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* MAURICIO KAGEL (1931 - 2008), Argentine

 

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Mauricio Kagel [1931, Argentine (Buenos Aires, une veille de Noël) - 2008, Allemagne (Cologne), décédé à 76 ans] (prononcer «caguèl»), d'ascendance juive Germano-Russe, suit des études de musique, d'histoire de la littérature (avec notamment Borgès) et de philosophie à l'Université de Buenos Aires (échec à l'entrée du Conservatoire) et devient le conseiller artistique de l'Agrupacion Nueva Musica en 1949 ; ses intérêts divergent vite vers le théâtre, le cinéma (critique professionnel et co-fondateur de la cinémathèque en 1950) et la direction d'orchestre au Teatro Colon ; il fuit le régime post-Peróniste, à partir de 1957, en émigrant grâce à une bourse d'études Allemande ; il s'installe définitivement à Cologne où il crée et dirige, 2 ans plus tard, le Kölner Ensemble für Neue Musik, puis où il y enseigne la musicologie (dès 1969) et le théâtre musical (dès 1974) à la Hochschule für Musik (hormis une parenthèse comme professeur à Buffalo, aux USA, en 1965) ; sa personnalité, plutôt humaniste et remplie de contradictions, est caractérisée par une grande indépendance (avec une pointe de provocation assumée, réfléchie, et non gratuite), un goût pour l'inconnu (forte inventivité), pour l'excessif raisonné (au-delà du non conformisme) et pour l'humour (voire la dérision, tendance burlesque, avec de la gravité sous-jacente) ; il reste avant tout l'inventeur du «Théâtre Instrumental» dans lequel les musiciens interprètes jouent un rôle, en plus de jouer de leur instrument, pour interroger-interpeler le statut de l'instrumentiste et ses conventions, ou le statut de compositeur dans l'histoire, ou le statut de l'œuvre-création ; le personnage est fondamentalement, derrière les facéties, très sérieux et même triste, mu par la conviction construite sur l'analyse contradictoire et par l'expérience relationnelle... Première œuvre significative : "Sexteto de Cuerdas" (1958, œuvre ouverte, sextuor avec bande magnétique). Instruments pratiqués : piano, orgue, violoncelle, clarinette (sans compter des instruments bricolés ou ethniques, et...la voix par le chant).Inclassable (provocateur et parodique). Mauricio Kagel est davantage qu'un compositeur autodidacte et expérimentateur (il est aussi dramaturge et cinéaste), après une courte et très limitée influence initiale de Stockhausen (bruits, aléatoire) ; sa démarche musicale novatrice est limitée dans le temps (environ 15 ans), suivie d'une longue période éclectique tendance Néo-Romantique ; en fait son apport à la Musique Contemporaine tient davantage à la fusion qu'il a initié-inventé entre la musique elle-même et sa théâtralisation ; ses créations sont ainsi inséparables de la représentation visuelle, notamment du théâtre et du cinéma (au moins 11 pièces radiophoniques ou «Hörspiel», et 17 films) : avec "Sur Scène" (1959), il est le pionnier du théâtre instrumental (avec une dimension parodique caractéristique, voire de pastiche, et un détournement de la tradition des concerts) ; "Ludwig van" (1970) et "Match" (de ping-pong, 1966) ont été filmés et leurs valeurs cinématographiques sont incommensurables (la musique l'est moins) ; enfin, le style de Kagel est unique par son appropriation-dénaturation d'autres compositeurs (Beethoven, Schumann, Bach, Haendel, Brahms, le meilleur exemple étant "Sankt-Bach-Passion", en 1985, une «Bio» officieuse du Cantor) ou bien de modes d'expression établis (l'opéra, comme "Staatstheater", 1970) ou encore de la fonction des instruments de musique ("Acustica", pour objets domestiques, "Exotica", pour instruments ethniques, "Mare Nostrum", pour instruments Méditerranéens) ou enfin par le sabotage des conformismes (il est athée, d'origine Juive), avec humour grinçant et ravageur ou truculence, à la clé ; à partir des années 80, il s'emploie à briser de plus en plus les conventions et les habitudes auditives comme dans "Rrrrrrr...", un ensemble de 41 pièces (1980-1982) et, satyrique, il ironise sur l'absurdité de la société moderne et pousse à la réflexion ; sur le plan strictement musical (une fois le «geste» théâtral détaché), le résultat, certes inventif, inattendu, mordant et dialectique, n'est pas toujours à la hauteur des intentions et ne résiste pas toujours à l'épreuve du temps (de nombreuses pièces, comme le 3ème Quatuor à cordes, sont quasiment post-modernes, avec une «louche» d'ironie détachée) ; mais ses pièces les plus inspirées et intemporelles combinent originalité (néo-)romantique et richesse sonore, à côté de saillies trublionnes… Pièces emblématiques (sur un catalogue pléthorique de plus de 250 pièces, très inégales, mais jamais conformistes ni banales) : "Transicion I" (1958, pour bande), "Transicion II" (1959, pour piano, percussion et 2 bandes magnétiques), "Sonant" (1960, pour 4 musiciens qui jouent le plus pianissimo possible, à la limite de l'audible), "Heterophonie" (1962, œuvre ouverte pour 42 musiciens, utilisant le rituel de l'accord comme matériau sonore), "Match" (1964, pour 2 violoncelles antagonistes et une percussion arbitre : une pièce pour rire dont Kagel a tiré un film à voir), "Mirum" (1965, pour tuba solo), Quatuor à Cordes n°1 (1967, instruments «préparés» avec aiguilles à tricoter, gommes), "Phantasie" (1967, pour orgue), "Halleluiah" (1968, pour chœur de 16 chanteurs solistes), "Acustica" (1970, pour quintette et haut-parleurs, avec violon à pointes de fer), "Ludwig van" (1969, pour ensemble de chambre, un gigantesque collage-pastiche aléatoire de «bouts» de Beethoven), "Atem" (1970, pour saxophone et clarinette, en séquence, avec théâtralisation de l'instrumentiste, qui teste ses instruments, chante, rugit : un retraité vieillissant, jusqu'à rester couché), "Exotica" (1972, pour 6 musiciens et 60 instruments non Européens), "Die Erschöpfung der Welt" (1976, essai sur l'opéra, non écouté), "Klangwölfe (1979, pour violon et piano, non écouté), "Trio n°1 en 3 mouvements" (1985, pour piano, violon, violoncelle, inspiré et rétro), "Die Stücke der Windrose" (1989-1994, 8 pièces pour petit orchestre, dit «de salon»), Quatuor à Cordes n°4 (1993), et plus récemment "Kidnapping au concert" (2000, cantate dramatique, pour soli, chœur et orchestre, avec une mise en abyme théâtrale).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1962Heterophonie (petit orchestre de 42 musiciens) [31 ans]Orchestre (petit). Une des rares œuvres à dimension essentiellement musicale (sans spectacle attaché), à la fois pseudo-sérielle et aléatoire : intelligente et subtile (le titre se rapporte à une généralisation de la polyphonie avec, ici, un instrume… … suite | … plus (portrait compositeur)34xxx++
1967Quatuor à cordes n°1 (2 violons, alto, violoncelle) [36 ans]Quatuor-Cordes. Une pièce totalement à part dans le répertoire sur-encombré des cordes par quatre, confondante d'imagination (thématiques, enlacements des parties) et surtout par ses ajouts sonores hétérogènes pour «préparer» les instruments (comme l… … suite | … plus (portrait compositeur)11xxx++
1970Acustica (5 musiciens et haut-parleurs) [39 ans]Chambre (amplifié). Sources expérimentales, le terme officiel qui figure dans le titre est bien trompeur car il s'agit d'objets usuels de la vie quotidienne (par exemple, avec humour, pot de chambre, tuyau d'arrosage…) dont l'usage est détourné pour … … suite | … plus (portrait compositeur)45xxxx+++
1970Ludwig Van, Homage by Beethoven (6 musiciens) [39 ans]Chambre (et cinéma). Huit musiciens (flûte, cor, Baryton, 2 pianos, contrebasse, violoncelle, clarinette) re-découvrent à vue des séquences de partitions archi-connues de Beethoven (avec instruments transposés) collées dans un ordre et une organisati… … suite | … plus (portrait compositeur)15xx+++++
1972Exotica (6 musiciens) [41 ans]Chambre. Une pièce d'une grande originalité par les timbres et les rythmes (asynchrones), dépaysante (dans sa gestuelle théâtrale) dévolue à 6 interprètes non experts (par exemple à un saxophoniste professionnel sont confiés des percussions diverses,… … suite | … plus (portrait compositeur)50xxxx++++
1982Rrrrrrr… (géométrie variable) [51 ans]Chambre (instruments variés). Un ensemble, sous titré "A Radio Fantasy", de 41 pièces miniatures assez hétérogènes, mais regroupées en séries autonomes, pouvant être jouées séparément (5 pièces de Jazz, 8 pièces pour orgue ou accordéon, 11 pièces pou… … suite | … plus (portrait compositeur)88xxx+++++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendelégendelégendeNé le 24 Décembre 1931

M.A.J.-Actus : 2011/11/10.
Mort le 18 Septembre 2008 ; création Française posthhume de "In der Matratzengruft" (en-deçà), le 9 Novembre 2011, à la Cité de la Musique à Paris ; création de "Les Rimes Cachées", le 30 Août 2007 au Festival Beethoven de Bonn. Invité d'honneur du Festival Printemps des Arts 2007 de Monte Carlo en Avril ; très peu de concerts, hormis par 2E2M, depuis son décès ; pas de site Internet, hélas

* Conseil-découverte : "Exotica" (1972, pour 6 musiciens) |

* Conseil-approfondissement : "Heterophonie" (1962, pour petit orchestre) |

 

Actualisation de la page (hors actualités) : 21-Décembre-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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