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CONCERTO - VIOLON

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Barber
(Samuel)
1941Concerto pour violon (violon et orchestre) [31 ans]Violon (concertant)-Orchestre. Un concentré d'épanchements, lyriquement exaltant et élégiaque, puis de rythmes, fait d'envolées, de sauts, de jaillissement, dans un langage plutôt passéiste et (post)romantique ; les 2 premiers mouvements sont très mélodieux et élégiaques, avec de beaux dialogues entre le violon et les vents de l'orchestre : le 1er, Allegro de forme sonate, d'une grande émotion (sans sentimentalité) avec un lyrisme chaleureux et étiré (le thème doux initial est lancé d'emblée par le soliste), le 2ème, Andante, est une rêverie lyrique, avec un solo initial de hautbois obsédant, repris par le violon alangui et par les tutti (avec force emportements sentimentaux) ; le brusque et tumultueux finale part bondissant et, de façon inattendue, dans la direction opposée aux mouvements précédents, avec une virtuosité telle que c'est un vrai challenge pour le soliste ; pour l'anecdote, la commande provient du père fortuné d'un jeune virtuose qui s'est plaint de la facilité technique des 2 mouvements proposés, ce qui a poussé le compositeur à en ajouter un 3ème... que le présumé prodige n'a pas pu jouer [création : 7 Février 1941, à Philadelphie (USA)]... de la même veine, le concerto pour violoncelle (1945), voire, plus progressiste (un peu), le concerto pour piano (1962)23xxx+++++.
Cavanna
(Bernard)
1999Concerto pour violon (violon et orchestre) [48 ans]Violon concertant. Une œuvre rêche et enlevée, parfois âpre et brutale, en 2 mouvements de caractères opposés, le premier tout en énergie, en puissance, le second comme une rêverie anxieuse ; pour le soliste, c'est une pièce symbole de la résistance entre un violon, désespérément énergique, sans cesse réprimé par la violence des masses orchestrales (épaisses, voire tonitruantes) avant de parvenir à imposer une note singulière ; dans le premier mouvement, la rivalité individu-soliste ou groupe-ensemble est conflictuelle et agressive (sans la brillance, de mise en valeur, traditionnelle), alors que dans le second mouvement l'expression du soliste s'offre plus d'espace, tout en étant limité dans un environnement sonore et harmonique tout aussi désespérément clos ; une autre version pour orchestre de chambre à 15 instruments [création : 23 Février 1999, Maison de Radio-France, Festival Présence, à Paris (France)].23xx+++.
Holliger
(Heinz)
1995Concerto pour violon Hommage à Louis Soutter (violon et orchestre) [56 ans]Violon Concertant-Orchestre (avec 3 autres instruments solistes, harpe, cymbalum et marimba et un petit orchestre de 45 musiciens). Un portrait dédicace bouleversant pour le peintre-graphiste Suisse de l'Art Brut, Louis Soutter (né en 1871, mort dans un quasi anonymat en 1942), également violoniste, élève de Ysaÿe et membre de l'orchestre de la Suisse Romande, auteur de milliers de dessins d'une extrême originalité (aventureux), après son enfermement (contre son gré, par sa propre famille) dans un hospice pour vieillards, de 1923 à sa mort ; le violon, traité comme un personnage qui se projette à l'intérieur de l'orchestre, avant d'être happé par lui (une métaphore de l'existence de Soutter), est entouré d'un premier cercle de 3 instruments co-solistes, puis par un orchestre structuré en groupes de timbres homogènes formant des sortes de chœurs instrumentaux ; les 4 sections sont enchaînées sans interruption et elles sont disproportionnées en terme de durée ; la 1ère section, "Deuil", est courte, élégiaque, chantante, expressive, ample et gestuelle (4 minutes), le violon dialoguant avec les solistes avec une citation transformée du thème de la Sonate pour violon solo n°3 d'Ysaÿe (référence à un tableau que Soutter a peint dans sa jeunesse qui représente sa sœur après la mort de leur père) ; la 2ème section, "Obsession", double de durée, enclenche d'emblée une véritable compulsion qui à force d'insistance devient vertigineuse, inventive et sur-expressive (jeu d'ombres, de vitesse) ; c'est une pure merveille avec des ostinatos envoûtants et obsessionnels sans fin (jusqu'au vertige) pour un violon sur-expressif et rocailleux, virtuose, et mono-maniaque, fondé sur des réitérations, des figures rythmiques irrégulières, avec en perspective le «Dies Irae» (à l'instar de la sonate n°2 d'Ysaÿe), comme une prémonition de l'apocalypse ; les 2 dernières sections sont égales en durée, chacune double de la 2ème ; la 3ème section, "Ombres", quasiment hantée au début (en référence à une toile de Soutter intitulée «Danse et Ombres»), est d'abord un adagio dans lequel la matière sonore se raréfie et où s'opposent deux types d'écriture très contrastés, avec soliloque d'éléments précédents ; les instruments à vent entonnent une sorte de choral très doux, tandis que les cordes déploient des accords et des figurations en harmoniques (puis de longues sections en trilles), et à ces textures raffinées s'opposent des figures répétitives, fortement caractérisées rythmiquement, et qui culminent dans un finale violent, figé sur des gestes obsessionnels (emballement-pause) joués fortissimo (avec une écriture brillante et originale, en tournoiements ou en rituel syncopés ou des fortes évanescences) ; à la fin, le violon solo est confronté à la seule percussion ; l'écriture en accords, les effets de clair-obscur, le caractère tragique de cette 3ème section font référence aux toiles que Soutter a peint directement avec les doigts ; la 4ème section (ajoutée en 2002) "Epilog", s'inspire d'un tableau intitulé ; elle commence comme une méditation lugubre distendue ; une virtuosité qui n'est pas seulement liée à la rapidité d'exécution et à l'exubérance du jeu, y compris dans les passages les plus frénétiques ou les plus ludiques, mais aussi (et surtout) à la qualité et au contrôle des sonorités (souvent inouïes), des articulations mélodiques et rythmiques [création : 16 Novembre 1995, à Lausanne (Suisse), 9 Novembre 2002 (extension), à Heidelberg (Allemagne)]45xxxx++N

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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