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OPÉRA DE CHAMBRE

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Britten
(Benjamin)
1954The Turn of the Screw (opéra de chambre) [41 ans]Opéra chambre. Un petit bijou opératique d'après une nouvelle de Henry James, un drame sur la confiance (et l'abus de confiance), un thème très actuel (et psychanalytique), avec des motifs surréalistes (maison hantée, évènements étranges, orphelins manipulés, mort expiatoire sublimée) ; tout l'attrait du livret est à la fois dans le contraste entre l'innocence des enfants et le bien et le mal des adultes, et dans la subtile ambiguïté entre le réel et l'irréel (rêve), le tout dans une ambiance étouffante et angoissée (Hitchcock, le réalisateur de cinéma, n'est pas loin), accentuée par une musique souvent grinçante ou faussement insouciante ; chaque scène est précédée d'une variation sur le thème à 12 sons de l'écrou et l'orchestre est limité à 13 musiciens ; Extrait-Vidéo [création : 14 Septembre 1954, à La Fenice de Venise (Italie)]... de la même veine, "Curlew River", "Le Viol de Lucrèce", et "Albert Herring", les 3 autres opéras de chambre importants de Britten.108xxxxx+++.
Dallapiccola
(Luigi)
1949Il Prigioniero (opéra de chambre) [45 ans]Opéra chambre (petit orchestre, solistes, chœur d'hommes, orgue, des cuivres et un carillon en coulisse, certains instruments étant par moments amplifiés). Une vision noire d'enfer humanitaire, avec une tour géante, tour de Babel de ferrailles qui pivote sur elle-même, d'escaliers en spirale et de barreaux carcéraux ; mais le message, défini par l'espoir comme ultime torture, va au-delà de la cruauté et du cynisme (le prisonnier est à un moment pendu par les pieds) : le prisonnier est doublement pris en otage, d'abord en prison, par son geôlier qui l'appelle son frère («fratello»), lui fait croire que la guerre va finir et que la liberté se trouve enfin à portée d'évasion, puis une fois libre, par le même geôlier, devenu inquisiteur, qui le re-capture et lui offre la mort en offrande ; comme souvent, le compositeur est l'auteur du livret, inspiré d'un des «Contes cruels» de Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889), mais transformé en drame (engagé) de la condition humaine par le choix d'un simple prisonnier anéanti par la machine totalitaire et atténué de son caractère sadique (le compositeur vise la compassion fraternelle entre les hommes) ; la musique est à la fois moderniste (dodécaphonique) et (souvent) tonale, sensuelle et lyrique (influences Verdiennes et Debussystes) ; trois séries fondamentales (d'espoir et de liberté) articulent le discours musical de toute l'ouvrage : la 1ère intervient dès la Scène 1, chantée par le Prisonnier (baryton) avec le désir ardent de recouvrer la foi de son enfance par la prière, la 2ème et la 3ème s'enchaînent pour la première fois dans l'aria du Geôlier (ténor) du début de la Scène 2, annonçant au Prisonnier le soulèvement de la Flandre ; le texte poignant d'humanité est rempli de cris de souffrance, d'élans compatissants, de longs récitatifs plaintifs, prolongés par un tissu sonore riche et chaleureux, aux climats variés et contrastés (le personnage de la mère, avec son rêve en forme de ballade, la chanson des Gueux restent aussi en mémoire) ; une action ramassée, un thème tragique, profondément humain et engagé (l'espérance comme un leurre inaccessible, en réalité entrevu par le compositeur peu après la découverte des camps de la Seconde Guerre mondiale, une musique tendue, d'une intensité jamais relâchée, font de ce drame unique le chef d'œuvre du compositeur [création : concert radio-télévisé le 1er Décembre 1949, à Turin sous la direction de Hermann Scherchen, et en public, en version scénique, 20 Mai 1950, au Teatro Communale de Florence (Italie)].52xxxx+++.
Harvey
(Jonathan)
2007Wagner Dream (opéra de chambre) [68 ans]Opéra chambre (22 instrumentistes, 7 chanteurs solistes, 3 acteurs, 6 choristes et électronique live). Un livret malin (il vaudrait mieux parler de scénario ici, tant l'auteur, Jean-Claude Carrière, a baigné dans le cinéma), juxtaposant un rêve-obsession de Wagner (d'où le titre) pour son dernier opéra (réellement ébauché) et un vécu-drame, celui des dernières heures (au ralenti) de la vie réelle de Wagner à Venise (mi-comateux après un infarctus, joué par un acteur)... le premier relatant la jeunesse (amoureuse et initiatique) de Bouddha en Inde avec les chanteurs, le second avec des acteurs qui jouent, en parlant, le drame ultime, les uns inter-agissant parfois avec les autres, comme dans un monde d'en haut et un monde d'en bas ; un sujet mêlant habilement la mode-curiosité d'aujourd'hui (l'Inde, ses Dieux, ses prêtres, ses castes), les attirances de Wagner pour les femmes (son épouse vieille qui l'aime, la jeune musicienne-fan qu'il aime à la limite de l'adultère), le bien et le mal, le pouvoir et l'argent, et en parallèle en Inde, des dimensions semblables comme l'amour impossible (sauf sacrifice final), les rigidités de la religion (sans femme disciple, avec les intouchables), la métempsycose et la vie qui se répète ; une ligne chantée d'une grande diversité, avec de grandes (et difficiles) voix solistes et choristes ; un orchestre limité à une douzaine d'instrumentistes en même temps, sur-multiplié (et mis en espace) grâce à l'électronique live (comme avec un effectif 10 fois plus imposant), ce qui donne une musique somptueuse qui irise les solistes vocaux et le -petit- chœur (d'une grande pureté et plénitude), et avec des interludes (pas de prélude) purement orchestraux et une séquence apocalyptique de malédiction splendides ; la musique juxtapose le tournoiement de courts événements sonores (chaînes mélodiques), le contraste saisissant par la brutalité du réel et des passions, la musique Hindoue plus apurée (à la flûte, avec l'électronique)... et des réminiscences symboliques (un lied de Schubert en sourdine, l'accord de Tristan, des murmures façon Palestrina, etc.) ; un ouvrage reflet d'une quête spirituelle au moment de quitter la vie (avec les souvenirs et les tentations) qui mêle le mythe et l'universalité [création : 28 Avril 2007, au Grand Théâtre, Luxembourg, et 23 Juin 2007, en création Française pour Agora (avec mise en espace seulement), au Théâtre des Amandiers de Nanterre (France)].95xxxx+++.
Maderna
(Bruno)
1964Hyperion (opéra de chambre) [44 ans]Opéra chambre. Une œuvre qui, en 13 parties plutôt contemplatives (sauf la "Stele per Diotima", coupante), retrouve bien l'esprit initiatique du roman du poète fou Friedrich Hölderlin ; une grande beauté sonore avec dramatisme ; à noter, la fin marquée par des silences successifs qui font immanquablement penser au dernier Schubert [création : 6 Octobre 1964, à Venise (Italie)].83xxx+++.
Nono
(Luigi)
1960Intolleranza (opéra de chambre) [36 ans]Opéra chambre. Un opéra témoignage, de type happening (pas de siège pour les spectateurs de la première), sur la résistance à toutes les formes de fascisme, qui a beaucoup vieilli (projection de diapositives), mais qui a donné lieu à une suite de concert, créée en 1969, d'une grande émotion [création : 13 Avril 1961 à Venise (Italie)].60xxx++.
Rihm
(Wolfgang)
1979Jakob Lenz (opéra de chambre) [27 ans]Opéra chambre. Une œuvre, abrupte, sèche et quasi-inflammable, en 13 séquences, retrace l'histoire du poète Allemand Jakob Lenz (mort en 1792), sur sa démence qui inspire à Büchner une nouvelle inachevée (1835), avec une introduction enfantine (voix parlées et chantées de soprano-garçons, avec dérision) : de la montée en puissance de la folie jusqu'à la fin (où il est oublié et misérable), dans la solitude et l'oubli, à toucher le néant, comme une inexorable et redoutable aspiration ; la musique est d'une grande puissance expressive, troublante, contrastée, mélangeant les genres (y compris parlando) ; elle évoque parfaitement (avec si peu de moyens instrumentaux) cette limite clinique dans la fissure et la scission de l'Être ; une réussite à la fois musicale et théâtrale ; Extrait-Vidéo [création : 8 Mars 1979, à Hambourg (Allemagne)].75xxxx++.
Ullmann
(Viktor)
1944Der Kaiser von Atlantis (opéra de chambre) [46 ans]Opéra chambre (cabaret). Une œuvre satire d'Hitler et plus généralement une caricature cinglante de l'oppression (nombreuses allusions à la vie du camp de concentration, idée du prisonnier qui ne peut pas mourir), avec une musique grinçante, tendue et terriblement émouvante (mais plus drôle par dérision, que funèbre par anticipation) et un livret à la fois fantaisiste, surréalisme, libertaire : entre opéra de chambre (en 4 tableaux, pour 13 musiciens, seulement, mais une version agrandie a été réalisée dans les années 70 en Hollande) à numéro et pièce de cabaret, la partition (13 instruments, dont 3 claviers, piano, orgue, clavecin et un banjo, un saxophone, et un haut-parleur) s'articule autour de nombreux airs et récitatifs (avec des citations-réminiscences de Bach, Brahms, Haydn, Mahler, Suk, Dvorak) ; le style oscille entre Gustav Mahler et Kurt Weill, en passant par les rythmes Stravinskiens, la polyphonie et le Jazz d'avant guerre, avec bien sûr la patte caractéristique moderniste et originale d'Ullmann (et un art prodigieux du chant accompagné) ; l'orchestre, enfoui dans la fosse (profondeurs terrestres), souligne avec fluidité un livret qui tient à la fois du conte philosophique (qui situe l'action dans un univers de SF pour un empereur Overall confronté avec la mort qui se met en grève), du pamphlet surréaliste et du théâtre de tréteaux [fin de la partition et répétitions partielles : 13 Janvier 1944 au camp de Terezin (Autriche) ; première création publique : 16 Décembre 1975, à Amsterdam (Hollande)].55xxx++++.

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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