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VOIX ET ENSEMBLE INSTRUMENTAL

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Aperghis
(Georges)
2006Contretemps (soprano et ensemble) [61 ans]Voix-Ensemble (2 flûtes, hautbois, 2 clarinette, basson, saxophone, cor, trompette, trombone, 2 percussionnistes, accordéon, 2 pianos, 2 violons, 2 altos, 2 violoncelles, 1 contrebasse). La pièce, emblématique de son style, commence par de courts appels (clarinette, saxo) avant de laisser un temps au parlando chanté de la soprano ; elle raconte une histoire de combat (combat entre la voix et les instruments, combat entre séquences, combat entre fragments parasites) ; vite, le processus se dérègle par un contretemps inattendu, un événement soudain, imprévisible, qui vient tout compromettre et de façon répété (empêchement, détournement, dénégation de ce qui précède), même si auditivement cela derive en jeu (vocalise tournoyante), en ricanerie (cris) ; curieusement le résultat au lieu de se contraindre, déborde d'énergie (alors les instruments et la voix se concurrencent toujours davantage, y compris dans la vitesse) dans une continuité de plus en plus discontinue (le paradoxe est obtenu par les rythmes asynchrones) ; vers la fin, tout s'adoucit et se ralentit pour ajouter l'illusion (y compris spatiale) ; Extrait-Vidéo [création : 29 Août 2006, à Salzburg (Allemagne), par le Klangforum Wien et Donatienne Michel-Dansac].29xxxx++++N
Benjamin
(George)
2006Into the Little Hill (voix et ensemble) [46 ans]Ensemble (petit)-Voix (soprano, contralto, 15 musiciens, pour moitié avec instruments à cordes, pour moitié avec instruments à vents, et 1 percussion/cymballum). Un script court et resserré de Martin Crimp tient de scénario (à la veille d'une élection, en présence de son enfant endormi, un homme d'État conclut un pacte avec un étrange inconnu... réélu, il ne tient pas son engagement, et tous en subiront les conséquences) ; une cantate dramatiquement tendue, un exemple moderne du traitement de la voix (cantabile), à 2 voix et plusieurs personnages, en 2 parties (5 et 3 sections), chacune terminée par un interlude d'environ 7 minutes (chacun d'une grande beauté lunaire et extatique), avec une forme de mise en scène (minimale à la création, plutôt une mise en espace), davantage une fable ancienne transposée et un conte lyrique, plutôt qu'une approche déguisée du genre opéra ; une belle alternance de divagations-errances (curieusement avec une connotation Arabisante) et de commentaires rythmés (des vents, car la percussion n'est pas pré-éminente) ; Extrait-Vidéo [création : 22 Novembre 2006, à Paris (France)].38xxx+++N
Berio
(Luciano)
1976Coro (voix et ensemble) [51 ans]Ensemble-Voix (environ 40 instrumentistes, plus 2 percussionistes, orgue et piano, et grand choeur mixte). Un chef d'œuvre humaniste, une vaste anthologie de l'humanité mêlant langues, folklores et styles dans un grand tout globalisant, sans pour autant créer une œuvre à caractère ethno-musicologique (par exemple en plus de l'Anglais majoritaire, Français, Péruvien, Croate, etc.), soit un vrai patchwork! ; le chœur (40 chanteurs, soit 4 voix par 10, chaque voix soliste étant associée et, plus précisément, étant placée à proximité d'un instrumentiste à vent ou à cordes) montre une palette extraordinaire d'emplois, depuis des chansons et des polyphonies, jusqu'aux hétérophonies Africaines ; les textes sont (entre autres) des poèmes politiques ou religieux, par exemple Residencia en la Tierra de Pablo Neruda (d'essence populaire Sud-Américaine), d'origine Croate, Gabonaise, ou Yiddish (Cantique des Cantiques) ; la musique est un long continuum sans interruption (mais avec des reprises de souffle, soit 16 sections), juxtaposant des ambiances très différentes (par exemple au début comme des cloches ou à la fin des roulements de tambours) avec le plus souvent des ondulations douces, lentes et quelques crises explosives (mais maîtrisées) et associant souvent 2 lignes mélodiques contrastées (une, dans les aigus, et l'autre dans les graves) et surtout non superposées, mais décalées (rythmes, début-fin), au début déconcertantes mais qui peu à peu construisent une polyphonie fusionnelle inouie et qui magnétisent l'écoute ; Extrait-Vidéo [création : 24 Octobre 1976, à Donaueschingen (Allemagne)]... de la même veine, mais plus immédiats, les fameux "Folk Songs", à l'harmonie raffinée, souvent pour une seule voix accompagnée (celle de son épouse, Cathy Berberian).60xxxxx+++.
Birtwistle
(Harrison)
1979Agm (chœur, ensemble) [45 ans]Ensemble (grand)-Voix (16 voix mixtes, soit 4 soprano, 4 contralto, 4 ténor, 4 basse, et grand ensemble, bois par 2). Le titre de la pièce vient du Grec agma (fragments), pour les fragments de «Fayum» de la poétesse Grecque antique Sappho, traduits en anglais par Tony Harrison (le texte est entre autre un hommage à la poésie, avec les mots «Viens, oh ma lyre, sainte carapace de tortue, et deviens un poème») ; l'ensemble est spatialement divisé en 3 groupes (surplombés par les voix), le groupe aigu (2 flûtes standard et piccolo, 2 hautbois, 1 clarinette en si bémol, 1 cor en fa, 2 trompettes, 2 violons, alto), le groupe grave (1 clarinette basse, 1 basson, 1 contre-basson, 2 trombones, 1 tuba, 2 violoncelles, 1 contrebasse) et le groupe de ponctuation (1 piano, 2 harpes, 3 percussionnistes), ce qui crée un effet d'espacement étrange (accentué par la division constante des voix en sous-groupes) ; en un seul mouvement, la pièce est un fascinant et poignant mélange de plages immobiles et d'irruptions sonores saisissantes en blocs bruts, produisant un chaos avec des rythmes déséquilibrés (mais en fait le chaos est reconstruction) ; c'est davantage un écoulement erratique du temps qu'une procession ordonnée (malgré les ostinatos ritualisants) ; de par ses rythmes innovants (notamment l'épisode dit des 4 blocs), la pièce a acquis une aura exceptionnelle ; Extrait-Vidéo [création : 9 Avril 1979, au Théâtre de la Ville de Paris (France), par Pierre Boulez, le John Aldis Choir et l'Intercontemporain].29xxxx+++N
Boulez
(Pierre)
1970Cummings ist der Dichter (22 musiciens et chœur) [45 ans]Ensemble-Voix. Cette œuvre constitue le tournant pour Boulez (et beaucoup d'autres compositeurs liés à Darmstadt) vers une musique moins aride, plus accessible et toujours poétique, ce que ses détracteurs décriront comme des concessions ; le poème de Cummings doit non seulement être lu avant l'audition (le traitement musical le rend incompréhensible, et les rythmes de l'harmonie sont quasi-soudés à la structure syllabique du texte), mais surtout vu (structure graphique) pour apprécier sa beauté et son originalité (dislocation des phrases) ; comme toujours, la pièce a fait l'objet d'améliorations successives : dernière révision en 1986 (24 musiciens, orchestration) ; une pièce lente (voire éthérée), au cheminement quasi étiré, raffinée, avec des scintillements brefs (coups d'archets), parfois violents (urgence des voix solistes) ; après des décennies, la pièce affiche sa patine, datée mais solide, avec les longs tenus moirés par des irisations fugitives (sans micro-tonalité, malgré la mode spectrale de l'époque) et une fluidité sonore (texte-bruit-musique) subtile ; l'anecdote de son titre traîne partout : un quiproquo entre Boulez, alors peu Germanophone, et une secrétaire insistante, le ramène au laconique «Cummings, c'est le poète» ; Extrait-Vidéo [création : 25 Septembre 1970, à Stuttgart (Allemagne)].12xxx++++.
Denisov
(Edison)
1964Le Soleil des Incas (soprano et ensemble de chambre) [35 ans]Voix et chambre (10 instruments, flûte, hautbois, clarinette, cor, trompette basse, percussionniste, 2 piano, violon, violoncelle). La pièce, virtuose, d'une grande poésie, alterne séquences intrumentales pures et séquences chantées ; elle est malgré le titre, non descriptive, même si l'on discerne aux tambours, une influence Sud Américaine ; la 1ère partie introduit un thème contrasté à la fois lent (vent) et motuer (tambous) ; la 2ème, avec apparition de la voix de soprano sur un texte de Gabriela Mistral (diction influencée par Boulez, le dédicataire, malgré la langue Russe, et aussi Chostakovitch) ; la 3ème partie reprend l'ambiance de la 1ère, tout en éparpillements, jusqu'à une courte accélération unique ; la 4ème partie reprend le texte dans une ambiance à la fois solaire et dramatique ; la 5ème, de même, est instrumentale, avec un rôle soliste de la flûte ; la 6ème est encore instrumentale avec un grand hédonisme sonore (une phrase soliste au piano) ; la 7ème reprend le texte dans une ambiance espiègle et ajoute de façon inattendue un écho par les voix masculines des instrumentistes (scandées) comme un contrepoint ; la fin, instrumentale et essentiellemnt percussive, ne résoud pas l'énigme ; [création : 30 novembre 1964, à Léningrad, URSS (aujourd'hui Saint Petersbourg, Russie), par Lidia Davydova (soprano), direction : Guennady Rojdestvensky]21xxx++++N
Grisey
(Gérard)
1998Quatre Chants pour Franchir le Seuil (soprano et 15 musiciens) [52 ans]Voix-Ensemble (petit). Un des pièces les plus poignantes et les plus considérables de notre temps et aussi un pseudo-testament projeté et pressenti par le compositeur mort brutalement avant la création programmée ; une méditation sur la mort que nul mélomane ne peut ignorer tant la (dé)charge émotionnelle provoquée par la litanie d'entrées dans le catalogue archéologique («n°811 et 812: presque entièrement disparus, n°814, maintenant que vous reposez pour l'éternité, n°809: détruit, n°868 et 869: presque entièrement détruits») est insondable, apocalyptique et unique dans toute l'histoire de la musique ; les 4 parties chantées (séparées par de courts interludes conçus pour maintenir la tension, juste des frottements sur une peau de tambour) traitent de la mort de l'ange, la mort de la civilisation, la mort de la voix et la mort de l'humanité, respectivement, et utilisent des textes appartenant à 4 civilisations (Chrétienne, Égyptienne, Grecque, Mésopotamienne) et ont en commun un discours fragmentaire sur l'inéluctable de la mort : des extraits des «Heures de la Nuit» de Christian Guez-Ricord, son condisciple à la Villa Médicis mort en 1988, des fragments d'un catalogue archéologique des sarcophages Égyptiens du Moyen Empire, deux vers de la poétesse Grecque, Erinna, du 6ème siècle antique, et un extrait de l'épopée de Gilgamesh ; la 1ère mort est minimaliste, calme et structurée (avec une mélopée scandée), le 2ème mort, lente et un terrible recensement-énumération (on ne peut aussi s'empêcher de penser aux camps de la mort) est diatonique et marquée de microtonalités, la 3ème mort reflète, en creux, le vide, l'écho, la voix, l'ombre des sons et le silence, la 4ème mort raconte le déluge à Gilgamesh, sauvé par les Dieux eux-mêmes tant ils furent épouvantés (fracas, bourrasque, pluie battante, ouragan, déluge, tempête, hécatombe), pour se terminer, dans la sérénité d'un épilogue, par une berceuse destinée au réveil mystique (l'aube) de l'humanité ; la formation instrumentale (8 instruments à vents/cuivre dont 2 saxophones chacun polymorphe, et 3 percussionnistes, seulement 4 cordes, soit 1 harpe, 1 violon, 1 violoncelle, 1 contrebasse) a été dictée par l'objectif d'opposer à la légèreté de la voix de soprano une masse grave, lourde, mais solennelle et colorée ; Extrait-Vidéo [création (pièce posthume) : 3 Février 1999, à Londres (Angleterre)].41xxxxx++++N
Kurtag
(György)
1981Messages de Feu Demoiselle R.V. Troussova (soprano et 13 musiciens) [55 ans]Ensemble-Voix. D'après 21 poèmes de Rimma Dalos, une pièce toute en pudeur, dense, touchante et fascinante par son univers sonore unique (souvent ésotérique, érotique) ; les parties sont courtes, voire très courtes (sur 3 vers), comme des miniatures expressives, lyriques, pour une soprano avec une tessiture exceptionnellement large (doute, amour douloureux) ; parmi les instruments de l'orchestre de chambre, le cymbalum a un rôle à part, contribuant au rythme, à la tension, au contre-temps, au contraste... une réussite de la période post-sérielle, en référence au "Pierrot Lunaire" d'Arnold Schoenberg, construit aussi sur 21 poèmes et aussi avec du Sprech Gesang (chanté parlé), mais référence historique plus qu'esthétique, Schoenberg étant marqué par l'expressif et le cabaret, Kurtag par l'allusif et l'intimisme ; Extrait-Vidéo [création : 14 Janvier 1981, Palais des Arts, à Paris].31xxxx++.
Lutoslawski
(Witold)
1963Trois Poèmes d'Henri Michaux (chœur et ensemble) [50 ans]Ensemble-Voix. Une œuvre ouverte dans la continuité des "Jeux Vénitiens", surréaliste, avec un côté pittoresque (second poème, le Grand Combat) qui suit la noirceur et la violence de Michaux (le chœur joue le rôle d'une foule assemblée, de plus en plus excitée), avec stridences, contractée par le registre grave de l'orchestre, aux couleurs percussives ; le 1er mouvement est tendu, martelé, le 2ème, scherzo, est plus mélodique, le 3ème (un tube) commence par une passacaille (à 18 variations), suivie d'une toccata explosive, pour finir par un choral subjugant ; Extrait-Vidéo [création : 9 Mai 1963, à Zaghreb (Croatie), par le compositeur à la direction]... de la même veine, "Paroles Tissées" (1965, pour voix et orchestre, sur des textes en Français de Jean-François Chabrun).20xxx++++.
Martin
(Laurent)
2010Iris (soprano et 10 musiciens) [51 ans]Ensemble (petit)-Voix (soprano, flûte, clarinette, saxophone, trombone, harpe, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse). Une pièce toute en microtonalité qui parvient à un alliage magique de la voix et des instruments, notamment la harpe et le trombone (rare) ; cela tient au fait que le compositeur s'est échappé de la contrainte habituelle du texte, d'abord en écrivant lui-même le court poème en vers libres (d'une belle poésie extatique), mais surtout en l'écrivant en même temps que la musique (voire en le corrigeant après) ; le titre fait justement allusion à l'archange de la mythologie Grecque Iris, la jeune fille messagère aimée qui n'apporte que des bonnes nouvelles aux dieux et notamment à Hera et dont l'emblème est l'arc en ciel qui la relie à la terre ; la pièce est caractérisée par ses couleurs changeantes (irisée comme l'arc en ciel) dans un spectre sonore très large (et original), grâce à l'emploi permanent des micro-intervalles par tous les instrumentistes qui jouent en quarts de tons (la harpe est réglée en scordatura pour 16 de ses 47 cordes) et par une voix de soprano qui se fond dans l'ensemble, même en cas de contrastes forts dans la tonalité, sauf pour certains mots singularisés qui ressortent, comme «herbe», «eau», «paresse», ou «voilà», ou pour des vocalises par phonèmes ; la pièce raconte une histoire et se construit : elle commence par un crescendo de mise en situation pour la voix-archange (soulignée par les instruments avec un décalage, comme un écho), une voix qui, peu après, se crispe (vocalises primitives et véhémentes) ; puis, accalmie, le puzzle se développe dans une ambiance plus contemplative (tierces douces, voix plus étirée, trilles à la clarinette) ; la pièce s'interrompt alors pour une courte ascèse (assez physique, avec un nette sensualité), avant de reprendre son cheminement, son histoire, par une progression douce, poétique, de plus en plus polyphonique et fondue, parfois commentée par des instruments singularisés (par exemple, harpe en grappes sonores) ou en duos-trios, pour finir dans la paix (hédoniste ?) ; hélas, aucun extrait vidéo à ce jour [création : 6 Mai 2010, à Paris (France), avec Maja Pavlovska (soprano) et l'Ensemble 2e2m, sous la direction de Pierre Roullier]16xxx+++N
Nono
(Luigi)
1954Liebeslied (chœur mixte et ensemble) [30 ans]Ensemble-Chœur. Un chant d'amour intime (musiciens de chambre : harpe, glockenspiel, vibraphone, timbales et 5 cymbales suspendues) pour Nono à l'occasion de ses fiançailles avec la fille de Schoenberg, plutôt contemplatif, cérébral et recueilli, pas du tout passionné ou exalté ; sur le plan musical, les mots (26 au total) sont associés à un motif de 5 notes qui subissent diverses transformations, puis sur une sixième note (pour singulariser "Dich", Toi en Allemand) dans la première section, et de 6 autres notes dans la seconde section (pour former les 12 sons de la série) ; un bijou et une grande réussite de la Musique Sérielle ; Extrait-Vidéo [création : 16 Avril 1954, à Londres (Angleterre)].5xxx++.
Pécou
(Thierry)
2003Symphonie du Jaguar (percussions métalliques, voix et cordes) [38 ans]Ensemble-Voix. Un vrai bijou de combinaisons de sons métalliques inattendus, avec échanges d'énergie cosmique entre un groupe de solistes (voix et petit ensemble) et un orchestre à cordes, luxuriant et jubilatoire ; le programme est motivé par la culture et l'histoire Amérindiennes (les Mayas, pour qui le Jaguar est associé au soleil pendant son trajet nocturne dans les entrailles de la terre, à l'infra-monde), mais la musique n'a pas de côté pittoresque (c'est de la musique pure) ; en 4 parties distinctes : d'abord, le chœur (texte Maya), avec des bruissements (vie jaillissante, onomatopées d'animaux -méconnaissables), ensuite, instrumental (avec quelques interventions du chœur, au texte également Maya), puis une fête (rituels, danses orgiaques, sacrifice, énergie), enfin, bouclage du cycle, mixte, plus mystique ; à juste titre acclamée, lors de la première audition ; note : une autre pièce au titre un peu différent "Brèves du Jaguar" (pour 5 voix de femmes, clarinette, trombone, violon, violoncelle), conçue en même temps, correspond aux insertions vocales (interludes) de la "Symphonie" ; une grande réussite, prometteuse, et surtout une pierre blanche pour une écoute neuve dans les sonorités lointaines ; Extrait-Vidéo [création : 12 Février 2003, Festival Présences, à Paris (France)].20xxxxx+++++.
Pousseur
(Henri)
2003Aiguillage au Carrefour des Immortels (voix et ensemble) [74 ans]Voix-Ensemble (flûte, aussi piccolo, hautbois, clarinette, aussi basse, basson, cor, trompette, trombone, 1 percussionniste, synthétiseur ou harpe/orgue, piano, 3 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Une re-sucée à nouveau, une des dernières, de l'opéra "Votre Faust" qui contient divers éléments pour la plupart non encore apparus dans des œuvres-satellites ; tous les musiciens, comme dans l'opéra, sont pourvus de petits instruments de percussion et sont appelés parfois à faire usage de leur voix (parlando) ; une pièce tardive mais typique du style du compositeur post-sériel qui associe timbres incongrus, percussions multiples dans un momentum lent, sûr et tendu, fait d'avancées interrompues par des suspensions (détentes), avec en plus un goût pour la beauté sonore, presque hédoniste ; la musique semble erratique, sans but quoique directionnelle (un cheminement avec brefs arrêts sur image), comme le titre l'indique bien tant les bifurcations sont multiples mais assumées ; elle associe des vents, prédominants, dans des couleurs sombres, des voix parlées-scandées (affirmatives) et des surlignages pointées (percussions, synthé) et le reste des instruments apportant davantage d'incertitude et se termine par une apostrophe ; Extrait-Vidéo [création : 1er Février 2003, La-Chaux-de-Fonds (Belgique)].19xxx++++N
Reich
(Steve)
1976Music for 18 Musicians (ensemble avec chœur) [40 ans]Ensemble-Voix. L'œuvre-phare à la fois symbolique et ambitieuse du Minimalisme à son apogée : son écoute reste actuelle, empreinte d'une charge émotionnelle et d'une immédiateté incomparables (pour petit ensemble instrumental, sans cuivre, et avec petit chœur : 4 voix féminines amplifiées, 1 violon, 1 violoncelle, 4 pianos, 2 clarinettes ou clarinettes basses, 2 xylophones, 1 vibraphone ou métallophone, 3 marimbas et maracas) ; le nombre de musiciens n'est pas figé et peut varier légèrement par doublement de certaines parties ou spécificités du concert (jusqu'à 22 instrumentistes) ; la durée varie également (de 35 jusqu'à plus de 60 minutes) ; la pièce comprend 14 parties (2 mouvements pulsatifs sur un cycle de 11 accords, en début et fin, et 12 sections les modulant) ; au démarrage, le tempo et la pulsation sont donnés par les xylophones, puis les autres pupitres prennent le relais ; une musique irrésistible et captivante, plutôt tendue, en boucles rythmiques répétées, d'une pulsation irrésistible (qui semble imperturbable et immuable mais qui en réalité se renouvelle sans cesse par petites touches) jusqu'à l'hypnose, avec un mimétisme certain (source d'inspiration!) avec le gamelan Balinais (les transitions sont assurées par un appel sur une seule note et son octave, toutes deux jouées au vibraphone, une technique empruntée par le compositeur aux joueurs de gamelan, structurant ainsi l'ensemble de la pièce) ; Extrait-Vidéo ; la pièce a été chorégraphiée par Anna Teresa De Keersmaeker sous le titre de "Rain", un ballet créé en 2001 [création : 24 Avril 1976, à New York (USA)].55xxx+++++.
Schoeller
(Philippe)
2017Hermès V (ensemble) [60 ans]Grand ensemble (flûte-flûte piccolo, flûte-flûte alto, hautbois, cor anglais, basson, contrebasson, 2 cors, trompette-trompette piccolo, trompette, 2 trombones, tuba, 3 percussions, piano/célesta, harpe, 3 violons, 2 altos, 2 violoncelles, contrebasse ). La pièce, partie du cycle Visage d'Hermès consacré au messager ailé, Dieu Grec inventeur de la lyre et de la flûte, allie des sons étranges (piano préparé, cloches, percussions) et demande aux instrumentistes d'ajouter le lyrisme vocal à leurs propres instruments (ils chantent à bouche fermée ou émettent un souffle coloré par une douce voyelle) ; elle débute par une longue séquence pianisssimo dans les graves (mystérieuse) avant de faire entrer en scène une séquence originale (maintes fois répétée, tout au long de la pièce) de fourmillements ; suivent ensuite, selon une écriture par blocs avec une énergie communicative, jusqu'à finir par se superposer, des sequences toujours mystérieuses (métalliques, chères au compositeur) comme des appels de cloches ou de piano assourdis au milieu des percussions grondantes ou sèches et les séquences de fourmillements représentant une sorte de continuité discontinue, chaque séquence étant différente (chaotique, disloquée, en suspension), chaque fois renouvelée, grâce à des procédés d'écriture surprenants, envoutants ; hélas, aucun extrait vidéo à ce jour [création : 9 Juin 2017, Cité de la Musique, à Paris (France)]24xxx++++N
Sciarrino
(Salvatore)
1998Infinito Nero, Estasi di un Atto (mezzo-soprano et ensemble) [51 ans]Ensemble-Voix. Une œuvre étrange où les silences et les transes occupent une place de choix ; au début, l'écart entre deux événements sonores réguliers (coups de langue à la flûte et à la clarinette) et un troisième élément constamment déphasé (coups de langue au hautbois) crée une sorte de «clinamen» acoustique qui nous fait entrer lentement dans l'univers halluciné d'extases mystiques de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi ; l'insertion d'une reprise d'une comptine, vers la fin, souligne le passage vers la véritable extase de la Sainte lorsqu'elle régresse au stade de l'enfance, à l'état de pureté parfaite ; sur le plan formel, le glissement microtonal à l'intérieur d'un intervalle de demi-ton ou de ton est une figure souvent utilisée pour exprimer les délires ; une pièce difficile, desséchée, et vertigineuse à la fois ; Extrait-Vidéo [création : 25 Avril 1998, au Festival de Witten (Allemagne)].30xxxx++.
Stockhausen
(Karlheinz)
1962Momente (soprano solo, 4 chœurs et 13 musiciens) [34 ans]Ensemble-Voix. Avec frappe de pieds et de mains (des applaudissements rythmés, plagiés et schématisés à partir du rituel des auditeurs de la salle de concert), avec déclamation, chant, parler-chanter, soulignés par les instruments, cette œuvre (une première version en 1962, une deuxième en 1965, jusqu'à la pré-finale dite "Europa", créée en 1971, et la version finale -non écoutée en concert- de 1998) est prenante, fascinante, et d'un intérêt toujours renouvelé par sa grande variété, malgré sa longueur ; c'est toujours un succès public, et la première, dans sa version en partie dès 1962, a inauguré une nouveau style : la forme instantanée (d'où son nom, «Moment Form»), une musique de l'instant (mais pas une improvisation) ; 3 cycles de 7 moments pour une œuvre chantée et ouverte, avec plusieurs types de mélodie (un ensemble très complet : rires, bourdonnements zen, cris, hululements, mélopées, etc.) ; Extrait-Vidéo [création : 21 Mai 1962, à Cologne (Allemagne)].113xxx+++.
Vivier
(Claude)
1980Lonely Child (ensemble et voix) [32 ans]Ensemble-Voix. Une belle œuvre, assez rituelle (ponctuée par des frappes fortissimo de percussions), avec une partie de soprano intégrée fascinante et un quasi-chœur (homophonique) soprano-ensemble introductif (usage de mots inventés pour accentuer l'exubérance sensuelle) ; sur le thème de l'enfant orphelin : la solitude, l'attachement à la Mère, l'ivresse joyeuse de l'illumination, la magie féerique, la nostalgie de l'enfance et le désir de fusion avec le cosmos ; la fin, au bout du cheminement initiatique, reprend la mélodie initiale, transformée et magnifiée... une œuvre inspirée, aux couleurs de timbres uniques (plutôt grave), marquée par une mélancolie romantique, abandonnée et dramatique et une étude approfondie des timbres ; Extrait-Vidéo ; ou bien avec partition, Extrait-Vidéo [création : 1980, à Vancouver (Canada), par Marie-Danielle Parent].19xxxx+++.

 



Actualisation : 02-Juin-2021


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