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VOIX ET ENSEMBLE INSTRUMENTAL

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Andriessen
(Louis)
1976De Staat (voix et ensemble) [37 ans]Ensemble-Voix (bois par 4, 3 guitares dont 2 électriques, 2 pianos, 2 harpes, 4 altos, 4 voix de femmes). Le titre de la pièce (littéralement La République) est un manifeste pour un hypothétique débat sur les rapports de la musique et de la politique (le compositeur se veut engagé) ; mais, malgré les textes extraits des écrits éponymes de Platon (en transcription phonétique du Grec), ce n'est pas la dimension politique qui a marqué, mais plutôt sa dimension historique, en tant que première musique répétitive Européenne (au sens des minimalistes Américains, tels Riley, Glass, mais sans plagiat banal et avec une écriture plus complexe) ; la pièce est fondée sur des accords de quarte (les instrumentistes sont groupés par 4, ils sont parfois spatialisés, et ont même un degré de liberté dans la partition jouée) ; elle commence par un ostinato de sons cuivrés comme une intro-rengaine pour attirer l'attention, assez statique mais déjà moteur, puis le relais se fait aux cors et cuivres dans une couleur plus sombre, avant le début proprement dit des voix et des percussions, selon une déclamation douce ; elle se déroule ensuite comme le motorisme typique de la musique mimimaliste par séquences de thèmes interdépendants (certains assez jazzy, d'autres baroquisants, la plupart en fanfare) avec seulement les intruments, toujours avec un déhanchement binaire, les séquences étant parfois interrompues par un climax exclamatif aux cuivres (avec ralentissement du momentum) ; les voix ne se joignent au processus répétitif de l'ensemble instrumental que vers la moitié de la pièce, d'abord scandée (toujours plutôt binaire), puis se taisent pour la reprise du momentum instrumental précédent (interrompu parfois de la même façon avec ralentissement) ; un peu avant la fin, les voix interviennent à nouveau (déclamation dissonante) suivies par les instruments seuls, réptitifs et également sur un mode sarcastique ou ironique, jusqu'à un appel final des trompettes ; au total, une œuvre fascinante par ses voix entre-mêlées, ses rythmes Stravinskyens et ses harmonies originales qui s'est ainsi démarquée des pièces précédentes des minimalistes Américains voulues plus univoques (tout en se calquant sur leur technique motoriste) [création : 28 Novembre 1976, à Amsterdam (Hollande), par le Nederland Wind Ensemble, dirigé par Lucas Vis]... de la même veine, "De Stijl" (1985, pour 4 voix de femmes, récitante et ensemble, extrait de "De Materie") et "Tao" (1996, pour piano, 4 voix de femmes et ensemble)36xxx+++++N
Benjamin
(George)
2006Into the Little Hill (voix et ensemble) [46 ans]Ensemble (petit)-Voix (soprano, contralto, 15 musiciens, pour moitié avec instruments à cordes, pour moitié avec instruments à vents, et 1 percussion/cymballum). Un script court et resserré de Martin Crimp tient de scénario (à la veille d'une élection, en présence de son enfant endormi, un homme d'État conclut un pacte avec un étrange inconnu... réélu, il ne tient pas son engagement, et tous en subiront les conséquences) ; une cantate dramatiquement tendue, un exemple moderne du traitement de la voix (cantabile), à 2 voix et plusieurs personnages, en 2 parties (5 et 3 sections), chacune terminée par un interlude d'environ 7 minutes (chacun d'une grande beauté lunaire et extatique), avec une forme de mise en scène (minimale à la création, plutôt une mise en espace), davantage une fable ancienne transposée et un conte lyrique, plutôt qu'une approche déguisée du genre opéra ; une belle alternance de divagations-errances (curieusement avec une connotation Arabisante) et de commentaires rythmés (des vents, car la percussion n'est pas pré-éminente) [création : 22 Novembre 2006, à Paris (France)].38xxx+++N
Berio
(Luciano)
1976Coro (voix et ensemble) [51 ans]Ensemble-Voix. Un chef d'œuvre humaniste qui retrace l'épopée de l'Homme, qui mélange les langues, les folklores et les styles (Babel!) ; notamment le chœur (40 chanteurs, soit 4 voix par 10, chaque voix étant associée et, plus précisément, étant placée à proximité d'un instrumentiste à vent ou à cordes) montre une palette extraordinaire d'emplois, depuis des chansons et des polyphonies, jusqu'aux hétérophonies Africaines (une vaste anthologie de l'humanité mêlant langues, folklores et styles, sans pour autant créer une œuvre à caractère ethno-musicologique) ; les textes sont (entre autres) des poèmes d'essence populaire de Pablo Neruda [création : 24 Octobre 1976, à Donaueschingen (Allemagne)]... de la même veine, mais plus immédiats, les fameux "Folk Songs", à l'harmonie raffinée, souvent pour une seule voix accompagnée (celle de son épouse, Cathy Berberian).60xxxxx+++.
Birtwistle
(Harrison)
1979Agm (chœur, ensemble) [45 ans]Ensemble (grand)-Voix (16 voix mixtes, soit 4 soprano, 4 contralto, 4 ténor, 4 basse, et grand ensemble, bois par 2). Le titre de la pièce vient du Grec agma (fragments), pour les fragments de «Fayum» de la poétesse Grecque antique Sappho, traduits en anglais par Tony Harrison (le texte est entre autre un hommage à la poésie, avec les mots «Viens, oh ma lyre, sainte carapace de tortue, et deviens un poème») ; l'ensemble est spatialement divisé en 3 groupes (surplombés par les voix), le groupe aigu (2 flûtes standard et piccolo, 2 hautbois, 1 clarinette en si bémol, 1 cor en fa, 2 trompettes, 2 violons, alto), le groupe grave (1 clarinette basse, 1 basson, 1 contre-basson, 2 trombones, 1 tuba, 2 violoncelles, 1 contrebasse) et le groupe de ponctuation (1 piano, 2 harpes, 3 percussionnistes), ce qui crée un effet d'espacement étrange (accentué par la division constante des voix en sous-groupes) ; en un seul mouvement, la pièce est un fascinant et poignant mélange de plages immobiles et d'irruptions sonores saisissantes en blocs bruts, produisant un chaos avec des rythmes déséquilibrés (mais en fait le chaos est reconstruction) ; c'est davantage un écoulement erratique du temps qu'une procession ordonnée (malgré les ostinatos ritualisants) ; de par ses rythmes innovants (notamment l'épisode dit des 4 blocs), la pièce a acquis une aura exceptionnelle [création : 9 Avril 1979, au Théâtre de la Ville de Paris (France), par Pierre Boulez, le John Aldis Choir et l'Intercontemporain].29xxxx+++N
Boulez
(Pierre)
1970Cummings ist der Dichter (22 musiciens et chœur) [45 ans]Ensemble-Voix. Cette œuvre constitue le tournant pour Boulez (et beaucoup d'autres compositeurs liés à Darmstadt) vers une musique moins aride, plus accessible et toujours poétique, ce que ses détracteurs décriront comme des concessions ; le poème de Cummings doit non seulement être lu avant l'audition (le traitement musical le rend incompréhensible, et les rythmes de l'harmonie sont quasi-soudés à la structure syllabique du texte), mais surtout vu (structure graphique) pour apprécier sa beauté et son originalité (dislocation des phrases) ; comme toujours, la pièce a fait l'objet d'améliorations successives : dernière révision en 1986 (24 musiciens, orchestration) ; une pièce lente (voire éthérée), au cheminement quasi étiré, raffinée, avec des scintillements brefs (coups d'archets), parfois violents (urgence des voix solistes) ; après des décennies, la pièce affiche sa patine, datée mais solide, avec les longs tenus moirés par des irisations fugitives (sans micro-tonalité, malgré la mode spectrale de l'époque) et une fluidité sonore (texte-bruit-musique) subtile ; l'anecdote de son titre traîne partout : un quiproquo entre Boulez, alors peu Germanophone, et une secrétaire insistante, le ramène au laconique «Cummings, c'est le poète» ; Extrait-Vidéo [création : 25 Septembre 1970, à Stuttgart (Allemagne)].12xxx++++.
Grisey
(Gérard)
1998Quatre Chants pour Franchir le Seuil (soprano et 15 musiciens) [52 ans]Voix-Ensemble (petit). Un des pièces les plus poignantes et les plus considérables de notre temps et aussi un pseudo-testament projeté et pressenti par le compositeur mort brutalement avant la création programmée ; une méditation sur la mort que nul mélomane ne peut ignorer tant la (dé)charge émotionnelle provoquée par la litanie d'entrées dans le catalogue archéologique («n°811 et 812: presque entièrement disparus, n°814, maintenant que vous reposez pour l'éternité, n°809: détruit, n°868 et 869: presque entièrement détruits») est insondable, apocalyptique et unique dans toute l'histoire de la musique ; les 4 parties chantées (séparées par de courts interludes conçus pour maintenir la tension, juste des frottements sur une peau de tambour) traitent de la mort de l'ange, la mort de la civilisation, la mort de la voix et la mort de l'humanité, respectivement, et utilisent des textes appartenant à 4 civilisations (Chrétienne, Égyptienne, Grecque, Mésopotamienne) et ont en commun un discours fragmentaire sur l'inéluctable de la mort : des extraits des «Heures de la Nuit» de Christian Guez-Ricord, son condisciple à la Villa Médicis mort en 1988, des fragments d'un catalogue archéologique des sarcophages Égyptiens du Moyen Empire, deux vers de la poétesse Grecque, Erinna, du 6ème siècle antique, et un extrait de l'épopée de Gilgamesh ; la 1ère mort est minimaliste, calme et structurée (avec une mélopée scandée), le 2ème mort, lente et un terrible recensement-énumération (on ne peut aussi s'empêcher de penser aux camps de la mort) est diatonique et marquée de microtonalités, la 3ème mort reflète, en creux, le vide, l'écho, la voix, l'ombre des sons et le silence, la 4ème mort raconte le déluge à Gilgamesh, sauvé par les Dieux eux-mêmes tant ils furent épouvantés (fracas, bourrasque, pluie battante, ouragan, déluge, tempête, hécatombe), pour se terminer, dans la sérénité d'un épilogue, par une berceuse destinée au réveil mystique (l'aube) de l'humanité ; la formation instrumentale (8 instruments à vents/cuivre dont 2 saxophones chacun polymorphe, et 3 percussionnistes, seulement 4 cordes, soit 1 harpe, 1 violon, 1 violoncelle, 1 contrebasse) a été dictée par l'objectif d'opposer à la légèreté de la voix de soprano une masse grave, lourde, mais solennelle et colorée [création (pièce posthume) : 3 Février 1999, à Londres (Angleterre)].41xxxxx++++N
Kurtag
(György)
1981Messages de Feu Demoiselle R.V. Troussova (soprano et 13 musiciens) [55 ans]Ensemble-Voix. D'après 21 poèmes de Rimma Dalos, une pièce toute en pudeur, dense, touchante et fascinante par son univers sonore unique (souvent ésotérique, érotique) ; les parties sont courtes, voire très courtes (sur 3 vers), comme des miniatures expressives, lyriques, pour une soprano avec une tessiture exceptionnellement large (doute, amour douloureux) ; parmi les instruments de l'orchestre de chambre, le cymbalum a un rôle à part, contribuant au rythme, à la tension, au contre-temps, au contraste... une réussite de la période post-sérielle, en référence au "Pierrot Lunaire" d'Arnold Schoenberg, construit aussi sur 21 poèmes et aussi avec du Sprech Gesang (chanté parlé), mais référence historique plus qu'esthétique, Schoenberg étant marqué par l'expressif et le cabaret, Kurtag par l'allusif et l'intimisme [création : 14 Janvier 1981, Palais des Arts, à Paris].31xxxx++.
Lutoslawski
(Witold)
1963Trois Poèmes d'Henri Michaux (chœur et ensemble) [50 ans]Ensemble-Voix. Une œuvre ouverte dans la continuité des "Jeux Vénitiens", surréaliste, avec un côté pittoresque (second poème, le Grand Combat) qui suit la noirceur et la violence de Michaux (le chœur joue le rôle d'une foule assemblée, de plus en plus excitée), avec stridences, contractée par le registre grave de l'orchestre, aux couleurs percussives ; le 1er mouvement est tendu, martelé, le 2ème, scherzo, est plus mélodique, le 3ème (un tube) commence par une passacaille (à 18 variations), suivie d'une toccata explosive, pour finir par un choral subjugant [création : 9 Mai 1963, à Zaghreb (Croatie), par le compositeur à la direction]... de la même veine, "Paroles Tissées" (1965, pour voix et orchestre, sur des textes en Français de Jean-François Chabrun).20xxx++++.
Martin
(Laurent)
2010Iris (soprano et 10 musiciens) [51 ans]Ensemble (petit)-Voix (soprano, flûte, clarinette, saxophone, trombone, harpe, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse). Une pièce toute en microtonalité qui parvient à un alliage magique de la voix et des instruments, notamment la harpe et le trombone (rare) ; cela tient au fait que le compositeur s'est échappé de la contrainte habituelle du texte, d'abord en écrivant lui-même le court poème en vers libres (d'une belle poésie extatique), mais surtout en l'écrivant en même temps que la musique (voire en le corrigeant après) ; le titre fait justement allusion à l'archange de la mythologie Grecque Iris, la jeune fille messagère aimée qui n'apporte que des bonnes nouvelles aux dieux et notamment à Hera et dont l'emblème est l'arc en ciel qui la relie à la terre ; la pièce est caractérisée par ses couleurs changeantes (irisée comme l'arc en ciel) dans un spectre sonore très large (et original), grâce à l'emploi permanent des micro-intervalles par tous les instrumentistes qui jouent en quarts de tons (la harpe est réglée en scordatura pour 16 de ses 47 cordes) et par une voix de soprano qui se fond dans l'ensemble, même en cas de contrastes forts dans la tonalité, sauf pour certains mots singularisés qui ressortent, comme «herbe», «eau», «paresse», ou «voilà», ou pour des vocalises par phonèmes ; la pièce raconte une histoire et se construit : elle commence par un crescendo de mise en situation pour la voix-archange (soulignée par les instruments avec un décalage, comme un écho), une voix qui, peu après, se crispe (vocalises primitives et véhémentes) ; puis, accalmie, le puzzle se développe dans une ambiance plus contemplative (tierces douces, voix plus étirée, trilles à la clarinette) ; la pièce s'interrompt alors pour une courte ascèse (assez physique, avec un nette sensualité), avant de reprendre son cheminement, son histoire, par une progression douce, poétique, de plus en plus polyphonique et fondue, parfois commentée par des instruments singularisés (par exemple, harpe en grappes sonores) ou en duos-trios, pour finir dans la paix (hédoniste ?) [création : 6 Mai 2010, à Paris (France), avec Maja Pavlovska (soprano) et l'Ensemble 2e2m, sous la direction de Pierre Roullier]16xxx+++N
Nono
(Luigi)
1954Liebeslied (chœur mixte et ensemble) [30 ans]Ensemble-Chœur. Un chant d'amour intime (musiciens de chambre : harpe, glockenspiel, vibraphone, timbales et 5 cymbales suspendues) pour Nono à l'occasion de ses fiançailles avec la fille de Schoenberg, plutôt contemplatif, cérébral et recueilli, pas du tout passionné ou exalté ; sur le plan musical, les mots (26 au total) sont associés à un motif de 5 notes qui subissent diverses transformations, puis sur une sixième note (pour singulariser "Dich", Toi en Allemand) dans la première section, et de 6 autres notes dans la seconde section (pour former les 12 sons de la série) ; un bijou et une grande réussite de la Musique Sérielle [création : 16 Avril 1954, à Londres (Angleterre)].5xxx++.
Pécou
(Thierry)
2003Symphonie du Jaguar (percussions métalliques, voix et cordes) [38 ans]Ensemble-Voix. Un petit bijou de combinaisons de sons métalliques inattendus, avec échanges d'énergie cosmique entre un groupe de solistes (voix et petit ensemble) et un orchestre à cordes, luxuriant et jubilatoire : une grande réussite, prometteuse ; le programme est motivé par la culture et l'histoire Amérindiennes (les Mayas, pour qui le Jaguar est associé au soleil pendant son trajet nocturne dans les entrailles de la terre, à l'infra-monde), mais la musique n'a pas de côté pittoresque (c'est de la musique pure) ; en 4 parties distinctes : d'abord, le chœur (texte Maya), avec des bruissements (vie jaillissante, onomatopées d'animaux -méconnaissables), ensuite, instrumental (avec quelques interventions du chœur, au texte également Maya), puis une fête (rituels, danses orgiaques, sacrifice, énergie), enfin, bouclage du cycle, mixte, plus mystique ; à juste titre acclamée, lors de la première audition ; note : une autre pièce au titre un peu différent "Brèves du Jaguar" (pour 5 voix de femmes, clarinette, trombone, violon, violoncelle), conçue en même temps, correspond aux insertions vocales (interludes) de la "Symphonie" [création : 12 Février 2003, Festival Présences, à Paris (France)].20xxxx+++++.
Reich
(Steve)
1976Music for 18 Musicians (ensemble avec chœur) [40 ans]Ensemble-Voix. L'œuvre-phare à la fois symbolique et ambitieuse du Minimalisme à son apogée : son écoute reste actuelle, empreinte d'une charge émotionnelle et d'une immédiateté incomparables (pour petit ensemble instrumental, sans cuivre, et avec petit chœur : 4 voix féminines amplifiées, 1 violon, 1 violoncelle, 4 pianos, 2 clarinettes ou clarinettes basses, 2 xylophones, 1 vibraphone ou métallophone, 3 marimbas et maracas) ; le nombre de musiciens n'est pas figé et peut varier légèrement par doublement de certaines parties ou spécificités du concert (jusqu'à 22 instrumentistes) ; la durée varie également (de 35 jusqu'à plus de 60 minutes) ; la pièce comprend 14 parties (2 mouvements pulsatifs sur un cycle de 11 accords, en début et fin, et 12 sections les modulant) ; au démarrage, le tempo et la pulsation sont donnés par les xylophones, puis les autres pupitres prennent le relais ; une musique irrésistible et captivante, plutôt tendue, en boucles rythmiques répétées, d'une pulsation irrésistible (qui semble imperturbable et immuable mais qui en réalité se renouvelle sans cesse par petites touches) jusqu'à l'hypnose, avec un mimétisme certain (source d'inspiration!) avec le gamelan Balinais (les transitions sont assurées par un appel sur une seule note et son octave, toutes deux jouées au vibraphone, une technique empruntée par le compositeur aux joueurs de gamelan, structurant ainsi l'ensemble de la pièce) ; Extrait-Vidéo ; la pièce a été chorégraphiée par Anna Teresa De Keersmaeker sous le titre de "Rain", un ballet créé en 2001 [création : 24 Avril 1976, à New York (USA)].55xxx+++++.
Sciarrino
(Salvatore)
1998Infinito Nero, Estasi di un Atto (mezzo-soprano et ensemble) [51 ans]Ensemble-Voix. Une œuvre étrange où les silences et les transes occupent une place de choix ; au début, l'écart entre deux événements sonores réguliers (coups de langue à la flûte et à la clarinette) et un troisième élément constamment déphasé (coups de langue au hautbois) crée une sorte de «clinamen» acoustique qui nous fait entrer lentement dans l'univers halluciné d'extases mystiques de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi ; l'insertion d'une reprise d'une comptine, vers la fin, souligne le passage vers la véritable extase de la Sainte lorsqu'elle régresse au stade de l'enfance, à l'état de pureté parfaite ; sur le plan formel, le glissement microtonal à l'intérieur d'un intervalle de demi-ton ou de ton est une figure souvent utilisée pour exprimer les délires ; une pièce difficile, desséchée, et vertigineuse à la fois [création : 25 Avril 1998, au Festival de Witten (Allemagne)].30xxxx++.
Stockhausen
(Karlheinz)
1962Momente (soprano solo, 4 chœurs et 13 musiciens) [34 ans]Ensemble-Voix. Avec frappe de pieds et de mains (des applaudissements rythmés, plagiés et schématisés à partir du rituel des auditeurs de la salle de concert), avec déclamation, chant, parler-chanter, soulignés par les instruments, cette œuvre (une première version en 1962, une deuxième en 1965, jusqu'à la pré-finale dite "Europa", créée en 1971, et la version finale -non écoutée en concert- de 1998) est prenante, fascinante, et d'un intérêt toujours renouvelé par sa grande variété, malgré sa longueur ; c'est toujours un succès public, et la première, dans sa version en partie dès 1962, a inauguré une nouveau style : la forme instantanée (d'où son nom, «Moment Form»), une musique de l'instant (mais pas une improvisation) ; 3 cycles de 7 moments pour une œuvre chantée et ouverte, avec plusieurs types de mélodie (un ensemble très complet : rires, bourdonnements zen, cris, hululements, mélopées, etc.) [création : 21 Mai 1962, à Cologne (Allemagne)].113xxx+++.
Vivier
(Claude)
1980Lonely Child (ensemble et voix) [32 ans]Ensemble-Voix. Une belle œuvre, assez rituelle (ponctuée par des frappes fortissimo de percussions), avec une partie de soprano intégrée fascinante et un quasi-chœur (homophonique) soprano-ensemble introductif (usage de mots inventés pour accentuer l'exubérance sensuelle) ; sur le thème de l'enfant orphelin : la solitude, l'attachement à la Mère, l'ivresse joyeuse de l'illumination, la magie féerique, la nostalgie de l'enfance et le désir de fusion avec le cosmos ; la fin, au bout du cheminement initiatique, reprend la mélodie initiale, transformée et magnifiée... une œuvre inspirée, aux couleurs de timbres uniques (plutôt grave), marquée par une mélancolie romantique, abandonnée et dramatique et une étude approfondie des timbres ; Extrait-Vidéo ; ou bien avec partition, Extrait-Vidéo [création : 1980, à Vancouver (Canada), par Marie-Danielle Parent].19xxxx+++.

 



Actualisation : 09-Octobre-2017


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2017 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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