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CONCERTO PIANO

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Cage
(John)
1958Concerto pour piano (piano non préparé et orchestre) [46 ans]Piano concertant. Une œuvre indéterminée, qui lors de sa création à New York suscita le scandale le 15 Mai 1958 : le pianiste fait un choix dans une pseudo-partition en parties indépendantes avec 84 systèmes de notation différents, retenant ou non certaines séquences et leur attribuant des durées, dans le cadre de 13 parties instrumentales en sus du piano (le résultat n'est pas cacophonique et la durée indiquée ici correspond à l'interprétation par le complice de Cage : David Tudor)... dans ce contexte, la démarche est différente des œuvres dites ouvertes, un peu antérieures, de Stockhausen et Boulez (forte ou faible délégation à l'interprète dans un cadre existant); note : ne pas confondre avec le court concerto pour piano préparé et orchestre de 1951, dans la lignée des Sonates et Interludes ; Extrait-Vidéo [création : 15 Mai 1958, au Town Hall de New York, par David Tudor au piano, avec un ensemble dirigé par Merce Cunningham (USA)].30xxxx+++.
Carter
(Elliott)
1965Concerto pour piano (piano et orchestre) [57 ans]Piano non concertant. Une œuvre de conception structurelle inhabituelle : le piano n'est pas vraiment concertant, il est ailleurs (son matériau, changeant, fantasque, est différent de celui de l'orchestre, plutôt monolithique, traité en masse) ; en fait, il dialogue parallèlement, en concertino, avec 7 autres instrumentistes (3 vents et 4 cordes) ; les 2 mouvements sont dissemblables par la forme mais de même finalité, le premier introduisant l'intelligence de la composition en triade, le second plus alterné, donnant plus de place à l'orchestre et aux dialogues, pour finir par un solo du piano ; à l'écoute, la pièce apparaît comme un flot tumultueux d'un torrent ou un éboulement incontrôlé de rochers ; Extrait-Vidéo [création : 6 Janvier 1967, Boston (USA)]... dans la même veine, de façon plus lisible, le Concerto pour Orchestre (1969), ou de façon plus libre et aéré, le Concerto pour Clarinette (1996).24xxx+++.
Ginastera
(Alberto)
1973Concerto pour piano n°2 (piano et orchestre) [57 ans]Piano concertant. Un grand concerto romantique virtuose et une pièce extraordinaire, au sens premier du terme, et ambitieuse (sur un socle Bartókien), qui s'ouvre sur des soliloques introspectifs, puis s'élance dans des montées et descentes vertigineuses, et se diversifie en alternance (polytonalités, avec l'orchestre en contrepoint obscur) ; le 1er mouvement dure à lui seul 15 minutes: c'est une suite de 32 variations (de plus en plus) dantesque sur un accord de la mesure 208 du 4ème mouvement de la 9ème symphonie de Beethoven fa-la-ré-dodièse-mi-sol-sibémol ; le 2ème mouvement, un scherzo pour la main gauche, joue sur des lumières opposées, couleurs sombres et claires, avec des contrastes violents (quarts de tons, quelques séquences atonales) ; le 3ème mouvement (lent), onirique et poétique, quasi una fantasia, avec un long solo de piano puis résurgence par l'orchestre de l'adagio initial (cadence piano-orchestre) ; le 4ème mouvement est une fanfare débridée brillante (après une cadence pianistique initiale staccato) avec une coda littéralement au climax ; Extrait-Vidéo [création : 22 Mars 1973, Indianapolis (USA)]38xxx++++.
Jolas
(Betsy)
1978Stances (piano et orchestre) [52 ans]Piano non concertant. Une œuvre séduisante en 4 mouvements enchaînés qui n'est pas vraiment un concerto pour piano (même si l'orchestre est conséquent, avec 80 musiciens), car le piano littéralement déambule, erre, souvent en solo ou bien éclairé (commenté, élargi) par seulement quelques pupitres ; le titre est une allusion directe à un cycle de pièces subtilement reliées (comme un poème à stances) ; à noter : une cadence et un récitatif du piano solo, remarquables ; la couleur globale est grise, peu contrastée, les rythmes sont cassés, mais pas heurtés... une grande réussite ; hélas, aucun extrait vidéo à ce jour [création : 15 Avril 1978, Maison de Radio France, à Paris (France)].22xxxx+++.
Jolivet
(André)
1944Cinq Danses Rituelles (piano et orchestre) [39 ans]Piano concertant. Modale mêlée d'atonalité, fortement rythmique et puissamment expressive, cette œuvre (issue d'une première pièce pour piano seul de 1939, créée en 1942) est caractéristique de l'esthétique de Jolivet : la première danse baigne dans un climat grave sous-tendu par l'amas sombre et diffus de la percussion et des tenues souterraines des basses, pour finir dans un trépignement de rythmes élémentaires, la seconde, du héros, ressemble à une marche lourde et répétitive, puis ivre de solennité, la troisième, dite nuptiale, est sereine, fluide, légère et tendre, la quatrième, du rapt, vire à la violence la plus brutale, et la dernière danse, commencée plaintive, dite funéraire, puis lancinante, se termine dans une apothéose paroxystique ; Extrait-Vidéo [création : 5 Décembre 1944, à Paris (France), sous la direction d'André Cluytens].25xxxx+++++.
Ligeti
(György)
1988Concerto pour piano (piano et orchestre) [65 ans]Piano concertant. D'une extrême complexité rythmique (polyrythmie avec asymétrie dominante), cette œuvre (commencée en 1978), en 5 mouvements, crée un univers sonore qui paraît planer (la discontinuité se fond dans le continu) ; hormis le 2ème mouvement, lent et typiquement modal (avec des timbres inusités et des registres extrêmes : piccolo très grave, basson très aigu), les autres mouvements sont rapides (terriblement virtuoses), partant de kaléidoscopes qui peu à peu semblent se superposer formant des mélanges harmoniques)... une réussite avec au menu de cette dernière manière du compositeur, décalages (asymétries) rythmiques et vitesse d'exécution sur-multipliée, pour des effets d'illusions sonores, comme dans les précédentes "Etudes" ; Extrait-Vidéo [création : 23 Octobre 1986, à Graz (Autriche) pour les mouvements 1 et 3, et 29 Février 1988, à Vienne (Autriche), pour la totalité avec les mouvements 4 et 5].22xxxx+++.
Machover
(Tod)
2005Jeux Deux (hyperpiano et orchestre) [52 ans]Piano et clavier électronique. Une pièce concertante traditionnelle, globalement tonale, à l'energie flamboyante, foudroyante, à la pulsion étonnante, aux danses ébouriffantes (Baroquisantes), aux repos mélodiques, élégiaques ; le compositeur utilise son concept de «hyperpiano», dans lequel le piano à queue interagit avec le Yamaha Disklavier de façon à transformer électroniquement, à augmenter et à éclater la musique ; elle libére brusquement des volées de notes augmentées, des échappées lyriques hyper-rapides, avec une profusion et une vitesse qu'aucun pianiste vivant ne peut atteindre (on pense aux "Etudes" pour pianola, ou piano mécanique, de Colon Nancarrow ; le résultat est une expérience absolument étonnante pour l'auditeur, même si la musique n'est pas innovante et l'orchestre peu inventif (davantage illustratif) ; la pièce est un hommage à la fois débridé et désarmant à la dernière œuvre orchestrale et révolutionnaire de Debussy, créée en 1913, au titre éponyme et chorégraphiée ; Extrait-Vidéo (à suivre) [création : le 22 Juin 2005, à Boston, Massachusetts, par Michael Chertok, piano].15xxx++++N
Pécou
(Thierry)
2006L'Oiseau innumérable (concerto pour piano et orchestre) [41 ans]Piano concertant. Une œuvre flamboyante et pulsée (énergique), en 3 mouvements, le second étant court ; le premier est limpide par le jeu, complexe par la mise en place (un dialogue entre piano et petit orchestre), le second, plus dense, contient un long solo de piano tellurique et pulsé, en crescendo, avec des arrêts brusques ; le dernier est plus concertant, avec des atmosphères nocturnes tropicales, des bruissements mystérieux, des staccatos furieux, un thème battant du piano commenté par un solo de percussion (atténué) et un thème chaloupé du piano repris par les tutti ; à noter pour l'anecdote, un clin d'œil original : à un moment, le pianiste joue le clavier par dessous, comme une percussion en écho rythmé ; un concerto de type «Grand Répertoire», séduisant, dans la tradition du morceau de bravoure, brillant, tenant à la fois de Ravel (colorisme frémissant, lumière) et de Stravinsky (éclat rythmique) : très réussi, il paraît court tant on est porté par la dynamique et l'on aimerait un 4ème mouvement plus ambitieux et plus complexe dans l'écriture ; Extrait-Vidéo [création : 17 Octobre 2006, Théâtre des Champs-Elysées, à Paris (France)].20xxx+++++.
Radulescu
(Horatiu)
1996Concerto pour piano The Quest (piano et orchestre) [54 ans]Piano-Orchestre (grand). La pièce, en 4 longs mouvements, représente l'aboutissement des recherches sur le timbre par le compositeur, emblématique des échelles d'intervalles inégaux, correspondant aux partiels du spectre ; le 1er mouvement commence par une longue marche énigmatique, le soliste étant le moteur principal contrasté par les vents (trompettes notamment), selon une forme de la sonate que n'aurait pas reniée Ludwig van Beethoven ; ensuite une danse baroquisante, en ostinato fugué, vient sans accélération lui succéder puis la marche reprend, le piano comme l'orchestre devenant très dissonant ; le 2ème mouvement, encore plus lent, réflète des variations abstraites (cosmiques, selon le compositeur) avec d'abord un piano suraigu, claquant, placide ; le 3ème mouvement est une polyphonie-hétérophonie dense, qui alterne en dialogues soliste et orchestre ; il s'agit de 18 chants traditionnels Roumains (appelés colindes), tantôt guillerets, tantôt élégiaques, avec moulte répétitions ; le 4ème mouvement est un ostinato de joie totale, un rituel sauvage, mais maîtrisé ; la pièce empotre l'adhésion par ses timbres inouïs et ses résonances Roumaines, du grand art ; Extrait-Vidéo [création : 8 Mars 1996, à Frankfort (Allemagne)].52xxxx+++++N
Stroppa
(Marco)
1996Upon a Blade of Grass (piano et grand orchestre) [37 ans]Piano concertant (grand orchestre, bois par 4). Une œuvre intéressante, qui contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, n'est pas paysagiste ou naturaliste, mais plutôt toute en couleurs et en interrogations; il s'en dégage une grande poésie (le titre cite le dernier vers d'un poème de W.B. Yeats) et surtout beaucoup de mystère; le grand orchestre n'est là que pour élargir la palette sonore car rarement présent à l'unisson; la pièce est une suite d'ambiances dans lesquelles le piano dialogue avec certains pupitres, toujours avec une couleur métallique (parfois grinçante... par exemple l'ouverture, originale, se fait par des solos à la scie musicale), rarement ponctué par de courtes phrases chaleureuses aux contrebasses ; une pièce en 3 mouvements habituels avec des titres qui ne le sont pas, (1) sizzling, (2) volatile: hazy presto, (3) Ken Saro-Wiwa in memoriam: peacefully stormy ; Extrait-Vidéo [création : 17 Août 1996, à Cleveland (USA)]35xxx++++N

 



Actualisation : 02-Juin-2021


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