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MUSIQUE ÉLECTRONIQUE, CONCRÈTE, ACOUSMATIQUE, SYNTHÉTIQUE PURE

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Bayle
(François)
1970Jeïta (bande) [38 ans]Electroacoustique (acousmatique). Une œuvre opulente et superbe, peignant les extraordinaires grottes de Jeïta au Liban : les sons favorisent les murmures et les éléments liquides ; au-delà de la peinture sonore, la pièce se construit par variations, par réflexions, et par des rythmes asynchrones, avec un matériau qui apparaît toujours fluide (même en cas de démarche percussive) ; une réussite à la fois savante et séduisante [création : 19 Novembre 1970, au Festival Sigma de Bordeaux (France)].56xxxx+++++.
Berio
(Luciano)
1958Thema, Omaggio a Joyce (bande) [33 ans]Electronique (pour 4 canaux sortant vers 4 haut-parleurs). La première œuvre électronique du compositeur, belle et poétique, réalisée à partir d'un extrait d'Ulysse (en anglais, de James Joyce), comprend l'incrustation de la voix de la cantatrice Cathy Berberian (son épouse) ; la pièce joue sur les extensions poétiques sonores du mot écrit, qu'il soit dit ou entendu, sans établir la prépondérance d'un des deux arts, le poétique (microstructure, chez Joyce) ou le musical (fugue canonique, tissu sonore complexe, onomatopées, éparpillement des micro-éléments, chez Berio) ; par les moyens électroniques, le compositeur multiplie les bribes-mots, décompose et recompose les énoncés continus, les déforme (jusqu'à l'abstraction totale, fouillis de gazouillis et pépiements, souffles), en les manipulant selon des critères d'organisation différents de l'écriture du texte (par essence contraint par la nécessaire signifiance), en variant les vitesses, les durées et les bandes de fréquences (les procédés paraissent vieillis aujourd'hui, comme toute la musique électronique de l'époque) ; une pièce inspirée construite en 3 parties (lecture musicalisée du texte, mixage électronique simple sur les mots et des bribes de mots encore identifiables par filtrage et réverbération, mixage électronique complexe avec des phonèmes ou des agrégats de phonèmes) [création : 1958 (sans précision), réalisée au Studio de Fonologia de la R.A.I. (Radio Audizioni Italiane) à Milan, diffusée à Naples].7xxx++.
Chowning
(John)
1977Stria (bande seule) [43 ans]Informatique (pure). Une œuvre à la fois magique et étrange au niveau de la perception (micro-organisation spectrale du son fondue dans un macro-niveau, déploiement dans l'espace et dans le temps du matériau originel, absence de réverbération), tout en restant structurée et équilibrée, dans une multitude d'instants uniques qui interagissent ; elle est entièrement basée sur des spectres non-harmoniques élaborés à partir de la synthèse FM ; les spectres non-harmoniques ne rappellent pas ceux des timbres instrumentaux, sauf peut-être à certains endroits où l'on peut entendre des sons évoquant l'orgue (particulièrement, au principal temps fort, au moment où l'écriture est plus dense, tout en restant consonante) ; une pièce superbe, la première, à la fois électroacoustique et spectrale ; Extrait-Vidéo [création : 13 Octobre 1977, au Centre Pompidou, à Paris (France)].15xxxx+++.
Harvey
(Jonathan)
1980Mortuos Plango, Vivos Voco (bande) [41 ans]Electroacoustique (sons concrets traités par ordinateur, sur 8 pistes, avec hybridation entre 2 matériaux, les cloches et la voix d'enfant). Nourri des chœurs polyphoniques des cathédrales Anglaises, l'assemblage est un mélange des voix séraphiques de choristes Anglais (enregistrement de Dominique, le fils du compositeur, qui a été choriste à la cathédrale de Winchester, de 1975 à 1980 et chante le texte du titre) et les sons de la grande cloche noire de la cathédrale de Westminster (sur laquelle est inscrite la mention du titre : «Horas avolantes numero mortuos plango : vivos ad preces voco» [Je compte les heures qui s'enfuient, je pleure les morts : j'appelle les vivants à la prière]) ; la pièce commence par un choral de la cloche avec la voix en sourdine, puis le signal est déformé, avec dispositif d'écho renforcé et s'amorce un onirisme d'une grande beauté (éthérée)... et au fur et à mesure de l'avancement, la fusion des 2 sources est de plus en plus marquée ; techniquement, le langage utilisé est spectral avec, pour les 8 sections de l'œuvre, les 8 principaux partiels les plus bas et des accords construits à partir d'un répertoire de 33 partiels et des modulations entre les différentes zones du spectre effectuées par des glissandi ; une des rares musiques entièrement électroniques (sons fixés) qui a peu vieilli au cours du temps [création : 30 Novembre 1980, au Festival de Lille (France)]... de (presque) la même veine, "Gong-Ring" (1984, pour petit ensemble avec 4 percussionnistes dont 2 bols Taïwanais, harpe, piano, célesta, 8 violons, alto, 3 violoncelles, contrebasse, et modulateur électronique en anneaux, avec effet en cercles propagatoires)9xxxx+++++N
Henry
(Pierre)
1952Le Microphone bien Tempéré (bande) [25 ans]Concrète. Une œuvre expérimentale du compositeur, en une quinzaine de séquences courtes, comme un kaléidoscope du possible avec un microphone percussif (le titre est bien sûr en hommage iconoclaste à Jean-Sébastien Bach), particulièrement réussie par son côté frénétique, jubilatoire et inventif sans longueur ni étirement cosmique (qui feront sa célébrité médiatique ultérieure, plutôt «Pop», à partir de la "Messe pour le Temps présent", en 1967). C'est souvent démonstratif et daté, mais tellement inventif, échevelé, volubile, humoristique que l'auditeur est emporté et séduit [création : 25 Mai 1952, salle de l'Ancien Conservatoire de Musique, à Paris (France)].20xxx++++.
Henry
(Pierre)
1953Le Voile d'Orphée (bande) [26 ans]Concrète. La première œuvre significative de Pierre Henry, fortement imprégnée d'une atmosphère lyrique et tragique, et aussi l'une des plus belles et des plus radicales (commencée par une première version "Orphée" en 1951), sans dérive mégalomaniaque, comme les pièces tardives : le thème de la mort est omniprésent ; c'est la première œuvre de musique électronique de caractère orchestral : Orphée provoque un scandale au Festival de Donaueschingen, lors de la création ; à l'ouverture, le voile est déchiré et la musique installe sa propre dramaturgie (dérapage des sons, destruction par l'anéantissement, folie) qui est ensuite diabolisée par les voix enregistrées (quasiment en Sprechgesang), jusqu'à un final grotesque et mécanique [création publique : 8 Avril 1954, Théâtre des Champs-Elysées, à Paris (France)].27xxx+++.
Ligeti
(György)
1958Glissandi (bande) [35 ans]Electronique. Une des premières œuvres concrètes, belle, à texture continue et de couleur romantique, même si le phénomène a considérablement vieilli, tout simplement car la technique a évolué très vite : il reste une recherche personnelle de la couleur fusionnelle, des contrastes continu-discontinu et de l'émotion auditive (l'appropriation de l'outil technologique a souvent conduit d'autres compositeurs à la sécheresse ou à l'architecture) ; pour l'anecdote, il faut savoir le travail gigantesque que représentaient, à l'époque, ces œuvres de quelques minutes : à partir de sons purs sinusoïdaux produits par oscilloscope et enregistrés séparément sur bande magnétique, les morceaux de bandes (sons individuels) sont découpés-collés dans un ordre de "composition" (lesquels collages peuvent aussi être enregistrés sur bande et découpés-collés à nouveau) pour créer une bande qui se déroule très rapidement (73 cm par seconde) faite de morceaux physiques mesurant quelquefois 1 cm (les sons résultant durent moins d'un 20ème de seconde, soit le seuil d'estompage) [création : 25 Mars 1958, à la Radio de Cologne (WDR, Allemagne), dans la série Musik der Zeit]... de la même veine, plus ambitieuse et discontinue, mais moins musicalement séduisante, "Artikulation" (1958, 4 minutes, créée en même temps), également d'intérêt historique («parlée», bien que concrète, avec une dose d'humour et davantage typée «technologique»).7x+++++.
Parmégiani
(Bernard)
1975De Natura Sonorum (bande) [48 ans]Electroacoustique. Une œuvre énigmatique, répétitive, avec un réel pouvoir d'attraction émotionnelle, mais distancé (probablement l'une des plus grandes réussite de la musique acousmatique) et un écho très marqué de sons fluides ; en 2 fois 6 mouvements dans la révision de 1990: première série, mélange de sons instrumentaux (enregistrés) et de sons électroniques (rarement de sons concrets), deuxième série, avec les sons concrets fréquents, à la place des sons dérivés des instruments ; une partition intelligente par son architecture (une sorte de Clavecin bien tempéré de la musique fixée), par son exploitation des résonances, par ses incidences au-dessus d'un continuum [création : 1ère série, 1974, Salle Wagram, à Paris (France), 2ème série, 1975, Espace Cardin, à Paris (France), par le GRM]... de la même veine (moins aboutie), "Dedans-Dehors", en 1977.53xxxx+++.
Schaeffer
(Pierre)
1950Symphonie pour un Homme Seul (bande) [40 ans]Concrète. Une œuvre popularisée à la fin des années 1960 par une chorégraphie de Maurice Béjart, mais qui est datée et a terriblement vieilli par endroits sur le plan musical (et pourrait être rangée au Musée de la Musique Concrète) ; la contribution de Pierre Henry est limitée et la patte de Schaeffer est plus affirmée, curieusement mélodique ; il reste des passages d'une réelle beauté plastique, mélodique, et des collages (music-hall, une locomotive allusive à l'étude antérieure, une grande dérision du fascisme, etc.) et des rengaines humoristiques (type BD), le tout comme un tutti frutti ludique et délabré, intellectuellement brillant ; Extrait-Vidéo, avec la vidéo de Béjart [création publique : 18 Mars 1950, École Normale de Musique, à Paris (France), 1ère radiodiffusion : 1949 à la RTF].22xx++++.
Stockhausen
(Karlheinz)
1956Gesang der Jünglinge (bande) [28 ans]Electronique. Une œuvre phare des débuts de la période électronique (titre : "Chant des Adolescents"), combinant des sons concrets (enregistrés par micros) et des sons électroniques (synthétisés par oscilloscope) ; la voix humaine (une voix d'enfant enregistrée et démultipliée, récitant un fragment biblique extrait du chapitre 3 du Livre de Daniel, un benedicite, presque méconnaissable) est mêlée à des sons électroniques de toute nature : sons sinusoïdaux purs, sans harmoniques, mais aussi bruits blancs (sons complexes dont le spectre est continu et uniforme en fonction de la fréquence), en superposant de nombreuses couches sonores en textures très travaillées, et impulsions ; le son sinusoïdal est associé aux voyelles, le son blanc (bruit de fond) est associé aux consonnes molles, les attaques et impulsions sont associées aux consonnes percutantes ; une musique enveloppante qui n'a pas vieilli (malgré ses bidouillages électroniques obsolètes, sa fragilité, sa tendresse) ; innovations : la projection spatiale de l'œuvre (des mouvements de rotation entre les 5 groupes de haut-parleurs), conditionnée par le sérialisme de l'électronique, et pour la première fois, la mise en évidence que le son est constitué de pulsations (plus les vibrations sont importantes, plus le ton est élevé) [création : 30 Mai 1956, à Cologne (Allemagne)]... de la même veine, "Telemusik" (1966) avec surtout des sons électroniques (oscilloscope), mais aussi concrets, copiant des bruits familiers (camion, train, rue, etc.) et peu de voix, dans un style plutôt processionnel, une pièce qui ré-écoutée en 2007 a pris des rides, non pas quant à son inspiration (belle et originale, nettement orientalisante, du Japon au Vietnam), mais plutôt quant à la technologie (une bien plus grande complexité et innovation sonore a été obtenue depuis, dans le même style et les scintillements répétés font science fiction), mais c'est une faiblesse incontournable de toute la musique électroacoustique, qui est figée, donc datée, et dépendante de la technologie du moment, et donc sujette à obsolescence rapide (reste la musique et l'inspiration, heureusement).13xxxx++.
Varèse
(Edgard)
1958Poème Électronique (bande) [75 ans]Electronique. Une œuvre symbole (aujourd'hui datée) du pionnier de la musique nouvelle, réalisée au Studio Philips, à Eindhoven (Hollande), après une commande de la firme à l'architecte Le Corbusier ; 7 séquences titrées : "Genèse", "Esprit et Matière", "De l'Obscurité à l'Aube", "L'Homme fit les Dieux", "Comment le Temps modèle les Civilisations", "Harmonie", "À l'Humanité tout entière" ; une sorte de bilan alpha et oméga du monde humain avec une dimension mystique, mêlant des sons concrets, avec des voix, des cloches, de l'orgue, un ensemble de free jazz (avec Charlie Mingus, Teo Macero, etc.), et des sons électroniques, à travers une série de filtres, modulateurs en anneau, distorsions, fondus et diverses manipulations de la bande magnétique telles que mises à l'envers et changements de vitesse ; à l'origine, la pièce, spatialisée, très visuelle (descriptive) est illustrée par des images et des lumières colorées et mouvantes, mais sans synchronisation (au hasard !) ; l'ensemble est assez calme, serein, cosmique avec, en contraste, des injections technologiques éparpillées (désuètes), quelques voix-mélopées ; Extrait-Vidéo [création : 2 Mai 1958, à Bruxelles (Belgique), à l'Exposition Universelle, pavillon Le Corbusier-Xenakis (diffusion sur 425 haut-parleurs et 20 groupes d'amplificateurs devant 500 spectateurs qui visionnent en outre les images projetées par Le Corbusier et filmées par Philippe Agostini), pour 16 séances par jour à raison d'une toutes les demi-heures pendant 134 jours, soit 1 Million de visiteurs].8xx+++++N

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


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