Concerts… ajout bienvenu [mail en bas de page], si musique après 1941 et > 80%, même format de données, avec date, lieu, heure, programme abrégé, lien, '*' si création et '0€' si gratuit, max. 180 caractères 

Orchestre-Grand-Instrumental | Orchestre-Grand-Voix | Orchestre-Petit-Instrumental | Orchestre-Petit-Voix | Orchestre-Instrumental-Electronique | Orchestre-Voix-Électronique | Concerto-Piano | Concerto-Violon | Concerto-Alto | Concerto-Violoncelle | Concerto-Double-Plus | Concerto-Flûte | Concerto-Clarinette | Concerto-Autres-Bois-Vents | Concerto-Percussions | Concerto-Divers | Ensemble-Instrumental | Ensemble-Voix | Ensemble-Électronique | Ensemble-Voix-Électronique | Électro-Pure-Tous-Types | Chambre-Avec-Electronique | Chambre-Cordes-Quatuor | Chambre-Cordes-Quintet-Plus | Chambre-Divers | Chambre-Duos-Trios | Solo-Piano-Claviers | Solo-Cordes | Solo-Flûte | Solo-Clarinette | Solo-Vents-Bois | Solo-Autres | Voix-Solistes-Seules-Ou-Accompagnement | Voix-Solistes-Chambre | Voix-Choral-Seules-Ou-Chambre | Opera-Chambre | Opera-Theâtre |

 

OPÉRA DE CHAMBRE

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Britten
(Benjamin)
1954The Turn of the Screw (opéra de chambre) [41 ans]Opéra chambre. Un petit bijou opératique d'après une nouvelle de Henry James, un drame sur la confiance (et l'abus de confiance), un thème très actuel (et psychanalytique), avec des motifs surréalistes (maison hantée, évènements étranges, orphelins manipulés, mort expiatoire sublimée) ; tout l'attrait du livret est à la fois dans le contraste entre l'innocence des enfants et le bien et le mal des adultes, et dans la subtile ambiguïté entre le réel et l'irréel (rêve), le tout dans une ambiance étouffante et angoissée (Hitchcock, le réalisateur de cinéma, n'est pas loin), accentuée par une musique souvent grinçante ou faussement insouciante ; chaque scène est précédée d'une variation sur le thème à 12 sons de l'écrou et l'orchestre est limité à 13 musiciens ; Extrait-Vidéo [création : 14 Septembre 1954, à La Fenice de Venise (Italie)]... de la même veine, "Curlew River", "Le Viol de Lucrèce", et "Albert Herring", les 3 autres opéras de chambre importants de Britten.108xxxxx+++.
Dallapiccola
(Luigi)
1949Il Prigioniero (opéra de chambre) [45 ans]Opéra chambre (petit orchestre, solistes, chœur d'hommes, orgue, des cuivres et un carillon en coulisse, certains instruments étant par moments amplifiés). Une vision noire d'enfer humanitaire, avec une tour géante, tour de Babel de ferrailles qui pivote sur elle-même, d'escaliers en spirale et de barreaux carcéraux ; mais le message, défini par l'espoir comme ultime torture, va au-delà de la cruauté et du cynisme (le prisonnier est à un moment pendu par les pieds) : le prisonnier est doublement pris en otage, d'abord en prison, par son geôlier qui l'appelle son frère («fratello»), lui fait croire que la guerre va finir et que la liberté se trouve enfin à portée d'évasion, puis une fois libre, par le même geôlier, devenu inquisiteur, qui le re-capture et lui offre la mort en offrande ; comme souvent, le compositeur est l'auteur du livret, inspiré d'un des «Contes cruels» de Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889), mais transformé en drame (engagé) de la condition humaine par le choix d'un simple prisonnier anéanti par la machine totalitaire et atténué de son caractère sadique (le compositeur vise la compassion fraternelle entre les hommes) ; la musique est à la fois moderniste (dodécaphonique) et (souvent) tonale, sensuelle et lyrique (influences Verdiennes et Debussystes) ; trois séries fondamentales (d'espoir et de liberté) articulent le discours musical de toute l'ouvrage : la 1ère intervient dès la Scène 1, chantée par le Prisonnier (baryton) avec le désir ardent de recouvrer la foi de son enfance par la prière, la 2ème et la 3ème s'enchaînent pour la première fois dans l'aria du Geôlier (ténor) du début de la Scène 2, annonçant au Prisonnier le soulèvement de la Flandre ; le texte poignant d'humanité est rempli de cris de souffrance, d'élans compatissants, de longs récitatifs plaintifs, prolongés par un tissu sonore riche et chaleureux, aux climats variés et contrastés (le personnage de la mère, avec son rêve en forme de ballade, la chanson des Gueux restent aussi en mémoire) ; une action ramassée, un thème tragique, profondément humain et engagé (l'espérance comme un leurre inaccessible, en réalité entrevu par le compositeur peu après la découverte des camps de la Seconde Guerre mondiale, une musique tendue, d'une intensité jamais relâchée, font de ce drame unique le chef d'œuvre du compositeur ; Extrait-Vidéo [création : concert radio-télévisé le 1er Décembre 1949, à Turin sous la direction de Hermann Scherchen, et en public, en version scénique, 20 Mai 1950, au Teatro Communale de Florence (Italie)].52xxxx+++.
Dillon
(James)
2004Philomela (théâtre musical) [54 ans]Théâtre Musical (pseudo-opéra, tragédie intériorisée, en 5 actes, pour soprano, mezzo-soprano, baryton-basse, flûte ou flûte piccolo, ou flûte alto, ou nflûte basse, hautbois ou cor Anglais, 2 clarinettes y compris 1 clarinette basse, saxophone alto, basson ou contrebasson, cor, trompette, trombone, tuba, percussionniste, harpe, accordéon, piano ou célesta), 2 violons, alto, violoncelle, contrebasse). Le mythe de Philomèle, d'après le chant éploré du rossignol, est propice à une mise en musique tout en exigeant, par son thème central de la suppression de la parole, un traitement particulier de la voix ; Térée, roi de Thrace, épouse Procné, puis après plusieurs années de mariage, Procné, souhaitant revoir sa sœur Philomèle, demande à son mari d'aller la chercher à Athènes, le roi, ébloui par la beauté de Philomène, abuse d'elle sur le chemin du retour, et lui coupe ensuite la langue pour l'empêcher de dévoiler la vérité et la déclare morte à sa sœur ; Philomèle parvient pourtant à communiquer avec sa sœur en tissant une toile qui révèle son histoire, Procné se venge alors en tuant son fils, Itys, et fait manger la chair au roi ; lorsque sa femme lui révèle la vérité, le roi veut tuer les 2 sœurs, mais les dieux transforment tous les protagonistes en oiseaux ; le texte que tire le compositeur (il est son propre librettiste), particulièrement violent et grotesque, renonce à la représentation au premier degré, émiette l'action, et dilate le temps ; phrases interrompues, absence de dialogues, enchaînements de mots sans structure, éclatement incohérent du texte, brusques éclats de voix détachées et superposées sont uniques dans les annales du livret ; dominée par de longues plages instrumentales, la voix, plus proche de la déclamation voire du parlando, n'apparaît que comme un complément narratif, détachée (même si instruments et voix s'enveloppent mutuellement), sans duo, ni acte de bravoure vocale ; la longue ouverture (8 miniutes), avec un rôle marquant pour le piano, est une polyphonie et l'un des sommets du style de la complexité (même si la dite complexité n'est pas évidente à l'écoute, plutôt naturelle) ; on retient le remarquable travail harmonique, l'évanescence des combinaisons instrumentales, la lenteur et la douceur ui soulignent le rêve, la texture éthérée, les suspensions sans suite, la musique qui conduit l'action (pas les voix), et les points d'ancrages inattendus ; le traitement de l'accordéon, en quasi basse continue, est innovant ; la harpe joue sur le bas du spectre ; le sacrifice d'Itys (dernier acte) est un rituel extraordinaire (égrenage du piano) ; au total une musique procurant une étonnante fascination dans la modernité ; Extrait-Vidéo (à suivre) [création : 18 Septembre 2004, à Porto (Portugal)]100xxxxx+++N
Filidei
(Francesco)
2015Giordano Bruno (opéra) [42 ans]Opéra-théâtre (16 chanteurs, baryton, ténor, basse, contre-ténor, petit choeur à 12, petit orchestre avec 17 musiciens, effets vidéos). Le livret, méthodique, en 2 parties et 12 scènes comme 12 tableaux d'un retable, est consacré à Giordano Bruno, philosophe hérétique et voyageur visionnaire, dont l'œuvre développe les théories Coperniciennes, imagine un univers infini, parie sur la transformation de la matière ; adepte de la magie, tenant des propos volontiers blasphématoires, le personnage, charismatique , est à la fois complexe et extraordinairement libre, philosophe incontrôlable, jouisseur et contradicteur insupportable (pour l'Eglise) ; frère dominicain excommunié, apostat persécuté par l'ordre religieux, il devient à travers les siècles symbole de liberté d'opinion, de l'anticléricalisme et de la pensée contestataire ; le pape Clément VIII ayant refusé sa grâce, il est condamné au bûcher par l'Inquisition Romaine, au terme d'un procès de plus de 7 ans, et exécuté le 17 février 1600, à Rome ; la mise en scène fait alterner des scènes d'actions linéaires (le procès) avec des scènes de réflexion philosophique, existentielle, humanistes ; la musique enveloppant les voix est comme un écrin est curieusement assez sensuelle, usant des 12 sons de la gamme chromatique (à partir du fa#) pour matérialiser l'écriture musicale de chaque scène et cerner très clairement les directions qui s'opposent, du fa# au si aigu pour les scènes philosophiques, du fa# au do# grave pour la marche au supplice ; Extrait-Vidéo [création : 12 Décembre 2015, Porto (Portugal)]91xxxx+++++N
Harvey
(Jonathan)
2007Wagner Dream (opéra de chambre) [68 ans]Opéra chambre (22 instrumentistes, 7 chanteurs solistes, 3 acteurs, 6 choristes et électronique live). Un livret malin (il vaudrait mieux parler de scénario ici, tant l'auteur, Jean-Claude Carrière, a baigné dans le cinéma), juxtaposant un rêve-obsession de Wagner (d'où le titre) pour son dernier opéra (réellement ébauché) et un vécu-drame, celui des dernières heures (au ralenti) de la vie réelle de Wagner à Venise (mi-comateux après un infarctus, joué par un acteur)... le premier relatant la jeunesse (amoureuse et initiatique) de Bouddha en Inde avec les chanteurs, le second avec des acteurs qui jouent, en parlant, le drame ultime, les uns inter-agissant parfois avec les autres, comme dans un monde d'en haut et un monde d'en bas ; un sujet mêlant habilement la mode-curiosité d'aujourd'hui (l'Inde, ses Dieux, ses prêtres, ses castes), les attirances de Wagner pour les femmes (son épouse vieille qui l'aime, la jeune musicienne-fan qu'il aime à la limite de l'adultère), le bien et le mal, le pouvoir et l'argent, et en parallèle en Inde, des dimensions semblables comme l'amour impossible (sauf sacrifice final), les rigidités de la religion (sans femme disciple, avec les intouchables), la métempsycose et la vie qui se répète ; une ligne chantée d'une grande diversité, avec de grandes (et difficiles) voix solistes et choristes ; un orchestre limité à une douzaine d'instrumentistes en même temps, sur-multiplié (et mis en espace) grâce à l'électronique live (comme avec un effectif 10 fois plus imposant), ce qui donne une musique somptueuse qui irise les solistes vocaux et le -petit- chœur (d'une grande pureté et plénitude), et avec des interludes (pas de prélude) purement orchestraux et une séquence apocalyptique de malédiction splendides ; la musique juxtapose le tournoiement de courts événements sonores (chaînes mélodiques), le contraste saisissant par la brutalité du réel et des passions, la musique Hindoue plus apurée (à la flûte, avec l'électronique)... et des réminiscences symboliques (un lied de Schubert en sourdine, l'accord de Tristan, des murmures façon Palestrina, etc.) ; un ouvrage reflet d'une quête spirituelle au moment de quitter la vie (avec les souvenirs et les tentations) qui mêle le mythe et l'universalité ; Extrait-Vidéo [création : 28 Avril 2007, au Grand Théâtre, Luxembourg, et 23 Juin 2007, en création Française pour Agora (avec mise en espace seulement), au Théâtre des Amandiers de Nanterre (France)].95xxxx+++.
Huber
(Klaus)
2006Miserere hominibus (voix et ensemble) [82 ans]Voix-Chambre (2 sopranos, 1 mezzo-soprano, 1 contre-ténor, 2 ténors, 1 basse, et 1 flûte ou 1 flûte alto, 1 flûte basse, 1 clarinette ou 1 clarinette basse, 1 théorbe (ou 1 guitare en tiers de tons, 1 harpe, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Une pièce à l'effectif symbolique, 7 voix solistes et 7 instruments, écrite au nom des opprimés, et associant des textes, soit religieux (Catholique, du Vendredi Saint), le Psaume 52 ou l'Agnus Dei, soit laïcs et critiques, d'Octavio Paz (El canto roto), Mahmoud Darwisch (Murale), Carl Amery (Global Exit (Die Kirchen und der totale Markt) ; c'est quasiment un oratorio à vocation politique qui condamne la croyance aveugle en la croissance économique et un certain capitalisme ; comme toujours, le compositeur affectionne la gravité et la pudeur, la ferveur collective, les tons doux, mais déterminés, ce qui donne à cette imploration, à cette supplique, une force sans égale et crédibilité (espérons à terme pas trop lointaine), avec honnêteté et engagement envers des idéaux humanitaires ; la musique est, bien sûr, souvent microtonale (sonorités Arabes) et en plus elle utilise les entrelacements complexes des voix et des instruments basées sur la polyphonie des 15ème et 16ème siècles ; l'ensemble est globalement introverti, humble, mais avec quelques éruptions effroyables pour un appel à Dieu, mais aussi à plus d'humanité ; hélas, aucun extrait vidéo à ce jour [création : 26 Août 2006, à Lucerne (Suisse)]50xxx+++N
Levinas
(Michaël)
2004La Métamorphose (opéra) [55 ans]Opéra-Chambre (en 1 prologue et 1 acte, avec voix solistes, 1 contre-ténor ou ou falsettiste principal, 2 mezzo-sopranos, 1 soprano, 3 baryton-basses, 1 baryton, chœur mixte, ensemble, et électronique en direct). Un spectacle marquant, devenu incontournable, d'après la nouvelle éponyme, publiée en 1915, du Tchèque Franz Kafka (1883-1924) ; comme pour "Les Nègres", l'opéra précédent du compositeur, il n'y a pas d'action proprement dite, mais une lente agonie, un calvaire vécu par Gregor (l'omniprésent contre-ténor), métamorphosé en l'espace d'une nuit en insecte cancrelat, monstrueux et difforme, et qui, du jour au lendemain, est rejeté, voire exclu de sa famille (parents et soeur) ; heureusement, la mort surprise de l'insecte achève un récit qui s'étire comme une longue plainte ; la musique, encore plus polyrythmique que pour "Les Nègres", est ici complètement baignée par l'électronique qui procure une orchestration sompteuse ; le traitement des voix (réelles ou via l'électronique) est magique, notamment le contre-ténor et la soprano ; comme souvent dans l'opéra contemporain, la création est moins intéressante que les représentations ultérieures (ici, reprise à Paris par le Balcon de Maxime Pascal, avec une meilleure tension dramatique et une mise en scène stupéfiante de Louis-Ferdinand Nieto, toute en focalisation vidéo sur les personnages avec caméra stylo) ; un prologue, écrit sur un texte original de Valère Novarina, intitulé "Je, Tu, Il", apporte gouaille et rose bonbon chez 3 filles-fleurs, avant de plonger dans le huit-clos suffocant de l'opéra lui-même et c'est une idée originale, divertissante, et cohérente (c'est une métamorphose inversée, se basant sur les travaux de Darwin dans laquelle on ne vient pas de l'animal, mais on y va) ; la musique, polyphonique, via les voix, instruments et sons, réels ou artificielsc glissent et tournoient pour créer un vertige (avec certains collages, par exemple de "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel…), la tension n'est pas toujours continue, mais un climat unique, ornirique, envoûtante, presque macabre, se crée ; à savoir : le compositeur a écouté certaines critiques de son opéra précédent "Les Nègres" en soignant la prosodie et l'intelligibilité du texte (et en retouchant à la marge sa partition, à Paris) ; Extrait-Vidéo. La Métamorphose (2011) opéra d'après Kafka, pour voix solistes, chœur et ensemble œuvre électronique, Ircam œuvre scénique Informations générales Date de composition : 2011 Durée : 2 h Éditeur : Lemoine, Paris, nº 28913 Commande: Opéra de Lille et Ministère de la Culture et de la Communication Livret (détail, auteur) : adaptation du texte de La Métamorphose (Die Verwandlung) de Franz Kafka (1915) par Emmanuel Moses, Benoît Meudic et Michaël Levinas. Genre Musique vocale et instrument(s) [Voix soliste(s), chœur et ensemble de 10 à 25 instruments] [création: 7 Mars 2011 à Lille (France), par l'ensemble Ictus, direction : Georges-Elie Octors]. 120xxxxx++++N
Maderna
(Bruno)
1964Hyperion (opéra de chambre) [44 ans]Opéra chambre. Une œuvre qui, en 13 parties plutôt contemplatives (sauf la "Stele per Diotima", coupante), retrouve bien l'esprit initiatique du roman du poète fou Friedrich Hölderlin ; une grande beauté sonore avec dramatisme ; à noter, la fin marquée par des silences successifs qui font immanquablement penser au dernier Schubert ; Extrait-Vidéo [création : 6 Octobre 1964, à Venise (Italie)].83xxx+++.
Nono
(Luigi)
1960Intolleranza (opéra de chambre) [36 ans]Opéra chambre. Un opéra témoignage, de type happening (pas de siège pour les spectateurs de la première), sur la résistance à toutes les formes de fascisme, qui a beaucoup vieilli (projection de diapositives), mais qui a donné lieu à une suite de concert, créée en 1969, d'une grande émotion ; Extrait-Vidéo [création : 13 Avril 1961 à Venise (Italie)].60xxx++.
Partch
(Harry)
1969Delusion of the Fury (théâtre musical) [68 ans]Ensemble-Voix (grand ensemble d'intruments originaux et petits instruments à main, avec acteurs, mimes, chœurs, danseurs). Le titre, "Delusion of the Fury : a Ritual of Dream and Delusion", en Français, Illusion de la Fureur - Rituel du Rêve et de l'Illusion, illustre un drame en 2 actes contrastés, un conte biblique, sur un texte du compositeur) ; Il y a 14 sections, 1. "Exordium: The Beginning Of a Web" (11 minutes), 2. "Chorus of Shadows" (5 minutes), 3. "The Pilgrimage" (4 minutes), 4. "Emergence of the Spirit" (4 minutes), 5. "A Son in Search of His Father's Face" (6 minutes), 6. "Cry From Another Darkness" (5 minutes), 7. "Pray For Me" (3 minutes), 8. "Sanctus: An Entr'acte" (6 minutes), 9. "The Quiet Hobo Meal" (3 minutes), 10. "The Lost Kid" (3 minutes), 11. "Time of Fun Together" (8 minutes), 12. "The Misunderstanding" (6 minutes), 13. "Arrest, Trial, and Judgement (Joy in the Marketplace)" (5 minutes), 14. "Pray For Me Again- A Strange Fear!" (4 minutes) ; l'acte 1 drepose sur le drame Japonais Nô Atsumori, relatant l'histoire d'un guerrier tué au combat, son meutrier se rend avec remords sur les lieux du meurtre, pour se repentir, le guerrier mort réapparaît comme un fantôme pour l'homme, puis son fils entre, cherchant à croire qu'il pourrait voir une vision de son père décédé, le père fantôme est plein de ressentiment et revit à travers l'épreuve de la bataille de sa mort, enfin, face à l'inutilité de sa colère, il cherche à se réconcilier avec son fils et le tueur ; l'acte 2 est basé sur un conte populaire éthiopien, "Justice", relatant l'histoire d'un jeune homme qui prépare un repas au coin du feu quand une vieille femme-chevrier s'approche, à la recherche d'un chevreau perdu, demande à l'homme s'il a vu l'enfant, l'homme est sourd, ne comprend pas la question et par la suite, éloigne la vieille femme, alors la femme interprète le geste comme une direction vers l'emplacement de l'enfant perdu, elle s'éloigne, le trouve et revient pour remercier, à son retour, l'homme se met en colère, car dérangé une 2ème fois, et une foule se rassemble et un juge de paix, à la fois sourd et myope, poropose un compromis, avant dans un autre malentendu et pour une autre jugement suite à un conflit conjugal d'ordonner aux 2 époux de rentrer chez eux avec leur enfant ; l'histoire et la mise en scène sont un enchantement (par exemple, la mare d'eau avec miroirs), au total pour un rite primitiviste fascinant et une chorégraphie magique ; les voix, du cri à la mélopée, et la musique, pseudo-tonale et dissonante, rassemblant autant d'instruments exotiques et traditionnels que possible (avec force percussions, tous instruments sur scène) libèrent une imagination débordante, des sons inouïs avec de riches timbres, le jeu sur les modulations, les rythmes et les densités sonores, sans équivalent ; le spectacle de la tournée Européenne, somptueux entre ténèbres et couleurs Pop-art, est une pièce sérieuse devenant farce, à la fois performance, installation, bric-à-brac hétéroclite, mis en scène par Heiner Goebbels en 2013, devrait faire l'objet d'un DVD ; des rythmes et des chromatismes novateurs (ah le "Sanctus"!) ; Extrait-Vidéo [création : le 8 Mai 1969, à l'Université de Californie (USA), après un premier projet intitulé "Cry from Another Darkness", terminé le 30 Décembre 1964].72xxxxx++++N
Rihm
(Wolfgang)
1979Jakob Lenz (opéra de chambre) [27 ans]Opéra chambre (3 voix principales, baryton [Lenz], basse [Oberlin], ténor [Kaufmann], 6 voix intérieures associées à la folie de Lenz et 2 hautbois (aussi 1 cor Anglais), clarinette (aussi basse), contrebasson (aussi basson), trompette, trombone, percussions, clavecin, 3 violoncelles). Une œuvre, abrupte, sèche et quasi-inflammable (voire hallucinante), en 13 séquences, retraçant l'histoire du poète Allemand Jakob Lenz de la période pré-romantique Sturmund Drang (mort en 1792), sur sa démence qui inspire à Büchner une nouvelle inachevée (1835), avec une introduction enfantine (voix parlées et chantées de soprano-garçons, avec dérision) : de la montée en puissance de la folie jusqu'à la déchéance finale (où il est oublié et misérable), dans la solitude et l'oubli, à toucher le néant, comme une inexorable et redoutable aspiration ; la musique est d'une grande puissance expressive (hyper-), troublante, contrastée, foudroyante, délirante, aux extrêmes (fort-faible, aigus-graves), avec un héritage assumé du dernier Berg (parallèles avec "Woyzeck") et Hindemith (sans rapport avec le modernisme post-sériel de l'époque) ; les voix sont omniprésentes de bout en bout et utilisent toutes expressions possibles (y compris parlando) souvent portées à leurs extrêmes (avec une performance vocale, demandée au personnage principal, phénoménale et permanente) ; elle évoque parfaitement (avec si peu de moyens instrumentaux) cette limite clinique dans la fissure et la scission de l'Être ; une réussite à la fois musicale et théâtrale ; Extrait-Vidéo [création : 8 Mars 1979, à Hambourg (Allemagne)].75xxxx++.
Ullmann
(Viktor)
1944Der Kaiser von Atlantis (opéra de chambre) [46 ans]Opéra chambre (cabaret). Une œuvre satire d'Hitler et plus généralement une caricature cinglante de l'oppression (nombreuses allusions à la vie du camp de concentration, idée du prisonnier qui ne peut pas mourir), avec une musique grinçante, tendue et terriblement émouvante (mais plus drôle par dérision, que funèbre par anticipation) et un livret à la fois fantaisiste, surréalisme, libertaire : entre opéra de chambre (en 4 tableaux, pour 13 musiciens, seulement, mais une version agrandie a été réalisée dans les années 70 en Hollande) à numéro et pièce de cabaret, la partition (13 instruments, dont 3 claviers, piano, orgue, clavecin et un banjo, un saxophone, et un haut-parleur) s'articule autour de nombreux airs et récitatifs (avec des citations-réminiscences de Bach, Brahms, Haydn, Mahler, Suk, Dvorak) ; le style oscille entre Gustav Mahler et Kurt Weill, en passant par les rythmes Stravinskiens, la polyphonie et le Jazz d'avant guerre, avec bien sûr la patte caractéristique moderniste et originale d'Ullmann (et un art prodigieux du chant accompagné) ; l'orchestre, enfoui dans la fosse (profondeurs terrestres), souligne avec fluidité un livret qui tient à la fois du conte philosophique (qui situe l'action dans un univers de SF pour un empereur Overall confronté avec la mort qui se met en grève), du pamphlet surréaliste et du théâtre de tréteaux ; Extrait-Vidéo [fin de la partition et répétitions partielles : 13 Janvier 1944 au camp de Terezin (Autriche) ; première création publique : 16 Décembre 1975, à Amsterdam (Hollande)].55xxxx++++.

 



Actualisation : 02-Juin-2021


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2021 Merci de signaler les liens vidéos brisés, pour correction immédiate, à Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
Retour Haut de page