficile à établir avec certitude, tout simplement parce que les idées sont dans l'air du temps et ce n'est pas forcément le premier qui se saisit d'une idée nouvelle que l'Histoire retient. Ici, nous attribuons la paternité d'une innovation au compositeur que la renommée internationale reconnaît en tant que tel. Mais sachez que les experts nuancent souvent ces opinions, avec raison et justesse. Ainsi, pour la Musique Spectrale, la paternité est difficile à établir : Scelsi est le plus souvent cité… mais davantage comme un inventeur isolé (sans parler des initiateurs des micro-intervalles du début du 20ème Siècle, comme Haba). Le créateur assumé de cette école, et surtout de ses développements stylistiques, est double -Gérard Grisey et Tristan Murail- ou triple si on y ajoute l'in-orthodoxe Michaël Levinas, mais c'est Hugues Dufourt qui a théorisé le nom et le concept. Quant à Stockhausen, il est bien difficile de lui attribuer cette innovation, autrement que pour lui reconnaître d'avoir initié les notes longues et dérivées dans ses premières musiques électroniques (et ce davantage, en contrepoint du pointillisme sériel, tout comme Xenakis et Penderecki, avec leur musique massique, ou Ligeti, avec sa micro-polyphonie… et aussi parce que les premières musiques électroniques étaient techniquement et spontanément «traînantes et glissantes»).  Voici d'ailleurs quelques autres exemples provocateurs pour vous aider à prendre du recul… Quel est l'innovateur en matière de dodécaphonisme ? Assurément, pas Arnold Schoenberg (lorgnez plutôt du côté de compositeurs Russes, Italiens, et même de façon plus sérieuse, choisissez Josef Matthias Hauer, son compatriote et contemporain) ! Quel est l'innovateur en matière de musique répétitive ? Assurément, pas Terry Riley, ni un autre Minimaliste Américain (lorgnez plutôt du côté d'Érik Satie) ! Quel est l'innovateur en matière de piano préparé ? Assurément, pas John Cage (même pour ses premiers essais, avant guerre) ou un autre Américain novateur comme Henry Cowel (lorgnez plutôt aussi du côté d'Érik Satie, avec "Le Piège de Méduse" en 1913, pour piano aux sons modifiés avec des bouts de papier) ! Quel est l'innovateur en matière de sérialisme intégral ? Assurément pas Olivier Messiaen qui s'est servi d'une pièce servie à son élève Pierre Boulez pour lui montrer avec un pied de nez que modal et sériel pouvait faire bon ménage, assurément pas Milton Babbitt qui n'en voit que l'embryon après une rencontre déterminante avec Arnold Schoenberg lui-même… alors serait-ce collectivement les premiers cénacles de Darmstadt (Boulez - Stockhausen - Nono - Pousseur, etc.) voire Arnold Schoenberg qui n'avait pas besoin de réfléchir longtemps pour passer du dodécaphonisme au sérialisme ? Enfin, terminons par une pirouette : quel est l'innovateur en matière de silence ? Assurément, pas John Cage avec "4mn33" (lorgnez plutôt du côté d'Erwin Schulhoff, avec "Fünf Pittoresken" en 1919, dont la troisième partie, "In Futurum", ne se compose que d'une page de signes de pause), etc., etc.
En parallèle avec le travail de certains peintres dont Picasso, pouvez-vous me donner des pistes sur le détournement d'une œuvre, pour préparer une session éducative au collège ? Voilà une question originale et intéressante ! Encore faut-il s'entendre sur le terme de détournement. Invention et recyclage, «copillage» et détournement, citation et parodie sont indissociables du dernier Picasso, ce qui laisse grand ouvert et vaste le champ de votre question. Plus encore peut-être que la peinture, la musique a été depuis toujours un champ très ouvert au détournement au sens large, c'est-à-dire copie partielle (citation, collage, parodie) de bouts de partition d'un autre compositeur, voire du compositeur concerné lui-même… et aussi détournement de la fonction musicale, de l'instrumentiste ou de l'instrument à faire de la musique. 
Votre meilleure piste est Mauricio Kagel, avec d'abord son théâtre instrumental (encore appelé théâtre musical) : "Ludwig van", bien sûr, et aussi "Sankt Bach Passion". Mais les détournements-parodies abondent dans son catalogue de plus de 250 pièces, selon plusieurs schémas additionnels. D'abord, le détournement de styles (ironie), par exemple "Musik für Renaissance Instrumente" ou "Tango Alemán" ou "Le Tribun" (et notamment y compris pour le Jazz, dans "rrrrrr…"), et ici d'une certaine façon, le néo-classicisme dans son ensemble procède du même esprit. Ensuite, le détournement de la fonction musicale, par exemple du chef d'orchestre dans "Finale" ou de l'opéra-représentation dans "Kidnapping au concert" ou "Staatstheater". Ou le détournement de la fonction d'instrumentiste dans "Atem" ou "Match". Et enfin le détournement des instruments de musique, eux-mêmes, dans "Acustica" avec des tuyaux d'arrosage, entre autres (y compris avec de l'humour, ce qui met un peu d'ambiance dans une classe, sans chahut). 
Mais les élèves se lassant vite en général (d'après mes propres enfants), vous pouvez aussi dévier de votre recherche par le détournement-parodie tels qu'engagés par d'autres compositeurs (avec les moyens de leur temps). Bach, déjà, s'est vu reprocher en son temps d’appliquer (modestement) à des sujets profanes, réputés bas et triviaux, une forme de musique sacrée comme la cantate ("Cantate du Café", "Cantate du Paysan", etc.). En France, les opéras de Lully et de Rameau ont fait l’objet de travestissements burlesques (contemporains), contestés officiellement, mais pas reniés officieusement. Et Mozart a été lui-même un grand pasticheur (par exemple sa fameuse "Plaisanterie musicale"). Plus près de nous, il faut citer Jacques Offenbach (sans commentaire !), Gabriel Fauré ("Les Souvenirs de Bayreuth"), Paul Hindemith ("Das Nusch-Nuschi") et plus encore Erik Satie. L’humour de Satie est sûrement le plus clair dans les annotations écrites sur ses partitions, que seuls les interprètes voient : par exemple, on trouve Vivache comme variante de Vivace dans la "Sonatine Bureaucratique" (qui est une parodie de Clementi, avec détournement de la machine à écrire !). De même, il compose un pastiche de la célèbre "Marche funèbre" de Frédéric Chopin (deuxième pièce des "Embryons desséchés"), où il écrit citation de la célèbre Mazurka de Schubert (alors que le grand Franz n’a écrit aucune Mazurka célèbre ou non, tandis que la Mazurka est un des genres favoris de Chopin). Mais la dérision peut avoir des connotations dramatiques comme chez Viktor Ullmann avec son opéra de chambre "Der Kaiser von Atlantis oder Die Tod-Verweigerung" (1944, répété à Terezin, avant son extermination), avec des collages anti-Nazis. Durant la période contemporaine, une autre forme de détournement, celle du collage ou de la citation, allié à l'admiration, a fait florès dans les années 60 - 70. Deux exemples célèbres peuvent être cités, Bern Alois Zimmermann avec notamment l'opéra total "Die Soldaten" ou "Photoptosis" (avec quelques citations de la 9ème de Beethoven) ou "L'Action ecclésiastique" (pour deux récitants, basse et orchestre, 1970, finissant avec 7 mesures du choral de Bach, "Es ist genug" -il en est assez, voici la fin Seigneur, prémonitoire, juste avant son suicide), ou Luciano Berio avec "Sinfonia" ou "Folk Songs" ou ses deux anti-opéras "La Vera Storia" et "Un Re in Ascolto"… mais dans le domaine du collage, il faudrait écrire un livre entier (sans parler des réminiscences, qui sont des collages non prémédités, sans parler des citations cryptées en tant qu'hommage pour les intimes). Pour être complet dans les types de détournement, il faut mentionner le détournement non parodique de l'instrument, par déport de son usage normal, par Helmut Lachenmann ou Mark Andre, par sa modification (gommes, clous), par John Cage (le piano préparé), ou par dérive en saturation, par Franck Bedrossian ou Raphaël Cendo. Les détournements sérieux, ironiques, parodiques, burlesques ou involontaires (y compris les auto-détournements) sont donc légions en Musique, mais le comble, me semble-t-il pour terminer sur une pirouette, n'est-il pas le détournement de la musique elle-même, par la négation de tout son, de toute musique, avec la pièce "4 minutes 33" (de silence théâtralisé) de John Cage en 1952 ?
Pourquoi dans vos services sur la Musique Contemporaine, des liens vers les pages Internet sont manquants ? Désolé, un certain nombre de liens non institutionnels dans cette page de liens ont été dématérialisés (c'est-à-dire que le lien n'est pas direct par un clic, il faut alors copier le texte descriptif et rechercher l'URL du site via Google) : il s'agit de sites qui ont refusé tout échange ou contact avec MusiqueContemporaine.info, ou qui avaient créé un lien initialement mais l'ont supprimé ensuite ou encore l'ont placé dans les profondeurs de leurs pages. Pourquoi un tel problème ? En fait, il faut savoir que la visibilité de tout site Internet dans Google dépend de rétro-liens (en Anglais, les backlinks), c'est-à-dire les liens qui pointent vers un site Internet (et pas, depuis un site Internet). La bonne règle est donc dans une approche gagnant-gagnant de créer des liens réciproques (dits liens croisés), mais certains sites les refusent arguant d'un déséquilibre collaboratif (notoriété de leur site considérée comme meilleure) ou acceptent dans un premier temps puis les suppriment (pour un bénéfice unilatéral) ou les placent dans des pages jamais actualisées (ce qui pour Google revient au même que de supprimer les liens)… et il faut savoir que les Internautes utilisent Google à plus de 90% en France ! Donc, en pratique, si vous avez réalisé un site Internet lié à la Musique Contemporaine et que vous souhaitez bénéficier de l'audience du présent site, avec un lien actif dans les services appropriés de LIENS utiles, il suffit de créer un lien vraiment coopératif comme indiqué !
Le nom même de Musique Contemporaine me paraît mal choisi : il évoque souvent le style sériel repoussoir, et puis au temps de Beethoven, sa musique était contemporaine… qu'en pensez-vous ? Vous avez tout à fait raison ! Chaque Musique nouvelle est contemporaine pour les compositeurs qui la créent et les auditeurs qui l'écoutent, de leur vivants ; d'ailleurs les mots Musique Classique ou Musique Romantique ne sont pas vraiment adaptés, non plus : la Musique de Schubert appartient-elle à la première ou à la seconde ? Vous pouvez donc changer le terme à votre convenance, mais si vous vous prêtez au jeu, vous constaterez vite les limites de l'exercice : utiliser «moderne» ou «nouvelle» ne tient pas, utiliser «sérielle», «post-sérielle», «massique», «spectrale», «post-moderne» (etc.) paraît d'abord plus approprié car cela correspond à des styles précis, mais en pratique c'est peu opérationnel tant le nombre de styles est grand dans la musique de notre temps (comme pour la peinture, par exemple) et tant les styles s'interpénètrent vite (aujourd'hui les compositeurs synthétisent tous les styles antérieurs). Donc le terme de Musique Contemporaine convient faute de mieux (et surtout si vous communiquez bien votre compréhension du mot : ici, la musique d'après 1945) et nous laisserons aux générations futures le soin, avec le recul, de créer le(s) terme(s) approprié(s) !
Le nom d'Acousmatique que vous aviez initialement choisi pour la Musique électronique fixée me semble à éviter… qu'en pensez-vous ? Vous avez partiellement raison ! Il est difficile de nommer correctement la musique disons «non interprétée» ou «fixée», mais je ne suis pas le seul, et les confusions sont nombreuses. La distinction entre concrète (microphone) et électronique (oscilloscope) est à peu près claire par la différence de procédé, aux débuts (historiques), mais cela ne dure pas, et non seulement les 2 types sont mélangés depuis longtemps, mais aujourd'hui dans les compositions il est impossible de savoir si une séquence est concrète ou fabriquée par des synthétiseurs qui imite parfaitement des sons concrets. Il faut dire que je n'ai pas été aidé (!) car la solution globalisante d'acousmatique (que j'ai utilisée au début du site) initiée par François Bayle, différenciant la musique purement «non interprétée» (fixée), de la musique la mélangeant avec des instruments acoustiques (mixte) a été torpillée par les protagonistes eux-mêmes, qui ont ajouté un terme qui fausse les cartes appelant la première «électroacoustique» et la seconde «mixte» (voir le GLOSSAIRE du site, et la page de STYLES) ! La solution a été tout de même de m'aligner sur cet usage actuel en utilisant le terme agrégé électroacoustique pour englober tout musique fixée, c'est à dire acousmatique ou synthétisée artificiellement par exemple par l'ordinateur ou un synthétiseur… mais certains spécialistes eux-mêmes ne sont pas d'accord (certains experts de l'INA préférant le terme «électro» pour la musique «non interprétée», et d'autres spécialistes n'acceptent pas davantage le terme de musique «mixte» qui pour eux ne veut rien dire ; ensuite, «électro» renvoie aussi à la musique Pop et électronique renvoie aussi à une musique produite par des instruments de musique électroniques ou amplifiés, et enfin d'autres experts, ceux de l'émission Electromania à France-Musique, utilise toujours acousmatique pour différencier la musique «non interprétée» ou «fixée» savante, de la musique «non interprétée» ou «fixée» tendance Pop, Rock, Techno ou B.O.F… vraiment pas simple). Autre problème, les termes ne sont pas non plus établis ou clarifiés dans les autres langues (Anglais, Allemand). Bon, la solution est possible à terme… mais il reste que le problème de cette musique «non interprétée» c'est qu'elle a un peu quitté l'orbite de la Musique savante (en créant son champ propre, très large, en passant par la Pop et la B.O.F., voire l'improvisation), la technologie prenant l'ascendant sur la composition, et j'ai été incapable d'ajouter (à la sélection déjà très pauvre du site) des pièces récentes savantes de valeur (même en demandant de l'aide à l'INA) parmi les centaines nouvelles annuelles qui relèvent souvent du déballage technologique (lequel vieillit vite et mal). Le drame aurait été que les compositeurs dits savants aient déserté cette musique pour cette raison, mais ils ont compris son énorme potentiel, notamment avec l'ordinateur, quand elle est mixée avec la musique interprétée, en temps réel ou non…. et je laisserai aux temps futurs le soin, avec le recul, de créer le(s) terme(s) approprié(s) et alors, si toujours vivant, je  m'alignerai encore bien sûr !
Ce qui me gêne dans la Musique Contemporaine, c'est le fatras technique expérimental (ordinateur, amplificateur, potentiomètres) surajouté pour des résultats anecdotiques… qu'en pensez-vous ? Votre interrogation est inattendue, en tout cas elle me paraît tout à fait fondée pour la Musique Concrète ou Électronique : se retrouver dans une salle de concert pour regarder seulement un dispositif électroacoustique (des haut parleurs essentiellement !) est déstabilisant ; pour le reste, il faut distinguer le concert avec instrumentistes et ordinateur en temps réel (ou différé, avec bande), aujourd'hui et aux débuts des années 80 ; par exemple, pour la création de "Repons" de Boulez, la machine 4X (et ses dépendances) occupait environ 8 mètres cubes d'espace, mais aujourd'hui le tout tient dans un ordinateur ultra-portable de 2 kg ! En plus, l'adjonction électroacoustique ne doit pas, vous avez raison, être anecdotique (du trompe l'oreille cosmétique) et le plus simple est alors de se concentrer sur la partie interprétée de l'œuvre, pour s'assurer qu'elle tient "vraiment la route". Ce qui me surprend dans votre question, c'est le collatéral : comment faites-vous pour écouter la musique chez vous avec votre chaîne HiFi ? En fermant les yeux ?
Je veux bien dépenser 25 ou 50 Euros pour un concert d'un grand interprète, mais pas les jeter par la fenêtre pour une création qui peut me laisser déçu(e)… que me conseillez-vous ? Avec un brin d'humour ironique je vous répondrai que vous n'êtes pas le seul, et c'est sans doute la raison pour laquelle le Festival Présences (à partir de la saison 2007-2008, en 5 week-ends, à Paris ou en régions) et d'autres concerts de radio France ou de jeunes ensembles sont entièrement gratuits ; d'ailleurs, il faut relativiser : s'il ne vous est encore jamais arrivé de dépenser cette somme -voire beaucoup plus- pour rien, n'en doutez pas… cela arrivera, pour la musique ou non ; plus sérieusement, voici une piste économique : devenez membre de votre bibliothèque-discothèque municipale pour quelques dizaines d'Euros par an (voire gratuitement) et empruntez les CD et DVD qui vous tentent… si l'un vous plait, vous pourrez alors l'acheter en toute sécurité et surtout vous précipiter lors de la prochaine audition de l'œuvre en concert, pour éventuellement un vrai coup de foudre (car l'écoute d'un disque est très différente du concert) !
Est-ce que la version d'un enregistrement de Musique Contemporaine dirigée ou supervisée par le compositeur lui-même est la plus belle ou la plus authentique ? Ma réponse va sans doute vous surprendre : à l'expérience, elle est définitivement négative (et j'imagine qu'elle serait aussi négative pour les compositeurs du passé). Un créateur compose, c'est-à-dire qu'il projette des idées sur un morceau de papier (avec des portées!). Il pense, il entend sa musique dans sa tête, pas dans la réalité d'une salle de concert. Inversement, l'interprète n'a pas de biais (conceptuels, encore moins personnels et émotionnels), il lit les notes, les analyses et joue la musique telle qu'il la comprend et s'il est excellent, alors il transfigure l'œuvre concernée et communique son bonheur sonore aux auditeurs. Lorsque j'ai pu assister à plusieurs exécutions d'une même œuvre en concert ou écouter plusieurs enregistrements, la réponse à toujours été en défaveur du compositeur interprète. Quelques exemples : Messiaen est un piètre communiquant pour éclairer les interprètes de ses idées (l'interprétation en concert de ses pièces pour piano par son épouse, pourtant osmosée dans sa musique, est révélatrice ; la première de l'opéra "Saint François d'Assise" sous la tutelle du maître a donné une mise en scène figée et un orchestre plat, mais heureusement la qualité de la musique était là, et par la suite les reprises ont révélé cette musique et l'humanisme poignant de son livret) ; Boulez est reconnu comme un grand chef (surtout par ses ennemis, qui le détournent ainsi de la composition), mais ses interprétations de ses œuvres manquent de la vision originale et de la distance acquise par les interprètes qui l'ont suivi : il suffit d'écouter ses Notations pour orchestre par Abbado ou par Rattle ou par Barenboim ou par Nagano pour (peut-être) les préférer immédiatement et mesurer la chance de pouvoir écouter des interprétations aussi différentes, tant qu'une tradition sclérosante ne s'est pas encore établie.
Je voudrais offrir un disque de Musique Contemporaine à un(e) ami(e) mélomane… que me conseillez-vous ? Je vous conseillerai de ne rien acheter au hasard ! Certes la musique en boîte est périssable, mais il vaut mieux offrir des fleurs ou un livre. Si votre ami(e) est mélomane, alors discutez longuement pour connaître ses goûts affinés, ce qui vous guidera plus sûrement que toute réponse d'un tiers (et plus facilement dans le grand répertoire classique). Si votre ami(e) aime la Musique Contemporaine, alors le conseil le plus éclairé serait de lui poser la question de son œuvre préférée et de vous croiser les doigts pour avoir la chance que plusieurs versions discographiques existent : alors oui, lui offrir une autre vision de l'œuvre préférée, c'est une excellent idée pour développer l'amitié.
Dans votre «base de données», j'ai trouvé une œuvre qui attire ma curiosité, comment en écouter des extraits musicaux sans acheter un disque ou attendre un hypothétique concert ? Pourquoi ne placez-vous pas des extraits dans ce site Internet ? C'est très simple d'écouter des extraits grâce à Internet et à la vague croissante du commerce électronique : la quasi totalité des œuvres au catalogue est promue par un petit extrait que l'on peut écouter en ligne que ce soit par Amazon ou ses concurrents (à défaut essayez Qobuz); il vous faut avoir téléchargé Real Player ou QuickTime (c'est gratuit,  c'est automatique avant toute écoute) en plus de Windows Media Player (inclus dans Windows), puis aller sur www.google.fr , taper entre guillemets le compositeur et le titre de l'œuvre, par exemple "Olivier Messiaen" "un sourire" dans la boîte de texte, avec l'option "tout le Web" (pas seulement France), et vous aurez le choix ! Une autre possibilité réside dans la visite des sites Internet des compositeurs eux-mêmes (en général, les jeunes) : la liste assez complète est affichée, ici, dans ACTUS.
Pensez-vous que pour aborder la Musique Contemporaine, il vaut mieux commencer par un enregistrement au disque, ou plutôt par un concert classique avec une œuvre contemporaine connue, un concert classique avec une création contemporaine, ou un festival contemporain ? Soyons pragmatique : le plus facile est le concert classique dans le programme duquel figure une œuvre contemporaine (elle a été choisie pour ses correspondances avec le programme dit classique), car aujourd'hui ce qui frappe, ce sont les diverses continuités entre les œuvres d'avant et les œuvres récentes ; dans un deuxième temps, les concerts de Musique Contemporaine à 100% sont recommandés car avec le temps les programmes sont éclectiques, avec des compositeurs reconnus et des inconnus et des créations : ici, les festivals annuels comme Présences (Radio-France, Paris et régions), Musica (Strasbourg), Agora (La Villette ou Ircam, Paris), par exemple, devraient être privilégiés, car l'accumulation de plusieurs concerts en quelques jours permet souvent un déclic sans retour en arrière ; l'enregistrement (sur France-Musique ou rarement Radio Classique, ou sur MP3 par téléchargement, ou sur support CD ou DVD) ne devrait être qu'un complément après une écoute «live», pour approfondir ou pour dériver vers une autre interprétation/vision.
Pourquoi, sur ce site Internet, monopolisez-vous l'attention sur l'écoute au concert plutôt que sur disque? Loin de moi l'idée de dénigrer le disque (CD, DVD) ou tout enregistrement ! Simplement, l'écoute d'une œuvre nouvelle, donc inouïe au sens premier du terme et souvent moins accessible que le grand répertoire bien balisé, requiert une émotion qui peut apparaître si elle est partagée dans une attention intense (sortir du cadre habituel domestique des disques, avec ses bruits, ses interruptions, vivre la musique interprétée en direct au cours d'un programme avec ses intentions, ses thèmes, et avec d'autres mélomanes). Seul le concert peut susciter cette émotion (d'ailleurs, nul mystère, l'émotion est souvent collective et les applaudissements simultanés, sans la recherche de la performance ou l'idolâtrie envers un chef ou un soliste pour le grand répertoire). Le concert a ses travers bien sûr : dans les cas où les interprètes sont mal préparés (une pièce contemporaine demande davantage de travail), où le programme tombe à plat, où une pièce du programme occulte les autres, où l'auditeur lui-même n'est pas dans son bon jour (fatigue, stress), etc. Mais, selon nous, il reste irremplaçable. En outre, la Musique Contemporaine possède des caractéristiques spécifiques qui font que le disque ou l'enregistrement, même avec une chaîne de très haute fidélité, est désavantagé : la beaucoup plus grande dynamique que dans la Musique Classique (pianississimi, silences), la complexité des nuances, le sur-ajout de pupitres, l'utilisation de sons électroniques ou des micro-intervalles, la mise en espace différente, les partitions aléatoires (le disque est figé), les instruments atypiques (…) sont autant d'éléments qui s'expriment moins bien sur un CD. A l'inverse le catalogue enregistré, outre sa force de mémoire, permet de découvrir des compositeurs jamais joués en France (faute de notoriété, pour des raisons de nationalisme, oubliés, etc.) et surtout, après une première écoute réussie en concert, permet d'analyser, d'approfondir autant de fois que l'on veut. D'ailleurs, une page a été créée sur ce site qui reprend les SÉLECTIONS CD (choix discographiques) d'Olivier Bernager (radio France Musique) pour la Musique du 20ème Siècle, un peu comme une discothèque idéale. Donc pas de sectarisme : le concert c'est la Musique Contemporaine vivante, le disque c'est ensuite pour préparer son voyage sur l'île déserte!
La Musique Contemporaine au disque est d'une rareté consternante, comment pallier cette lacune ? Effectivement, et la marge d'action est ici restreinte : suivre les sorties officielles sur le Marché Français dans les magazines spécialisés (par exemple, Diapason), adhérer à une bibliothèque de prêt municipale pour les disques épuisés (et les autres), visiter les sites Internet de commerce électronique (avec une mention spéciale pour Amazon.com et pour eBay.fr) et profiter des offres sans attendre… à propos, ne manquez pas les émissions spécialisées de France Musique (ou les concerts en direct) : notamment, si vous êtes passionné(e), «Portrait» tous les Lundi, à 23h15, «Les Lundis de la Contemporaine» tous les Lundis de 20h à 23h15, «XXème Parallèle» le Jeudi de 22h30 à minuit, et «Electromania» les Lundis à minuit («A vos cassettes» pour reprendre une phrase célèbre… en attendant leur disponibilité généralisée en Podcast) ; il reste à formuler un vœu, hors Marché du disque : que France Musique consacre une émission régulière, même tardive (mais pas trop) ou dans un créneau «creux» du week-end, voire uniquement par téléchargement (même payant) pour rediffuser, les créations contemporaines (entreposées à l'INA www.ina.fr) ! Il est également possible de s'inspirer de la liste des meilleurs disques à partir du magazine Diapason ou de suggestions d'experts discophiles à MEILLEURS ENREGISTREMENTS
Comment écouter la Musique Contemporaine diffusée sans être tributaire de son poste de radio (et des horaires tardifs) ? Jusqu'à récemment, le seul choix de radio de Musique Classique consistait en France Musique (cf. ci-dessus) ou Radio Classique (mais Radio Classique ne passait que peu, voire pas du tout, de Musique Contemporaine) ; avec Internet, la donne a changé, il est possible d'écouter toutes les radios du monde (notamment la RTBF Belge et RSR Suisse, francophones) en disposant d'un programme approprié, dont un est réalisé par une passionnée pour la Musique Contemporaine (voir LIENS), mais cela oblige à être présent au moment de la diffusion qui est souvent tardive (sans parler de décalage horaire) ; avec le Streaming (écoute décalée sur Internet), il est aujourd'hui possible d'écouter ces émissions jusqu'à 1 mois après la diffusion (voire plus parfois) ; pour cela, il faut une liaison Internet (par exemple, une Box), un petit ordinateur portable (par exemple un Netbook équipé de la Wi-Fi, soit 260 € neuf, la moitié d'occasion sur E-Bay ou Price Minister), des écouteurs audio intra-auriculaires (moins de 30 Euros), au minimum ; pour plus de confort, il vaut mieux remplacer les écouteurs par un câble (longueur nécessaire : 5 à 10 mètres) Jack-RCA (10 €) qui relie la sortie audio du Netbook aux entrées auxiliaires de la chaîne Hi-Fi… et la radio à la carte est disponible à la maison (et aussi légalement enregistrable en qualité MP3)… bref de la Musique Contemporaine quand on veut, 7 jours sur 7, dans des bonnes conditions !
Je suis spécialisé(e) dans la Musique Ancienne (avant Vivaldi)… pensez-vous que je pourrai apprécier la Musique Contemporaine et comment ? Certainement… prenons des risques avec un conseil incongru : essayez d'écouter les répétitifs Américains, Arvo Pärt, voire laissez-vous tenter par les partitions «planantes» Zen de Giacinto Scelsi, ou, de Jean-Claude Éloy, ou de Wolfgang Mitterer ! En plus, certains compositeurs (par exemple, Fénelon, Jolas) ont écrit des œuvres spécialement tirées vers la Musique Ancienne.
Je suis spécialisé(e) dans la Musique Baroque (de Vivaldi à Haendel et Bach)… pensez-vous que je pourrai apprécier la Musique Contemporaine et comment ? C'est plus difficile, non pas parce que votre attitude est rédhibitoire pour la Musique Contemporaine, mais parce que les Baroqueux, par leur recherche d'authenticité (respectable, mais tellement inaccessible) ont biaisé la donne, dont il est, peut-être, difficile de s'émanciper ; pourquoi ne pas essayer les partitions religieuses de style Néoclassique qui ont commencé avant la Musique Contemporaine, avec des prolongements après guerre pour Poulenc, Honegger, Duruflé, voire Lutoslawski?
Pour moi, la Musique Classique se limite à la période de Mozart à Brahms… pensez-vous que je pourrai apprécier la Musique Contemporaine et comment ? Oui, bien sûr… mais pas tout de suite : commencez d'abord par repousser un peu la limite de vos perceptions par le post-romantisme de Mahler, de Bruckner, puis de la "Nuit transfigurée" de Schoenberg et les ballets de Stravinsky et tout Ravel ; puis tout en restant dans la séduction, provoquez un peu vos perceptions par l'écoute de Érik Satie, de Darius Milhaud ("Le Bœuf sur le Toit") ou des néoclassiques, doucement, tout en se disant que comparer les 25 meilleures versions de la Jupiter ou du double de Brahms, c'est intéressant, mais pas tout le temps ou toute sa vie.
J'écoute avec plaisir la musique du début du 20ème siècle (Debussy, Ravel, Mahler, Stravinsky, Bartók), hormis l'école de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern)… pensez-vous que je pourrai apprécier la Musique Contemporaine et comment ? Bien sûr… mais n'écoutez pas les extrémistes : choisissez la continuité historique telle que vous l'aimez ; la base de données vous aide en «étiquetant» les compositeurs (sélectionner «progressiste», sans arrière pensée) et en classant leurs œuvres du moins accessible «+» au plus accessible «+++++» ; votre premier choix se portera donc soit sur les jeunes de style néo-tonal (par exemple, Connesson, ou Bec, Campo, Hersant), soit sur les anciens établis (par exemple, Dutilleux, Jolivet, Bacri), avant d'aborder les modernes synthétiques comme Pécou ou Dusapin (pour ne citer que des Français, plus souvent en concert dans notre pays).
Dans la Musique Contemporaine, j'écoute avec plaisir la musique de Henri Dutilleux, Dimitri Chostakovitch et André Jolivet, mais je ne supporte pas la musique de Boulez, de Messiaen et tous ces compositeurs d'avant-garde… pourquoi devrais-je l'aimer ? Qui vous y oblige ? Écoutez donc ce qui vous fait plaisir et diversifiez vos intérêts vers des œuvres proches ; par exemple, si vous aimez Chostakovitch, essayez d'écouter Olivier Greif, trop tôt disparu, si vous aimez Jolivet, tentez les compositeurs Anglais traditionalistes comme Davies, Britten, Tippett, si vous aimez Dutilleux, explorez des Français qui respectent les anciens comme Guillaume Connesson, Bruno Mantovani, Eric Tanguy ; le jour venu, sans contrainte, et souvent par hasard, vos oreilles seront séduites par "Rituel" de Boulez ou "Un Sourire" de Messiaen ou le Trio pour Cor de Ligeti, des pièces belles et très accessibles.
Pourquoi n'introduisez-vous pas le Free Jazz dans votre sélection, la filiation est pourtant évidente ? Certes, le lien est évident, mais ce site Internet est dédié à la musique écrite, dite savante, d'aujourd'hui, c'est-à-dire pas improvisée comme tout le Jazz, y compris le Free Jazz ; ce qui rapproche le Free Jazz de la Musique Contemporaine, c'est l'atonalité surtout, mais ce n'est guère plus (le processus créatif est pauvre, même s'il peut relever du génie inspiré comme Paul Bley, voire le fameux et atypique Köln Concert de Keith Jarett) ; le Jazz est très présent comme source d'incorporation des compositeurs contemporains de la première génération (Copland, le premier Carter, Bernstein), ou de la seconde génération (Ligeti, Berio), mais il s'agit du Jazz classique ; de façon plus diffuse (masquée) le Jazz (Hard Bop, Free Jazz) est source d'inspiration chez les plus jeunes (par exemple Pascal Dusapin, Franck Bedrossian, et surtout Yann Robin) ; le Jazz qui se rapproche le plus de la Musique Contemporaine par l'inouï de ses rythmes asynchrones, sa créativité et son originalité uniques est celui de… Thelonious Monk.
Pourquoi n'introduisez-vous pas les Musiques de films (B.O.F.) et leurs compositeurs spécialisés dans votre sélection, la filiation est pourtant évidente ? Certes, le lien est évident, mais ce site Internet est dédié à la musique écrite, dite savante, d'aujourd'hui, pour le concert, c'est-à-dire pas la musique illustrative d'un autre art ; la musique de films n'est pas d'une qualité inférieure à la musique dite savante, et de nombreux compositeurs de musique savante s'y sont essayés avec succès (et aussi, ne le cachons, pour des espèces sonnantes, c'est-à-dire à fins alimentaires) ; par exemple, Dimitri Chostakovitch, Toru Takemitsu, Philip Glass, et plein d'autres ; les compositeurs de B.O.F. (Bande Originale de Film) spécialisés sont très nombreux et un certain nombre d'entre eux ont acquis une belle notoriété auprès du Grand-Public (souvent plus grande que les compositeurs de musique dite savante!), comme (par ordre alphabétique) John Barry, Georges Delerue, Bernard Hermann, Maurice Jarre, Michel Legrand, Ennio Morricone, Nino Rota, Philippe Sarde, Howard Shore, John Williams, ou plus récemment Alexandre Desplat ; ils ont composés, pour les B.O.F., des musiques très inspirées, avec des mélodies qui sont devenues célèbres ; dans quelques cas, ces compositeurs ont écrits des suites symphoniques de leurs B.O.F. célèbres (ou des professionnels de la transcription s'y sont employés pour eux), et même encore plus rarement ils se sont carrément lancés dans des pièces savantes (avec des fragments des mélodies reconnues), mais à notre connaissance, jamais le résultat n'a été convaincant pour les mélomanes au point que ces pièces n'accèdent au statut de pièces incontournables de la musique savante ; les raisons explicatives sont probablement complexes, mais en première approche, il semble que ces compositeurs manquent d'outils (langage, harmonie, parties divisées) pour y parvenir (s'ils en ont le désir) ou que ne les ayant que très peu pratiqué depuis leur formation, ils en ont oublié les modes ; cependant, il faut savoir que ce jugement, assez partagé par les mélomanes en Europe (ce qui ne les empêchent pas d'être parallèlement cinéphiles et d'aimer certaines B.O.F.!), que ce jugement, donc, n'a pas cours aux USA, où des concerts symphoniques de B.O.F. ré-orchestrées sont régulièrement organisés (sachant que la musique du courant minimaliste Américain, tonale et à l'écriture plus immédiate, ne se différencie pas vraiment des meilleures B.O.F.). Plus de détails sur WIKIPEDIA (lien externe).
Pour aborder la Musique Contemporaine, on m'a conseillé de commencer par un chef d'œuvre comme "Pli selon Pli" de Boulez… qu'en pensez-vous ? Quel piètre conseil ! c'est plutôt un piège qui sert soit de repoussoir, soit de stakhanovisme pervers ! Certes, "Pli selon Pli" de Boulez est un chef d'œuvre, mais il y a des compositeurs modernistes bien plus accessibles (par exemple, Messiaen, Ligeti) et il y a des œuvres de Boulez bien plus accessibles, comme "Cummings" ou surtout "Rituel". Enfin, le mieux est probablement de vous laisser guider par la base de données des œuvres classées en «+++++» et de les tester sur CD ou sur Internet (par exemple, Qobuz) : s'il y a déclic, écoutez tout, sinon, n'insistez pas (vous y reviendrez au moment opportun… peut-être et sans obligation).
Qui sont les Pères des différentes écoles de la Musique Contemporaine ? C'est une question piège, car sa dimension «politique» et «nationale» (voire nationaliste) est si grande que les candidats pères sont très nombreux (il faut dire que la progéniture est encore plus nombreuse!).
Comme en Sciences, une invention éclot souvent de façon concomitante à plusieurs endroits de la planète, parce qu'un problème demande résolution. Cependant, entre un problème à la solution ébauchée et une démarche voulue, voire conceptuelle, il y a une marge (même le paternité de la Relativité en Sciences a été contestée à Einstein, pourtant c'est bien lui qui…).
Donc la réponse est toute relative !
Pour la Musique Sérielle, c'est incontestablement Boulez, même si le rôle de Messiaen qui l'a effleurée a été souvent évoqué… de toutes façons, la Musique Sérielle n'est qu'une généralisation (aux autres paramètres de la Musique) du Dodécaphonisme (série de 12 sons liés entre eux), un système créé par Schoenberg, dérivé lui-même de la Musique Classique (certains se sont «amusés» à chercher des séries de 12 sons chez Beethoven, ou Liszt, d'autres ont contesté Schoenberg, et avec raison, car d'autres créateurs, peu avant lui, plus à l'Est, avaient saisi le problème).
Pour la Musique Ouverte, c'est John Cage qui est reconnu comme son inventeur, mais chez lui il s'agit plus d'indétermination (et de provocation artistique) : sa première œuvre véritablement ouverte (déléguant l'initiative à l'interprète) date de 1958, soit bien après celles de Stockhausen et Boulez !
Pour la Musique des Clusters, c'est incontestablement Xenakis, mais les Américains ont voulu analyser les œuvres de Cowell, comme contenant les premiers clusters (pour le piano, ce qui correspond davantage à une nouvelle frappe du clavier qu'à un nouveau style de musique)
Pour la Musique Électroacoustique (encore appelée Musique Mixte), c'est Varèse en 1954, même si l'idée était caressée par tous les compositeurs modernistes de l'époque et que le premier à avoir introduit des sons fixés (sur support enregistré) est, semble-t-il, Ottorino Respighi dans "Pini di Roma" (Les Pins de Rome, 1924) avec des chants d’oiseaux enregistrés mélangés à un poème symphonique instrumental
Pour la Musique Spectrale, c'est Grisey-Murail, même si le rôle de Messiaen qui l'a effleurée a été souvent évoqué, et si le rôle d'initiateur méconnu est acquis à Horatiu Radulescu … de toutes façons, les Spectralistes conviennent que leur père direct est Giacinto Scelsi, le généralisateur de la Musique des Quarts de Tons et le "sculpteur du son"
Pour la Musique Minimaliste, c'est Young qui est reconnu comme son fondateur, mais là encore davantage comme de la provocation de sons continus que comme une réelle démarche créatrice, comme Terry Riley
Pour les Collages et la Spatialisation, enfin, les pères fondateurs sont sans doute bien plus anciens et l'on ne sait si les réminiscences de tel ou tel compositeur sont un acte volontaire, un problème de mémoire défaillante ou un pillage caché, et si Berlioz dans ses nouveaux arrangements de l'orchestre avait en tête la même idée que Stockhausen dans "Gruppen" !
Quelles sont les pièces incontournables de la musique d'avant la Musique Contemporaine pour l'aborder, elle, avec succès? Une question difficile, non pas en ce qui concerne les compositeurs passés… mais surtout en ce qui concerne le pronostic futur. Car il n'y a, bien sûr, pas de règles : nous sommes tous différents et ce qui nous émeut l'est également. Bon, pour guider à travers des généralités (et dans une perspective historique, pour mieux aborder la Musique Contemporaine d'aujourd'hui, celles des compositeurs nés après 1965), voici quelques pistes : tout d'abord le dernier Wagner et le dernier Liszt, les premiers Strauss (Richard) pour ses pièces modernes ("Elektra") et les derniers Mahler (9ème et 10ème symphonies), ensuite le premier Schoenberg dit expressionniste ("La Nuit Transfigurée", "Pelléas et Mélisande", avant d'essayer le "Pierrot Lunaire"), certains Berg (Concerto pour Violon, "Altenberg Lieder") ou Webern ("Cinq Mouvements" pour orchestre opus 5), les 3 ballets de Stravinsky (et notamment, l'incontournable "Sacre du Printemps", fondation du rythme moderne), les compositeurs majeurs du début du 20ème siècle (Debussy avec notamment "Jeux", "Prélude à l'Après-Midi d'un Faune", Ravel avec "Gaspard de la Nuit", La Valse", Varèse avec "Amériques", "Hyperprisme", Ives, avec la Symphonie n°4, "Central Park in the Dark", Janacek avec le Quatuor n°2, Nielsen avec la Symphonie "Inextinguible"), les compositeurs majeurs des années 30 (Bartok, Prokofiev, De Falla, Gershwin)… sans oublier, plus tard, le Jazz aventureux de Coltrane, de Monk et de Miles Davis, et les différentes vagues Rock-Pop des années 60 à 90 (très important)! Il est également possible de consulter ici XXÈME PARALLÈLE, avec la liste des disques par thème, avec année de composition/création
Pourquoi mentionnez-vous, pour certains compositeurs et pas pour d'autres, leur vie privée (homosexualité) ou la cause de leur mort? Une question délicate, mais récurrente, donc incontournable et donc pas de dérobade ou de défausse ; tout d'abord, ajoutons une autre dimension qui relève exactement de la même problématique, l'engagement politique ou religieux ; précisons aussi que les notices bibliographiques présentées dans ce site Internet découlent de la sélection d'une pièce pour la base de données (et non l'inverse), donc elles sont secondaires, synthétiques (laissons aux biographes les vraies biographies détaillées pour les compositeurs qui seront passés à une certaine postérité/notoriété, celles des vivants étant par trop hagiographiques) ; avec la libération progressive des mœurs depuis les années 50 (et surtout après 68), de nombreux artistes, qui par essence sont à la fois des personnes sensibles, marginales, transgressives et hors normes, ont affiché une vie privée, disons, distinctive : le propos de ce site Internet n'est pas de s'immiscer dans la vie privée des compositeurs, mais dans quelques cas limités les choix de vie privée sont indiqués quand ils ont une influence déterminante sur la création du compositeur concerné, en raison par exemple de la profession artistique de son compagnon ou de son engagement sociétal consécutif à cet affichage (pour les homosexuels) ou de l'instrument de musique pratiqué par son épouse (pour les hétérosexuels), mais il faut savoir qu'en réalité le nombre réel de la première catégorie est bien supérieur que ce qui est indiqué dans le site (et ce n'est alors pas mentionné, discrétion et respect obligent) ; il en est de même pour la cause de la mort : elle n'est mentionnée dans ce site que si la mort est considérée comme prématurée par rapport à l'espérance de vie standard de l'époque, et la cause indiquée (qui sous-entend une mort rapide et attendue, ou une mort inopinée, ou encore une mort lente mais inéluctable et dans un état invalide) éclaire alors sur le mode ultime de composition du créateur concerné (par exemple dans l'urgence, dans le seul drame, voire sur l'inachèvement éventuel de ses dernières pièces) ; il en est de même pour l'engagement politique  ou religieux : il n'est mentionné dans ce site que si cet engagement a influencé significativement la création du compositeur concerné (pas seulement, comme tout Homme avec des réflexions sociétales de justice, de fraternité et de liberté, etc.) ; enfin, terminons par une remarque hors sujet : dans les biographies, sont souvent ajoutés quelques aspects essentiels de la psychologie du créateur concerné… ce n'est pas déterminant pour la musique, mais cela aide à mieux appréhender le style ou le langage du compositeur concerné (et son évolution, par exemple des débuts provocateurs pour percer, au moule plus conforme ou conservateur pour ne pas manquer des commandes)… tout en sachant pour l'anecdote que ces croquis non hagiographiques, non complaisants, mais esquissés avec respect, sont lus par les récipiendaires qui tentent parfois d'influer ou de détourner l'analyse pour une version ultérieure !
Que pensez-vous des jeunes Compositeurs Français d'aujourd'hui? Qui conseillez-vous? Une question très intéressante, non pas pour une liste exhaustive (impossible, sauf pour se faire des ennemis parmi les oubliés), mais parce que les jeunes compositeurs (nés après 1965) peuvent constituer une excellente approche de la Musique Contemporaine, bien meilleure que les monstres sacrés reconnus (nés entre 1905 et 1950), très originaux donc moins accessibles (qu'ils soient de la mouvance sérielle ou non, comme Ligeti ou Xenakis). Ces jeunes compositeurs -que je ne nommerai pas!- écrivent une musique qualifiée de synthétique, c'est-à-dire qui utilise toutes les techniques passées depuis le médiéval jusqu'à l'avant-garde (à doses filées!), en passant par les musiques populaires (Rock, Jazz, Folk, Ethniques) et sont de remarquables orchestrateurs (le passage par les Conservatoires leur a donné un métier incomparable par rapport aux compositeurs avant eux -et c'est pareil pour les instrumentistes qui créent leur musique-). En outre, selon les tendances ou styles (très divers), vous trouverez facilement chaussure à votre pied, y compris parmi les compositeurs de style néo-tonal ou minimaliste si vous êtes plutôt conservateur. Ce que j'en pense ? Le plus grand bien (tout comme de leurs aînés, vivants ou morts)… avec un petit doute : comme ces jeunes compositeurs ont un «métier» exceptionnel déjà à 30 ans (notamment dans l'orchestration) et qu'ils ne visent pas la révolution (c'est-à-dire l'inouï provocant, la transcendance absolue), que restera-t-il de leurs œuvres, disons dans 30 ans? Mais ce doute n'est absolument pas une critique : la vie d'un créateur en France (et dans les autres pays… pour des raisons en partie distinctes) n'est pas de tout repos : il faut courir après les commandes, en ayant un style et une inspiration absolument originales… tout en n'oubliant pas de se faire remarquer (mais pas trop) par le microcosme des faiseurs d'opinion (médias, critiques musicaux, institutions) et en tenant compte des goûts des interprètes et des mélomanes… lesquels, comme la mode, changent de façon totalement imprévisible !
Comment opérez-vous votre sélection ? C'est bizarre, il manque le compositeur X, il n'y a qu'une seule œuvre pour le compositeur Y si important, la pièce Z un vrai chef d'œuvre est absente, pourquoi ? La sélection ne découle pas d'un choix esthétique, voire de celui d'une «chapelle» ou d'un clan (la preuve, la base de données compte déjà plus de 100 compositeurs), mais de l'écoute en concert, si possible plusieurs fois, d'une œuvre réussie dans un catalogue méritant (alors la pièce étant sélectionnée, le compositeur est intégré à la base de données, et pas l'inverse) ; en ce sens la probabilité de l'omission d'une pièce majeure d'un compositeur majeur est faible car la notoriété aide beaucoup à la diffusion… a contrario, il se peut qu'une pièce majeure d'un compositeur majeur manque, tout simplement parce qu'elle n'a pas pu être écoutée en concert par l'auteur (par exemple, Stockhausen, pour ses pièces d'après 1985, est hélas rarement joué en France et ailleurs) ou bien qu'un compositeur connu manque car aucune de ses œuvres écoutées n'a encore paru à l'auteur déterminante (mais toutes ses œuvres n'ont pu être écoutées). N'hésitez pas à faire part de vos suggestions dans la rubrique CONTACT et soyez patient (ce site Internet n'est que le travail d'un amateur). La question, par ailleurs, pourrait être retournée en s'interrogeant sur la pérennité inaltérable d'un compositeur dans la base de données : la réponse dépend de la situation. Si le compositeur est mort ou âgé avec plusieurs pièces reconnues comme majeures, alors sa présence dans la base de données ne sera pas remise en cause (objectivement, c'est-à-dire quelles que soient les modes). A l'inverse, si le compositeur est jeune avec peu de pièces reconnues comme majeures… et que sa production baisse en qualité avec le temps, alors son nom avec la ou les pièces déjà sélectionnées peut être supprimé (en effet la pièce sélectionnée serait trop isolée au milieu d'une production trop hétérogène). D'ailleurs c'est ce qui se serait déjà passé avec certaines pièces de compositeurs un temps renommés si ce site Internet avait été mis en ligne plus tôt (disons dans les années 90) : la mode, le goût ambiant et le plaisir de l'époque les auraient faits sélectionnés… mais à la ré-écoute, les pièces et le catalogue auraient paru surfaits, sur-évalués… et finalement ils n'ont pas été inclus !
Considérez-vous votre sélection comme terminée pour les compositeurs morts ou les pièces d'avant 1975 ? Pas du tout… ni pour les compositeurs morts, ni pour les pièces d'avant 1975 (ou de quelques périodes que ce soit). D'abord parce que beaucoup de pièces considérées comme essentielles à la première audition n'ont pu être écoutées une seconde fois (c'est le triste destin de la création, d'être abandonnée immédiatement, à de rares exceptions… qui ne tiennent pas à la qualité ou à la pérennité potentielle). Ensuite par manque de temps et par manque d'opportunités (clairement l'ajout tardif de Birtwistle procède de cette explication, un compositeur essentiel si peu joué en France et rencontré dans les années 80-90 lors de plus réguliers voyages à Londres). Enfin par nécessité de faire vivre un projet nécessairement changeant.
Quel est votre compositeur préféré de Musique Contemporaine, que vous conseilleriez les «yeux fermés» ? Il n'y en a pas … et il est heureux que le moment, l'humeur entraîneraient des réponses différentes à votre question.
D'ailleurs, il serait plus juste de parler d'œuvres préférées (alors, la liste est longue!) à un moment donné.
D'ailleurs, rassemblez 12 critiques de musique et soumettez-les à la question… attendez-vous à une belle cacophonie.
Peut-être, sans doute, la postérité retiendra des noms et classera leur mérite, mais nul ne peut aujourd'hui prédire de ce dont elle accouchera. Si tant est que cela soit objectif ! La postérité nous a habitués à de telles injustices et à de tels trous de mémoire qu'il vaut mieux l'oublier dans nos préoccupations. De toutes façons, nous serons tous morts, car si une chose est certaine, c'est bien que la première postérité pour un créateur après la mort, quel qu'il soit, c'est la nuit, la traversée du désert ou l'oubli… ingratitude humaine !
Et vous, comment avez-fait connaissance avec la Musique Contemporaine, et par quelle œuvre ? Je ne suis pas sûr d'être un cas exemplaire, car je suis arrivé tard à la musique dite Classique, pas avant l'âge de 15 ans (1967) ; en un sens, cela a été un avantage car je n'avais aucune influence familiale (une famille pas du tout mélomane… seulement la chanson de qualité, Brassens, Brel, Bécaud, Montand, Reggiani, Nougaro… ) et je n'avais aucun a priori. Mon premier contact avec la musique a été capital pour l'ouverture à la Musique Contemporaine, car d'un compositeur tardif et inclassable : les "Tableaux d'une Exposition" (1874) de Moussorgski (en disque, le concert enregistré en direct du pianiste Sviatoslav Richter!). Et à partir de là, j'ai dévoré absolument tout sans méthode, de Josquin à Stravinsky. Mais la première ouverture à la Musique Contemporaine, je la dois à la documentaliste de la discothèque de ma ville de Province qui «savait s'y prendre avec les jeunes» : elle m'a titillé avec la "Nuit Transfigurée" (1899) de Schoenberg qui m'a enthousiasmé, puis de cet acquis elle m'a naturellement dirigé vers le Concerto "à la Mémoire d'un Ange" (Berg, 1936), puis toute l'École de Vienne (Schoenberg, Webern et Berg). «Le tour était joué» et plusieurs disques des premiers Boulez, Stockhausen, Messiaen, Varèse sont passés en boucle, d'autant qu'à la même époque (1969), j'ai été «médusé» par le film de Stanley Kubrick «2001:  Odyssée de l'Espace» et sa bande son reprenant des extraits d'œuvres phares de Ligeti… "Requiem" (1961), "Lux Aeterna" (1965 : le Trip psychédélique), "Atmospheres" (1966). Enfin, en 1973, lors du festival «Octobre à Bordeaux» (Sigma), j'ai pu assister à mon premier concert de Musique Contemporaine, la Création Française de "…Explosante-fixe…" (avec électronique balbutiante!) de Boulez, et depuis, vous pouvez être sûr que je n'ai pas manqué beaucoup de créations marquantes à Paris (où je vis), sans oublier pour autant le grand répertoire et les grandes stars de l'interprétations des maîtres-compositeurs depuis l'aube de la musique (Schubert, Wagner, Chopin, Mozart, Debussy, Rameau, Beethoven, Monteverdi, etc.)… Vous voyez, c'est à la fois une histoire belle et banale, sans contrainte… avec un coup de foudre, un petit coup de pousse d'un tiers imprévu, et la chance de ne pas avoir été impliqué dans les querelles stériles initiées par les opposants au sérialisme intégral dans les années 50 et 60.
Pourquoi tous ces classements dans ce site comme si l'on pouvait classer les artistes ? C'est vrai ! Avec 2 bémols : ici vous visitez un site Internet et ce site est destiné aussi bien aux débutants de la Musique Contemporaine qu'aux passionnés. Dans un livre sur l'Art quel qu'il soit, les classements sont sclérosants et l'auteur peut (doit) expliquer son point de vue avec toutes les arguments possibles, sur Internet où la lecture se fait sur un écran, il faut aller à l'essentiel en phrases courtes quitte à courir le risque de caricaturer (dans le cas contraire, l'Internaute se fatigue vite… et «zappe»). Ensuite ce site Internet a pour mission d'attirer les débutants et donc de faciliter l'assimilation, d'où toutes sortes de classements, certains très -trop- didactiques (voire caricaturaux) comme la note de valeur ou d'accessibilité d'une œuvre, d'autres plus immédiats comme le pays d'origine du compositeur (sa filiation historique), la date de première création d'une œuvre (dans une perspective historique), la durée, l'ensemble instrumental, le type musical, le style du compositeur (même si là encore les petites boîtes ne peuvent être évitées!), etc. Pour le débutant, c'est l'assurance d'apprendre vite l'essentiel, quitte à approfondir dans un autre média de communication. Ces classements ont une autre vertu plus subtile pour les passionnés : ils permettent de créer (parfois très artificiellement!) des chemins de traverses, des points de vues inattendus (voire iconoclastes) et de favoriser de nouvelles découvertes… ou de susciter de fortes réactions (positives ou négatives) pour approfondir encore plus. Donc, c'est pédagogique et utile, certes limité et même parfois irritant… mais pour écouter de la Musique Contemporaine, il faut se laisser aller sans a priori, sans barrières, sans idées préconçues, car il y a plus à gagner qu'à perdre.
Pourquoi maintenez-vous toutes ces mises en boîtes des compositeurs, de leurs styles, de leurs périodes de naissance (etc.), notamment dans le tableau d'honneur Innovation-Tradition, sachant que la vie n'a rien à voir avec cette mise en boîte factice? Vous avez parfaitement le droit de penser ainsi. Désolé, si cela vous semble être une perte de temps ou un travail d'entomologiste. Voici quelques éléments de réponse. Les compositeurs comprennent tous l'intérêt de ces mises en boîte car ils savent qu'elles sont destinées au débutants, perdus sans repère, qui veulent s'initier (mais il est évident que c'est limitant et que si ces mises en boîte ne sont pas lues avec recul, cela peut même être caricatural). A l'inverse, si ces mises en boîte et tout le site étaient inutiles, il n'y aurait aucun visiteur : or, c'est l'un des 3 sites d'informations sur la Musique Contemporaine le plus visité en France. D'autre part, si vous vous attachez au TABLEAU comparatif Inspiration-Innovation-Tradition (une autre mise en boîte), ne lui faites pas dire ce qu'il ne dit pas : il n'y a pas de jugement de valeur et tous les compositeurs sélectionnés ont composé des pièces maîtresses, y compris le compositeur, qui figure en bas à gauche et pourrait se croire léser. La clé, c'est que bien des compositeurs qu'ils soient vus comme conservateurs ou aventureux voudraient en faire partie de ce tableau ! Pour le reste, il est fait appel à l'intelligence du visiteur mélomane, qui comme tout internaute n'est pas si bête et qui peut à tout moment «zapper» et s'il ne «zappe» pas et suit les fils des classements (parfois des dizaines de minutes durant), c'est qu'ils aident, servent son propre intérêt pratique. D'ailleurs, entre passionnés de Musique Contemporaine, à propos d'un jeune compositeur encore inconnu, quel est le meilleur «starter» dans une conversation pour le situer musicalement? Assurément, pas son conservatoire, pas ses professeurs, mêmes célèbres, pas sa nationalité, non, plutôt sa première mise en boîte (quel est son courant esthétique?).
Le nombre de pièces dans votre sélection est-il en rapport avec la valeur du compositeur considéré ? Pas du tout ! Le nombre de pièces dans la sélection (la base de données) est tout simplement le résultat du cumul du temps passé à un moment donné. Il n'y a aucune corrélation. Les seuls liens sont opportunistes : un compositeur qui est plus vieux, plus célèbre et plus joué a davantage de chance d'avoir été écouté en concert et donc d'être mieux servi si ses pièces sont marquantes. A l'inverse, un compositeur jeune, pas vraiment à la mode, pourrait avoir moins de chance a priori, mais en réalité, l'auteur se déplace davantage pour les créations que pour les reprises, même de compositeurs très connus… donc cela peut s'équilibrer de façon inopinée ! L'hypothèse pourrait être aussi avancée qu'après la mort d'un compositeur, le nombre de pièces sélectionnées ne devrait plus varier : il n'en est rien, des pièces peuvent être reprises lors de commémorations (10 ans après la mort, 100 ans de la naissance) qui souvent permettent une ré-analyse, voire une vraie découverte (chaque concert est une expérience vécue qui dépend du programme, de l'ordonnancement, des interprètes, évidemment, et de façon plus inattendue, des spectatteurs collectivement et individuellement)… et puis, l'auteur dispose dans son «pipe line» de dizaines de pièces déjà pré-sélectionnées (même de compositeurs morts, et encore non analysés) dont le texte de présentation n'a tout simplement pas été finalisé, faute de temps !
Pensez-vous être objectif dans votre sélection et dans vos analyses ? L'objectivité en Art est tout simplement impossible ! (comme l'a écrit quelqu'un de célèbre).
Ce qui différencie ce site d'une page «perso» ou d'un blog émotionnel, éminemment personnels, voire nombrilistes, c'est son objet : 
«stimuler l'écoute de la Musique Contemporaine en toute pluralité». 
Avec un tel objet, à moins d'être sectaire, on ne peut pas être partial. 
D'ailleurs le large éventail de compositeurs sélectionnés montre bien que l'auteur veut faire partager sa passion de toutes les Musiques Contemporaines, sans exclusive (et sans enjeu financier). 
Reste l'écoute répétée des œuvres (qui détermine l'inclusion ou non dans notre sélection, pas le compositeur) et l'analyse des œuvres qui ne peut être que subjective (même pour les critiques musicaux ou les historiens de la Musique)… on reconnaîtra à l'auteur, à tout le moins, son honnêteté ! Et même si les enjeux de ce site Internet sont ambitieux, on acceptera la modestie revendiquée par l'auteur dans ses jugements et analyses !
Et le temps se chargera de faire le tri… en espérant qu'il ne sera ni injuste ni inconstant, comme il l'a souvent été dans le Passé.

Envoyez-nous vos nouvelles questions, par l'intermédiaire du formulaire de CONTACT !



Actualisation : 13 Novembre 2016

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