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* MILTON BABBITT (1916 - 100 ans), USA

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Milton Byron Babbitt [1916, USA (Philadelphie, Pennsylvanie) - 2011, USA (Princeton, New Jersey), décédé à 94 ans] (prononcer «babite») est issu d'une famille musicienne ; il étudie la composition sous la direction de Roger Sessions (héritage de Schoenberg), puis est diplômé de New York et Princeton, et, plus tard, il enseigne lui-même à Princeton (1959-1984, jusqu'à sa retraite professionnelle) et aussi, à partir de 1973, à la Juilliard School à New York ; sa précoce initiation (dès l'âge de 10 ans avec les 3 pièces de piano de l'opus 11) et sa rencontre plus tard (1934?), même brève, avec Arnold Schoenberg aux USA, l'ont profondément fasciné-influencé, et ont bouleversé sa vie de créateur : ainsi, il a toute sa vie composé sur le mode dodécaphonique (le 2ème Schoenberg), et il a disserté à l'infini, dans d'importants ouvrages et lors de ses cours et de ses conférences, sur le système dodécaphonique, qu'il a poussé aux extrêmes de ses possibilités (ce qui a permis une certaine intégration de cette musique dans les styles éclectiques Américains) ; à la fin des années 50, il est engagé par les studios RCA en tant que compositeur consultant pour travailler sur leur synthétiseur Mark II, et, en 1961, il produit pour la première fois "Composition for Synthesizer" ; le personnage est d'une intransigeance théorique rare (mais sans dogmatisme), en parallèle à une conviction (rationnelle), une opiniâtreté (courtoise) et une pédagogie (claire), toutes aussi rares, avec un sourire charmeur, un humour reconnu (ses bonnes blagues), un éclectisme paradoxal et surprenant (il aime le jazz et il a joué dès le collège dans des Big Bands du Mississipi de son enfance, à Jackson), et une dialectique brillante, qui ont séduit beaucoup de ses élèves ; sa dimension théoricienne est largement issue de son goût passionné pour les mathématiques (pendant la guerre, il a enseigné les maths à des opérateurs radars et sonars terrestres, et il suffit de lire une de ses partitions pour y noter partout les jeux de renversements mathématiques) ; à noter, pour l'anecdote, que certains analystes Américains (jusqu'au-boutisme national comparable à celui qui attribue les découvertes essentielles de la musique à Charles Ives?) le désigne comme l'inventeur du sérialisme intégral avec "Three Compositions for Piano" de 1947 ou "Composition for Four Instruments" de 1948 (au lieu de Boulez-Goeyvaerts-Stockhausen-Nono et les cénacles de Darmstadt, peut-être un peu plus tard, sous l'éperon de René Leibowitz et de son athématisme), alors qu'il s'agit d'extensions limitées aux durées interversées des 12 notes-sons-hauteurs de Schoenberg (de la même façon, pour certains analystes, Schoenberg n'est pas l'inventeur du dodécaphonisme, mais Joseph-Mathias Hauer ou Domenico Alaleona ou encore Nicolaï Roslavets, antérieurement) ; au-delà de ce catalogage qui l'a même gêné dans son pays, il reste l'un des leaders Américains du modernisme musical et de l'électronique et son influence a été grande sur tous les plus jeunes compositeurs, suivistes ou contradicteurs, aux USA... Première œuvre significative : "Three Compositions" (piano, 1947, dodécaphoniques). Instrument pratiqué : violon, puis clarinette et saxophone.Moderniste-Théoricien (tendance dodécaphonie). Milton Babbitt est avant tout un compositeur théoricien, c'est-à-dire que ses œuvres s'inscrivent dans un schéma démonstratif de combinatoires (mathématiques) sur des propositions préalables théoriques, et ce tout au long de sa vie (il se décrit lui-même comme «maximaliste» ayant l'abstraction comme hantise obsessionnelle) ; son influence, en tant que pionnier des sons électrifiés (amplifiés), puis synthétisés (d'abord sur le RCA Mark II), est importante sur le plan historique et elle est solidement établie aux USA (en plus de son influence de pédagogue), bien davantage qu'en Europe ; ses œuvres, d'une remarquable constance dans la fidélité au dodécaphonisme post-Schoenberg, d'abord pour instruments acoustiques, puis électriques, enfin avec sons synthétiques, restent assez difficiles d'accès ; il est aussi connu aux USA pour sa passion du jazz ("All Set", pour ensemble de jazz, en est un exemple de valeur, intégré au dodécaphonisme) et pour sa maîtrise de la musique populaire Américaine, signes de goûts éclectiques (et de compromis bien naturels face à ses propres exigences) ; il est enfin connu pour avoir introduit parmi les premiers les phonèmes -des syllabes sans sens préalable- (peu avant "Aventures" de Ligeti, mais un peu après "Anagrama" de Kagel en 1958), au lieu de textes intelligibles, dans les pièces chantées : "Sounds and Words" (1960), puis, plus accomplie, "Phonemena" (1970) ; malgré son opportunisme au niveau des outils instrumentaux, cumulatif (non séquentiel), en 3 périodes (dodécaphonisme acoustique, d'abord, puis amplification à partir de 1961, et enfin synthèse sonore avec un usage intensif du «Mark II Synthesizer», à partir de 1981... en parallèle à l'intégration de styles nationaux, jazzy, voire Pop), malgré son aventurisme expérimental, sa musique est de construction remarquablement homogène (les tricordes, les tétracordes, les hexacordes, et leurs combinaisons rétrogrades et renversées pour aboutir à 12 notes... presque trop?), et en ce sens, se situe à part : chaque pièce lui est immédiatement attribuable, reconnaissable par sa couleur (peu diversifiée, mais pas uniforme ni grise), par sa difficulté (y compris d'interprétation, une raison pour laquelle il a délaissé les instruments acoustiques et leurs interprètes humains jugés insatisfaisants), par sa flexibilité-complexité sonore (ductilité rythmique), par l'absence de répétition, par sa construction en croissance, et par la similitude avec d'autres de son catalogue, même avec un modèle instrumental distinct (d'où des critiques exagérées de manque d'inspiration) ; pour aborder ce compositeur intéressant et difficile (pas toujours), il est préférable d'écouter les pièces pour piano ou instruments solistes amplifiés (moins ambitieuses et plus jazzy et populaires)… Pièces emblématiques : Quatuor n°2 (1954, typique de son style combinatoire, sur un total de 6 quatuors), "Philomel" (1964, pour soprano, bande avec soprano enregistrée et sons synthétisés, sa pièce la plus reconnue), "Ensembles" (1964, pour synthétiseur), "Phonemena" (1970-1975, pour soprano et piano, puis synthétiseur), Quatuor n°3 (1970, difficile d'accès), "A Solo Requiem" (1976, pour soprano et 2 pianos, poétique), "Transfigured Notes" (1986-1991, pour orchestre à cordes), "Counterparts" (1992, pour quintette de cuivres), "Quintette pour clarinette" (1996, avec quatuor à cordes, sa pièce la plus accessible).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1954Quatuor n°2 (2 violons, alto, violoncelle) [38 ans]Quatuor-Cordes. Une œuvre cérébrale caractéristique du style de Babbitt, qui reste difficile d'accès mais qui tranche par son efficacité et son inspiration, notamment par un contrepoint syncopé ; au menu, combinaisons, retours, verticalité, avec une … … suite | … plus (portrait compositeur)15xxx++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendelégendelégendeNé le 10 Mai 1916

M.A.J.-Actus : 2011/09/31.
Mort le 29 Janvier 2011 ; très peu d'actualités (à notre connaissance) en France ; pas de site Internet officiel ; un professeur et un théoricien estimé ; joué en concert seulement aux USA, et encore rarement… dommage

* Conseil-découverte : "Philomel" (1964, pour soprano, bande avec soprano enregistrée et sons synthétisés) |

* Conseil-approfondissement : "Phonemena" (1970, pour soprano et synthétiseur) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 12-Septembre-2011

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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