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* ELLIOTT CARTER (1908 - 2012), USA

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Elliott Carter [1908, USA (New York) - 2012, USA (New York)] (prononcer «illiott carteur») n'est pas issu d'une famille mélomane ou d'un cursus musical précoce ou normé (sa vocation relève de rencontres, d'abord, en 1924, de Charles Ives qui devient un ami, un guide et un modèle, puis de la modenité musicale Américaine, Carl Ruggles et les Européens ou Russes immigrés) ; il étudie la littérature Anglaise et la musique à Harvard, puis de 1932 à 1935, il travaille avec Nadia Boulanger à l'École Normale de Musique à Paris (à l'époque d'obédience néo-classique), notamment la composition et le contrepoint ; entre 1936 et 1940, il est critique musical (grâce à Aaron Copland), et directeur musical des ballets Caravan, puis il enseigne à St John's College dans le Maryland, avant de décider de se consacrer à la carrière de compositeur, sur les conseils de son ami Charles Ives ; son style (tardif, élaboré à plus de 40 ans, après plusieurs mois de retraite-isolement dans le désert de l'Arizona avec femme et enfant, en 1950, pour la composition de son Quatuor n°1) n'a pas de lien avec les écoles Américaines contemporaines (nationales avec Copland, minimalistes avec Reich, ou expérimentales avec Cage), mais plutôt avec la période antérieure (Charles Ives), le Jazz contemporain (Duke Ellington), et surtout l'Europe (Bela Bartók, Edgard Varèse, la synthèse du Schoenberg expressionniste et du Stravinsky rythmicien, et plus tard Pierre Boulez avec lequel il a noué une longue amitié) ; en raison de ses occupations pédagogiques (dispersées), il est peu prolifique jusqu'aux années 80 (alors un revirement se produit avec plusieurs créations par an, y compris dans les années 2000, avec une tendance vers l'épure, le multiphonique, et la transparence) ; pour l'anecdote, il faut signaler que Carter, pourtant non sériel, a été surnommé le Boulez Américain (à tort, car leurs 2 musiques ont des esthétiques très éloignées, partageant seulement un tropisme pour l'abstraction, la pureté et la poésie) et qu'il est le compositeur à la plus grande longévité de toute l'histoire de la Musique (son centenaire a été fêté le 11 Décembre 2008, en sa présence parfaitement lucide et avec des créations dont le caractère savant ne s'est pas atténué ; il a composé près de 30 pièces nouvelles après sa centième année, certaines majeures ; il est le compositeur à la plus grande longévité compositionnelle de toute l'histoire de la musique, car d'autres ont vécu aussi vieux comme Paul Le Flem, 103 ans, voire plus, Leo Ornstein, 108 ans, mais ils avaient arrêté de composer depuis longtemps). Site Internet du centenaire (en Anglais) : www.carter100.com... Premières œuvres significatives : Symphonie n°1 (1944, jazzy et apparemment improvisée, non écoutée en concert), Sonate pour piano (1946, non écoutée), Sonate pour violoncelle et piano (1948, pulsée et décalée). Instrument pratiqué : piano, hautbois.Moderniste-Polyrythmique. Elliott Carter est un compositeur majeur pour ses recherches sur la modulation dite «métrique» (il s'agit de chevauchements de tempi et de textures différents par les différents pupitres, à deux, voire multiples), qui a été initiée par Alban Berg ou Igor Stravinsky (dans "Noces"), à la suite des polyphonistes du 14ème siècle en passant par le dernier Beethoven, et qu'il a généralisée en visant une impression d'improvisation pour l'auditeur (impression amplifiée par des changements imprévus dans le discours musical) ; après quelques compositions néo-classiques ou nationales jusqu'à 1948 influencées par Nadia Boulanger ou Aaron Copland (mineures), il s'oriente progressivement vers un travail d'extension du langage portant sur les hauteurs, la texture (serrée, tendue) et le rythme (poly-rythmie) ; chacune de ses compositions, toujours savantes (au sens où l'on perçoit à l'écoute une intelligence d'écriture), témoigne d'une recherche formelle approfondie qui lui confère son caractère particulièrement expressif (caractérisé, ciselé), presque physique, éloigné de tout sentimentalisme ou d'affect, souvent ludique, et une dimension universelle (plutôt difficile d'accès) ; son langage musical (superpositions indépendantes ou hyper-contrapuntisme, constants changements dans l'imprévisibilité, le tout assumé et maîtrisé) est, d'une grande cohérence ; son esthétique est particulièrement en phase avec sa personnalité poétique, intellectuelle (précise), et d'humeur changeante ; sa musique est caractérisée par son mouvement d'avancement, par sa pulsation verticale en superposition (sans sur-usage de l'ostinato), par des flashes de couleurs brillantes, par des gestes dramatiques audacieux ou impératifs, et par des textures versatiles ; après Bartók, c'est le compositeur moderne qui a le mieux réussi dans l'exploration nouvelle du quatuor à cordes (5, au total) et il a largement exploré le domaine du concerto et de miniatures… Pièces emblématiques (sur un total de près de 150, toujours bien construites, pas toujours au plus haut de l'inspiration, certaines asséchées par le formalisme) : Quatuor n°1 (1951-1953, brillante relève des pièces de Bartók), "Variations pour Orchestre" (1955, non écoutées), Quatuor n°2 (1960, première pièce avec modulation métrique, avec une humeur différente pour chacun des 4 solistes), "Double Concerto" (1961, pour piano, clavecin et 2 orchestres de chambre), Concerto pour piano (1965), Concerto pour Orchestre (1969, non écouté en concert), Quatuor n°3 (1971, le summum de la modulation métrique, les instruments groupés deux par deux, pour un éclatement extrême de la musique), "A Mirror on which to Dwell" (1975, pour soprano et ensemble, Boulézien), "Symphonie pour Trois Orchestres" (1976, une expérience brillante et unique, à la limite du collage, avec 3 ensembles indépendants par les effectifs, les matériaux, les rythmes et les tempos), "In Sleep, in Thunder" (1981, ténor et ensemble, non écouté), "Penthodes" (1985, pour 5 quatuors mixtes), Concerto pour hautbois (1986), Concerto pour violon (1990), "Inner Song" (1992, pour hautbois solo), Concerto pour clarinette (1996, avec ensemble, brillant), "What Next?" (1999, court opéra de chambre d'après le film «Trafic» de Jacques Tati sur la non-communication, une comédie -rare- non écoutée en concert), Concerto pour violoncelle (2000, virtuose mais rêche et formel), "Three Illusions" (2005, pour orchestre), Concerto pour cor (2008, pour cor et orchestre, une ballade dans les cimes).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1961Double Concerto (clavecin, piano et 2 orchestres de chambre) [53 ans]Clavecin-Piano (spatialisés, non concertant)-Orchestre. L'œuvre, la première dans le (faux) genre concerto du compositeur, est innovante par sa mise en espace (et la sonorisation qui en découle) : les 2 ensembles sont les plus éloignés, l'un de l'aut… … suite | … plus (portrait compositeur)23xxxx+++
1965Concerto pour piano (piano et orchestre) [57 ans]Piano non concertant. Une œuvre de conception structurelle inhabituelle : le piano n'est pas vraiment concertant, il est ailleurs (son matériau, changeant, fantasque, est différent de celui de l'orchestre, plutôt monolithique, traité en masse) ; en f… … suite | … plus (portrait compositeur)24xxx+++
2007Concerto pour Cor (cor et orchestre) [99 ans]Cor et Orchestre (petit, bois par 2, 1 flûte, 2 flûtes piccolo, 2 hautbois, 1 cor Anglais, 2 clarinettes, 1 clarinette basse, 1 clarinette contrebasse, 2 bassons, 1 contrebasson, 2 trompettes, 2 trombones, 1 tuba, 3 percussionnistes, 1 piano, cordes)… … suite | … plus (portrait compositeur)12xx++++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendelégendeNé le 11 Décembre 1908

M.A.J.-Actus : 2012/11/16.
Mort le 5 Novembre 2012 ; Création de "What Are Years", le 26 Juin 2010, à Aldeburgh, par Claire Booth, soprano, l'Ensemble intercontemporain et Pierre Boulez ; célébration du centenaire de sa naissance en Décembre 2008 ; sa dernière œuvre de 2008, pour piano et petit orchestre, relève de faiblesses, bien compréhensibles vu son très grand âge ; à sa mort, juste avant son 104ème anniversaire, il est le doyen des compositeurs notoires (Paul Le Flem est mort peu après 103 ans) et il continuait à composer (ce qui est unique) ; le site Internet est particulier car réalisé par ses amis à l'occasion de son centenaire. Site Internet personnel (pas d'extraits musicaux): www.carter100.com

* Conseil-découverte : Concerto pour clarinette (1996) |

* Conseil-approfondissement : "Double Concerto" (1961, pour piano, clavecin et 2 orchestres de chambre) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 17-Mars-2013

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