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* WITOLD LUTOSLAWSKI (1913 - 1994), Pologne

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Witold Roman Lutoslawski [1913, Pologne (Varsovie) - 1994, Pologne (Varsovie), décédé à 81 ans] (prononcer «loutosouavski», le 2ème 'l' étant barré en Polonais) étudie d'abord au Conservatoire de Varsovie avec Witold Maliszewski, un ancien élève de Nikolaï Rimski-Korsakov et un conservateur notoire (1932-1936) ; les révélations vécues par le "Sacre" de Stravinsky et la 3ème Symphonie de Szymanowski déterminent ses premières orientations, mais sa première partition, la Symphonie n°1, créée avec retard après la guerre (1948), est accusée de «formalisme» et elle est interdite sous Staline ; en 1939, au moment où il s'apprête à partir étudie auprès de Nadia Boulanger en France, la guerre éclate, il est fait prisonnier mais il s'évade ; les années 45-55 correspondent à un repli pour raison financière après son mariage à une musicienne (pièces alimentaires) ; il faut attendre le début de la détente des relations internationales entre l'Est et l'Ouest (après les révoltes d'Octobre 1956) pour que son style trouve sa vraie dimension personnelle et que ses compositions, qu'il dirige lui-même, s'exportent et connaissent la notoriété et les honneurs ("Musique Funèbre", 1958) ; même s'il a bénéficié progressivement d'un statut favorable, de nombreuses pièces -mineures- d'avant 1967 sont marquées par l'allégeance au régime politique en place (d'abord selon les canons folkloristes, comme "Little Suite" en 1951, puis à partir de 1963, de la musique légère pour cabarets, sous le pseudonyme de Derwid) ; curieusement, c'est l'audition à la Radio Polonaise du "Concerto de Piano" de John Cage qui l'a poussé vers l'aléatoire à la fin des années 50 (mais sans provocation et sans jeu de hasard et à dose raisonnée) ; sa personnalité est modeste, délicate (intimiste), affable (souple) et généreuse, perfectionniste (longue gestation des grandes pièces), hors aventurisme (mais ouverte et mobile, tentée par l'expérience moderniste contrôlée), et aussi plutôt pessimiste ; sur le plan affectif, il a été choqué à l'âge de 4 ans par l'emprisonnement puis l'exécution par les Soviets (1917) de son père et de son oncle, activistes politiques réfugiés à Moscou pendant la 1ère Guerre Mondiale... Premières œuvres significatives (la plupart des pièces d'avant guerre ont été détruites lors d'un incendie à Varsovie à l'occasion de la libération de 1944): "Variations sur un Thème de Paganini" (1941, sur le 24ème Caprice, influencées par Szymanowski), Symphonie n°1 (1941-1948, néoclassique, avec folklorisme). Instruments pratiqués : piano, violon, orchestre (en tant que chef).Progressiste-National. Witold Lutoslawski est un compositeur au langage personnel et cohérent, un musicien essentiel et le plus important contemporain de Pologne ; son langage, à l'opposé de tout système, dans la continuité de la tradition, ne dédaigne pas une dimension raisonnée de modernité (clusters, quarts de ton, dodécaphonisme), voire des expériences avec l'œuvre ouverte (mais, à l'instar de Boulez, il croit seulement en l'aléatoire contrôlé) ; pour lui, le début d'une œuvre est une préparation à une expérience fondamentale (en un seul bloc) placée à la fin, avec entre les deux, une série d'épisodes, enchaînés ou non (après le milieu des années 60, sa construction stylistique est bipartite, c'est-à-dire en 2 parties contrastées, type thèse-antithèse, et, à la fin de sa vie, elle mute en chaînes avec 2 fils-thèmes et des nœuds de liaison) ; son style est marqué par la couleur (plutôt sombre), par les constants changements (caprices), par les rythmes (souvent ritualisés), selon une mélodie «expansive», à forte dominante tonale (total chromatisme), voire folklorique, avec recours limité au dodécaphonisme (et encore plus rarement sériel) ; outre ses instruments de prédilection (le piano, le violon et les bois), il a aussi beaucoup composé pour la voix (avec des poèmes Polonais ou Français dans une approche fusionnelle avec les instruments) ; le succès public aidant, ses œuvres de la dernière période après 1968, bien que touchant la plénitude de l'expérience (et un réel plaisir auditif), sont plus attendues… Pièces emblématiques (sur un catalogue de plus de 100, cohérent et régulier) : Concerto "pour Orchestre" (1950-1954, Bartokien, un tube folklorisant), "Musique Funèbre" (1958, librement sérielle, surtout chromatique, pour ensemble de cordes), "Jeux Vénitiens" (1961, pour orchestre de chambre, œuvre ouverte pour les tempi seulement), "Trois Postludes" (1963-1965, pour grand orchestre, non écoutés en concert), "Trois Poèmes d'Henri Michaux" (1963, pour chœur mixte de voix solistes et grand ensemble sans cordes, une pièce noire et violente, avec un tube au 3ème mouvement), Quatuor à cordes (1964, aléatoire, avec de furieux effets de timbres), "Paroles Tissées" (1965, pour ténor et orchestre, surexpressive, tramée, en arche), Symphonie n°2 (1967, une pièce puissante et généreuse, en 2 mouvements opposés), "Livre pour orchestre" (1968, avec un final superlatif), Concerto pour violoncelle (1970, lyrique avec nombreux quart-de-tons), "Préludes et Fugue" (1972, pour 17 cordes, contrapuntiques, une pièce ouverte avec 7 préludes et une longue fugue à 6 sections), "Les Espaces du Sommeil" (1975, pour baryton et orchestre), "Mi-parti" (1976, pour orchestre, aléatoire, non écouté en concert), Symphonie n°3 (1983, en 2 mouvements question-réponse, non écoutée en concert), "Chaînes 1, 2, 3" (1983, pour petit ensemble, 1986, pour violon et orchestre, 1986, pour orchestre, tous 3 dialogues brillants), Concerto pour piano (1988, romantique, non écouté en concert), "Interlude" (1990, pour grand ensemble, scintillant et doux), "Partita" (1990, pour violon et orchestre de chambre, éthérée), "Chantefleurs et Chantefables" (1991, pour soprano et orchestre, non écoutés en concert), Symphonie n°4 (1993, pacifiée et mystérieuse, moins essentielle).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1958Musique Funèbre (orchestre à cordes) [45 ans]Orchestre (petit ou grand ensemble, selon disponibilité, à cordes uniquement : 12 premiers violons, 12 seconds violons, 8 altos, 8 violoncelles, 6 contrebasses, voire en réduction proportionnelle, par exemple à 23 musiciens). En 4 brèves séquences ("… … suite | … plus (portrait compositeur)13xxx++++
1963Trois Poèmes d'Henri Michaux (chœur et ensemble) [50 ans]Ensemble-Voix. Une œuvre ouverte dans la continuité des "Jeux Vénitiens", surréaliste, avec un côté pittoresque (second poème, le Grand Combat) qui suit la noirceur et la violence de Michaux (le chœur joue le rôle d'une foule assemblée, de plus en pl… … suite | … plus (portrait compositeur)20xxx++++
1968Livre pour Orchestre (orchestre) [55 ans]Orchestre (petit). Une œuvre plus ambitieuse que les autres, en hommage à Bartók, avec des rapports parallèles avec la Symphonie n°2 : un livre en 4 chapitres indépendants, 3 courts et le dernier plus développé, reliés par de courts leitmotivs (le st… … suite | … plus (portrait compositeur)20xxx++++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendeNé le 25 Janvier 1913

M.A.J.-Actus : 2015/12/31.
Mort le 7 Février 1994 ; création Française de la symphonie n°4 (en-deçà), le 12 Février 2011, à Paris ; rarement joué en France, malgré l'accessibilité de sa musique aux mélomanes du grand répertoire, dommage ; musicien national en Pologne, très joué avec une discographie complète

* Conseil-découverte : Concerto "pour Orchestre" (1954) |

* Conseil-approfondissement : "Les Espaces du Sommeil" (1975, pour baryton et orchestre) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 11-Septembre-2013

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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