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SOLO - CORDES

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Bacri
(Nicolas)
1997Suite n°4 (violoncelle) [36 ans]Violoncelle-solo. Une œuvre belle et lyrique, en 5 parties, d'abord mystérieuse (pizzicati énigmatiques), puis échevelée, élégiaque, hésitante et scandée, enfin poétique (avec de beaux accords larges), avant de se terminer en points de suspension avec de nouveaux pizzicati presque allusifs [création : 16 Avril 1997, à Hokkaïdo (Japon)]... de la même veine, les 3 Suites précédentes, composées en même temps (1991-1994, opus 31).19xxx++++.
Berio
(Luciano)
1963Sequenza II (harpe solo) [38 ans]Harpe-solo. Une Sequenza parmi les plus fameuses qui se démarque de la harpe impressionniste (élégiaque, antique) pour paraître abrupte, rêche, contrastée ; une pièce novatrice et d'une grande virtuosité qui s'ouvre sur des effets de résonance, puis se poursuit interrogative (voire en spirale), et devient de plus en plus cassée, heurtée (sons frappés, coups sur l'armature). Une révolution pour l'instrument [création : 1963, à Darmstadt (Allemagne)].9xxx++.
Berio
(Luciano)
1967Sequenza VI (alto solo) [42 ans]Alto-solo. Une Sequenza parmi les plus fameuses qui est entièrement parcourue par de longs fourmillements cisaillements, très serrés, puissants, avec quelques digressions courtes, calmes et sinueuses ; extraordinaire voyage en trémolos ; à noter : la pièce a été l'objet d'une extension pour alto et neuf instruments (1967, "Chemins II"), et d'une autre extension de l'extension II, intitulée "Chemins III", pour alto, neuf instruments et petit orchestre (bois par 2), en 1973, très réussie [création de la Sequenza : 1967, à New York (USA), transcrite pour violoncelle en 1981].13xxxx++.
Berio
(Luciano)
1988Sequenza XI (guitare solo) [63 ans]Guitare-solo. Une Sequenza, unique par le choix de l'instrument soliste, qui utilise 3 types de matériaux, un dans la tradition du Flamenco, un deuxième dans la tradition classique et le troisième expérimental, avec de continuels échanges entre eux et des transcriptions qui restent reconnaissables (à noter, les grappes de notes perlées, à 2 mains en haut de la guitare, les accords à corde vibrée, l'utilisation d'un grand éventail de tessitures, inouïs jusque là, les frappes percussives insistantes sur le bois)... une réussite exceptionnelle pour cet instrument rare et une révolution mêlant jeu de luth et de quasi guitare électrique; en prolongement-extension, "Chemins V" pour guitare (amplifiée) concertante et orchestre de chambre (avec piano) qui suit bien l'exploration de la pièce solo (bien que composée 4 ans après) ; Extrait-Vidéo [création de la Sequenza : 20 Avril 1988, à Rovereto (Italie)].16xxxx++.
Boulez
(Pierre)
1992Anthèmes I et II (violon et électronique) [67 ans]Violon (seul ou informatisé). D'abord 6 minutes pour violon seul (Anthèmes I) : une méditation vertigineuse et lyrique au violon (avec exposé, trille, modulations, points de suspension, interlude-pizzicati, puis extension-arrêt sur image, en final) fondée sur un bloc sonore de 7 sons dont sont dérivés ses développements par imbrications et interruptions alternatives, ainsi que sur la permanence d'une note-pivot ; la filiation (lointaine) avec la 2ème partita de Jean-Sébastien Bach, au niveau de la réflexion, de l'épure et de la performance ; en 1997, un prolongement aérien, au souffle unique, Anthèmes II, pour violon seul et électronique en temps réel : savant et accessible, comme les derniers Boulez, en multipliant la diversité des modes d'attaque de la corde et de l'archet, caractérisant ainsi au moyen du timbre les articulations formelles d'une écriture fondée sur l'alternance de traits de virtuosité et de césures contemplatives ; l'œuvre, en 9 courtes sections, est ainsi augmentée par le biais d'une spatialisation électronique et d'un développement figuratif (la contribution de l'électronique est un remarquable éclairage de la partition, en contrepoint ou en décalé, sans facilité et sans typage temporel) ; la pièce commence par une affirmation brute répondue par des cascades descendantes, s'étend par trilles-secousses répétées avec relâchements (électroniques), entame une longue série de pizzicati (directs et indirects) comme un jeu de billes, tout à coup déformé (par l'électronique), puis évolue de façon inopiné dans un monde étrange, onirique, puis énigmatique, avec certaines notes très longues (étirées par l'électronique), d'autres courtes en grappes, dansantes, prélude à un développement de plus en plus complexe (dialogues, cascades, résonances), par alternances contrastées ; en préparation, la version (III) pour violon et petit orchestre sans électronique prévue pour le centième anniversaire de la naissance de Paul Sacher en 2006, mais retardée ; Extrait-Vidéo [créations : I, 18 Novembre 1991, à Vienne (Autriche), II, 19 Octobre 1997, à Donaueschingen (Allemagne)].21xxxx+++++.
Dutilleux
(Henri)
1976Trois Strophes sur le Nom de Sacher (violoncelle) [60 ans]Violoncelle-solo. Une œuvre acquise au répertoire de l'instrument par son dialogue entre les sons tirés et frottés dans une ambiance nocturne et par la répétition des notes S.A.C.H.E.R., selon la notation musicale Germanique; 3 courts mouvements à la dynamique progressive, intitulés "Un poco indeciso", "Andante Sostenuto", "Vivace"; à noter : les 2 dernières cordes du violoncelle sont accordées différemment de l'accord traditionnel, permettant d'étendre le registre grave de l'instrument et l'espace sonore ; à la pièce seule et isolée de la création, en hommage aux 70 ans de Paul Sacher, le mécène Suisse de la Musique Contemporaine, ont été adjointes 2 prolongements ; la 1ère strophe est allusive et mystérieuse (indécise, littéralement), puis devient dansante et élégiaque (citation), la 2ème débute sur un continuo (soutenu) assez lent, rêveur, avec des échappées virtuoses, la 3ème, est dynamique, un brin capricieuse et déclamatoire ; pour l'anecdote : à la fin de la 1ère strophe, est brièvement citée la Musique pour cordes, percussion et célesta, de Béla Bartók, commandée puis créée par Sacher en 1937 ; Extrait-Vidéo [création : 1ère strophe, 2 Mai 1976 à Zürich (Suisse), les 3 strophes, 28 avril 1982, Bâle (Suisse), par Mstislav Rostropovitch].9xxx++++.
Ligeti
(György)
1953Sonate (violoncelle) [30 ans]Violoncelle-solo. Une œuvre d'avant son engagement moderniste, élégiaque dans son premier mouvement et caractérisée d'abord par un miaulement original, comme une interjection suspendue, passionnée dans son deuxième mouvement, avec des frottements et grincements, annonciateurs de futures pièces, pour se terminer dans la méditation et le rappel des miaulements [création (pas d'exécution publique en Hongrie) : 24 Octobre 1983, à Paris (France)].11xx++++.
Nunes
(Emmanuel)
1980Einspielung II (violoncelle solo) [39 ans]Violoncelle (seul). Une pièce brillante et fascinante qui a marqué son répertoire, lequel est pourtant rempli de chefs d'œuvre ; la pièce recèle un enchevêtrement quasi permanent de plusieurs motifs qui sont rarement exposés dans leur intégralité, ce qui, à l'audition, induit un foisonnement qui paraît au début inintelligible, puis peu à peu prend consistance, transcendance, et emporte dans un maelstrom furieux ; dans les 2 premiers tiers temps, un tangage binaire est prédominant comme si le solo poursuivait une chimère sans issue (et risquée sur le plan technique), ce tangage n'est pas un chaloupement régulier (au contraire, il semble hiératique, instable, et son rythme semble imprévisible, bien qu'en fait il soit calculé pour d'abord désorienter, puis magnétiser l'écoute, et il fonctionne comme un dialogue interne, asymétrique, entre les cordes extra-graves, toujours appuyées, et les cordes aiguës, moins sollicitées) ; à cette alternance, parfois très rapide, d'un motif à un autre, s'ajoute une variation en continuum des tempi (ritardando/accelerando) ; l'analogie avec le tangage d'une barque vient immédiatement à l'esprit, mais heureusement, à la fin, la folie ne triomphe pas (la barque ne coule pas) et une relative sérénité s'établit [création : 19 Mai 1980, à Lisbonne (Portugal)]… de la même veine (conceptuelle, plutôt que musicale), "Einspielung I" (1979, pour violon solo, ou 2011, avec électronique live), avec un déroulement et un agencement plus linéaire et plus transparent, et "Einspielung III" (1981, pour alto solo), avec des enjambées harmonies et rythmiques presque dansantes, et surtout "Aura" (1991, pour flûte solo), avec une architecture complexe soutenue par des champs harmoniques fixes (comme des spectres) tout en progressant en vitesses et grains variables.13xxxx+++N
Scelsi
(Giacinto)
1964Xnoybis (violon) [59 ans]Violon-solo. Une œuvre difficile, d'une rare puissance pour le violon seul (avec scordatura : la corde de Ré est accordée au Sol supérieur, par exemple, pour 3 cordes en La sur 4, de sorte à obtenir les 4 accords Ré dièse, Si, Sol, Fa) qui, maniant ad libitum les quarts de tons, notamment dans l'aigu, est une véritable ascèse sonore et requiert, par sa tension (et ses ostinatos), beaucoup de concentration ; la complexité peut être aussi illustrée par, outre la «préparation» de l'instrument, une partition à 3 portée et par l'utilisation de 3 sourdines différentes qui étouffent le son à des degrés variés (une d'orchestre, faible, dans le premier mouvement, une de plomb, forte, dans le second, une en caoutchouc, moyenne, dans le troisième) ; une pièce unique, emblématique de la révolution du son sculpté pour mono-instrument à cordes, son originalité explosant d'emblée par une longue litanie spectrale en sur-aigus, contrastée par de courts pizzicati : un must [création : 1964, à Paris (France)].14xxxx+.
Xenakis
(Iannis)
1966Nomos Alpha (violoncelle) [44 ans]Violoncelle-solo. Une œuvre d'une grande pureté expressive, presque sauvage, à la tonalité unique par la modification de la 4ème corde (la note do), dé-tendue, donnant des sonorités de bourdons, qui contrastent avec le registre aigu de l'instrument ; la pièce utilise peu le vibrato (inhabituel), mais beaucoup les quarts de tons, les glissandi et les doubles cordes microtonales ; dès le début, la partition se révèle comme une pièce essentielle (spectaculaire et révolutionnaire) du répertoire de l'instrument par ses saccades fébriles illustrées par des glissandi, par ses foisonnements d'effets inouïs (souvent sarcastiques), par ses innovations (le désaccordage fréquent de la corde de do en boyau, en particulier d'une octave plus grave à la fin), et par ses structures mathématiques complexes, ce qui fait qu'au total la pièce marque d'une pierre blanche le répertoire de l'instrument [création : 5 Mai 1966, à Brême (Allemagne)]... de la même veine, aussi pour violoncelle seul : "Kottos" (1977).16xxx+++.

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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