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* FAUSTO ROMITELLI (1963 - 2004), Italie

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Fausto Romitelli [1963, Italie (Gorizia, près de la frontière Slovène) - 2004, Italie (Milan), à seulement 41 ans] étudie la composition avec Franco Donatoni à l'Accademia Chigiana de Sienne et à la Scuola Civica de Milan, sa ville d'adoption ; il émigre à Paris en 1991 pour se rapprocher des compositeurs spectraux et des musiciens de l'ensemble L'Itinéraire et travaille ensuite à l'Ircam à Paris en tant que compositeur-chercheur, de 1993 à1995 ; ses pièces construites sur un déroulement et sur le psychédélique séduisent les jeunes chorégraphes, notamment Maud Le Pladec (2010, "Professor", 2013, "Poetry") ; son cancer du sang à mauvais pronostic (un lymphome leucémique) a été diagnostiqué assez tôt, ce qui lui a permis de vivre plus longtemps que l'espérance moyenne, mais avec des rechutes fréquentes (et terribles) jusqu'à l'inévitable greffe de moëlle ; l'artiste se veut un reflet «objectivé» de son (notre) monde, c'est-à-dire ultra-violent, a-normal, sanguinaire, déviant ; un personnage qui, jeune, est impatient, engagé, militant, passionné, joueur, ironique (tendrement), fidèle en amitié, mais que l'ombre de la maladie proliférante, avec ses hauts et ses bas, a pu rendre décalé, détaché, voire taciturne (on le serait à moins), toujours en sursis, tout en étant porté par le projet suivant ; aujourd'hui son aura d'hybride du spectral et des rocks (tendance récente), sa voix-langage, unique et saturée, a trouvé l'écho des compositeurs de la nouvelle génération, nés après 1990... Premières œuvres significatives : Ganimede (1986, pour alto solo), et surtout Kû (1989, pour ensemble). Instrument pratiqué : guitare (électrique), piano.Moderniste-Surexpressionniste (tendance psychédélique). Fausto Romitelli est un compositeur dont l'importance et la notoriété augmentent rapidement depuis sa mort prématurée, notamment dans la génération de musiciens et d'élèves des conservatoires née après 1980 ; outre Franco Donatoni, ses premiers grands modèles esthétiques sont György Ligeti, Giacinto Scelsi, puis Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez, mais ses choix compositionnels (et ses amitiés) relèvent surtout des fondateurs de l'école dite spectrale, notamment Gérard Grisey et Hugues Dufourt (avec une vénération, comme «indépassable modèle», pour son œuvre "Saturne"), mais aussi Christian Murail (période fusionnelle, puis granulaire, et plus tard pour son cycle «Random Access Memory») et Michael Levinas (le rythme) ; son esthétique magnifie donc l'importance du son comme «matière à forger», et en plus elle intègre la dimension suivante qui en fait un compositeur original, à la fois à part et obsédant ; en effet, toutes ses pièces sont habitées par des traits d'errances, de violences, d'hallucinations et de convulsions (de toutes sortes, sonores, rythmiques, déviantes, quasiment sous drogues), souvent soutenu par un continuo peu utilisé avant lui (piano standard ou électrifié ou modifié, ou encore synthétiseur, guitare électrique, contrebasse ou basse électrique), par un sens sur-développé de la répétition, de la démesure (psychédélisme), anticipant (et accompagnant) le mouvement des compositeurs saturateurs et autres adeptes du son dit sale ; les sons amplifiés et traités électroniquement (déformés, étirés) sont alors visuels, voulus comme un mode de transmission dramatique et sur-expressif, où il ne s'agit pas de valoriser la matière sonore (comme une carte postale), mais d'en révéler les propriétés une fois exacerbée (ou surlignée, mais sans trait grossier, ni caricature), comme une musique aux sonorités du post-rock et de la techno (déviante, distordue, paroxystique, souvent ultra-pessimiste... sans leur côté improvisation et leur pâte fusionnelle typiques, mais avec une construction solide, faussement impulsive et un vrai déroulé-scénario) ; il agit bien comme un compositeur de musique savante et écrite, avec une harmonie-timbres riche, des rythmes complexes et superposés, métamorphose des phrases, avancement par vagues, et un acte créateur différent pour chaque pièce, tout en étant davantage en phase avec la jeunesse de son époque que les compositeurs standards… Pièces emblématiques (sur un total d'une vingtaine) : au début, le langage est d'ascendance spectrale, "Sabbia del Tempo [Sables du temps]" (1991, pour 6 musiciens), "Natura Morta con Fiamme [Nature morte avec Flamme]" (1991, pour quatuor et électronique), "Golfi d'Ombra [Golfes d'Ombre]" (1993 pour percussion), ensuite, la maturation de son style a été accélérée sans doute par son engagement fort dans la subculture (typique des groupes rock alternatifs comme Sonic Youth ou techno comme Aphex Twin - The Tuss, selon des proches, et de tant d'autres), puis par la course à la survie ; notamment, depuis "Acid Dreams and Spanish Queens" (1994, pour petit ensemble amplifié avec guitare électrique), s'accumule avec quasi frénésie une série de pièces majeures, "EnTrance" (1996, pour soprano et petit ensemble avec synthé et contrebasse à 5 cordes, obsessionnelle et exubérante), "Cupio Dissolvi" (1997, pour petit ensemble, avec orgue rock et cymbales ride, dont le titre, symbolique, est une locution Latine évoquant le suicide, littéralement «J'ai le Désir de m'en Aller», noire), "Lost" (1997, pour soprano et petit ensemble, incorporant basse électrique rock, erratique), "Professor Bad Trip I, II, III" (1998-2000, pour divers instruments de chambre, associant des couleurs instrumentales acoustiques distordues, électriques ainsi que des accessoires comme le mirliton et l'harmonica, en s'inspirant des œuvres d'Henri Michaux écrites sous l'effet de drogues dans une atmosphère hallucinatoire), "Domeniche alla Periferia dell'Impero [Dimanche, à la Périphérie de l'Empire]" (1996 et 2000, en 2 mouvements indépendants, pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, une musique assourdie par le vide absurde), "Amok Koma" (2001, pour divers instruments de chambre et électronique live, stupéfiant dans tous les sens du terme), "Trash TV Trance" (2002, pour guitare électrique solo, possédée), "Dead City Radio" (2003, un dyptique orchestral incluant "Audiodrome", sa seule pièce de la maturité pour grand orchestre, non écoutée), "An Index of Metals [Un Index des Métaux]" (2003, video-opéra de chambre, pour soprano et ensemble, son œuvre-sommet ultime, et comme pour Gérard Grisey, son propre requiem inavoué).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1998Professor Bad Trip I (octuor pour claviers, cordes, bois, guitare électrique, et électronique) [35 ans]Chambre (1 flûte ou flûte basse, 1 clarinette, 1 percussion, 1 guitare électrique, 1 piano ou synthétiseur, 1 violon, 1 alto, 1 violoncelle, 1 dispositif électronique). La pièce, particulièrement originale et brillante-savante, alliance du rock et de… … suite | … plus (portrait compositeur)14xxxx+++
2001Amok Koma (9 musiciens et électronique live) [38 ans]Chambre-Electronique (9 musiciens et 1 synthétiseur-sampler, soit 1 flûte, 1 clarinette ou clarinette basse, 1 percussion, 1 piano, 1 violon, 1 alto, 1 violoncelle). Le titre de la pièce (particluièrement bien vu) est un palindrome (une figure de sty… … suite | … plus (portrait compositeur)12xxxx+++
2002Trash TV Trance (guitare électrique) [39 ans]Guitare (solo, électrique). La pièce, décapante et innovante pour un instrument négligé par la musique dite savante, est un must pour suivre la génération de jeunes compositeurs (y compris saturateurs et surexpressifs) influencés par les tendances ra… … suite | … plus (portrait compositeur)12xxx++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendelégendeNé le 1er Février 1963

M.A.J.-Actus : 2016/02/28.
Mort le 27 Juin 2004 ; de plus en plus joué depuis sa mort (et un modèle esthétique pour les plus jeunes compositeurs), notamment la série des "Professor Bad Trip" (encore au Festival Présences 2016, avec une reprise (réussie) de l'inédit "Golfi d'Ombra" (1993) pour percussion ; reprise de "TV Trash Dance" à La Chaux-de-Fonds (Suisse), en Mai 2015 ; la reprise de son pseudo-opéra requiem-testament est encore à venir ; un site Internet commémoratif par ses amis serait bienvenu (une page Facebook est disponible à : https://www.facebook.com/Fausto-Romitelli-17438603638/)

* Conseil-découverte : "Professor Bad Trip" (1998, octuor pour claviers, cordes, bois, guitare électrique, et électronique) |

* Conseil-approfondissement : "Domeniche alla Periferia dell'Impero" (2000, pour quatuor divers) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 28-Février-2016

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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