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GRAND ORCHESTRE ET VOIX

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Abrahamsen
(Hans)
2013Let me Tell you (soprano et grand orchestre) [61 ans]Soprano-Orchestre (bois par 3). La pièce (en Français, Laissez-moi vous dire) reprend un monodrame poétique de Paul Griffiths (ex-critique du New York Times) à partir d'un roman éponyme (2008), en 7 poèmes de l'Ophelia de William Shakespeare, mais réarrangé, 481 mots au total, dit par elle dans Hamlet (1, Let me tell you how it was -laissez moi vous comment c'était-, 2, O but memory is not one but many -oh, mais la mémoire n'est pas une, mais multiple-, 3, There was a time, I remember -il fut un temps, je me souviens-, 4, Let me tell you how it is -laissez moi vous comment c'est-, 5, Now I do not mind -maintenant cela ne me dérange pas-, 6, I know you are there -je sais que vous êtes là-, 7, I will go out now -je pars maintenana) ; la soprano est tour à tour confiante et réfléchie, toujours vulnérable, et elle s'adresse à son amant (imaginaire?), les thèmes abordés sont la mémoire, le temps et la musique ; l'ensemble de l'orchestre est rarement utilisé en bloc (plutôt des groupes de pupitres), le glockenspiel, le celesta et le vibraphone ont une place éminente, entre des grappes microtonales et des échos romantiques plus reconnaissables ; la musique combine ingénieusement les astringences modernistes, la richesse harmonique, les colorations atmosphériques étrangement belles et la fameuse apesanteur (flottante ou fluctuante) pour une illusion sonore chère au compositeur, avec transparence et pureté diatonique comme un flux, dans un tempo allant ; souvent une syllabe est répétée et scandée sur le même rythme, comme une sorte de bégaiement (déjà utilisé dès Monteverdi) ou avec un léger battement sonore tandis que l'orchestre amortit la voix dans un registre modal ; pour le 1er poème, la musique semble hantée, avec des tintements graciles, pour le 2ème, elle est plus agitée, avec des tutti frénétiques de cordes en trémolo, l'orchestre se brisant en riffs ou se fondant dans des harmonies soupirantes, pour le 3ème, elle se densifie avec des bois furtifs soutenus par des lignes de basse, pour le 5ème, elle capte les cuivres bourdonnants, des sons aigus et des ronflements intérieurs frénétiques, pour le 7ème poème, elle évoque des images de chute de neige comme une rafale douce de lignes diaphanes entremêlées (avec un contre ut lancé pianissimo, fragile, mais brûlant d'amour) ; Extrait-Vidéo [création : 20 Décembre 2013, à Berlin (Allemagne) avec Barbara Hannigan, soprano dirigée par Andris Nelsons].33xxxx++++N
Amy
(Gilbert)
1973D'un Espace Déployé (voix et orchestres) [37 ans]Orchestre (grand)-Voix. Une œuvre spatialisée savante avec 2 pianistes (non solistes) et 2 ensembles (2 chefs), plus une soprano (avec des textes de Mallarmé, seulement dans les 2 derniers mouvements), qui joue sur la dualité (davantage sur la complémentarité dialoguée, sans conflit) et offre une belle synthèse entre Debussy et Boulez ; la première originalité, frappante, réside dans le positionnement dans l'espace de concert, avec un grand orchestre devant, de 90 musiciens (50 cordes, orgue électrique, piano, de nombreux vents dont 4 flûtes, etc., mais rarement tous les pupitres à la fois), et au fond, tournant le dos au public (pour permettre la coordination entre les 2 chefs), un ensemble (cristallin) de 18 cordes, marimba, vibraphone, 3 percussions, 2 harpes, 1 autre piano ; le jeu est ici, à l'instar du titre, de se déployer dans l'espace par le dialogue avant arrière (le second ensemble peut aussi être disposé derrière le public) entre les 2 formations (points, traits, blocs) ; la pièce est en 3 mouvements dissymétriques (2 longs, extrêmes, 1 court, central), sur une série de 7 notes ; la fin, hallucinante, alterne les appels de trompes graves et de percussions ronflantes, contrastés par des cordes égrenées pour se terminer par un trait continu de la soprano seule [création : 10 Mars 1973, Théâtre des Champs-Elysées, à Paris (France)]... de la même veine, "Antiphonies", pour double ensemble (1963), également spatialisée, et en hommage à "Gruppen" et "Carré", 2 pièces précédentes de Stockhausen.31xxxx+++.
Barber
(Samuel)
1948Knoxville : Summer of 1915 (soprano et orchestre) [38 ans]Orchestre (grand)-Voix. Une superbe pièce toute en légèreté et nostalgie, en atmosphère, mêlant subtilement la voix (soprano) et l'orchestre d'après un poème de James Agee : une peinture de paysages, rapsodie lyrique, méditation émerveillée, intime et nostalgique, bucolique, avec des confidences angoissées ; Extrait-Vidéo [création : 9 Avril 1948, à Boston (USA), par le Boston Symphony Orchestra, dirigé par Serge Koussevitsky]15xxx++++.
Barber
(Samuel)
1971The Lovers (soli, chœur mixte et orchestre) [61 ans]Orchestre (grand)-Voix (baryton et grand chœur mixte, jusqu'à 200 chanteurs, bois par 3). Une cantate sur des poèmes de Pablo Neruda, dédiée à son jeune compagnon en date Valentin Herranz (et dédicataire testamentaire), probablement le chant du cygne du compositeur, en raison de l'investissement personnel sur les textes, de son ambition d'écriture (de loin sa pièce la plus avancée), de la sensualité (voire de l'érotisme) qui s'en dégage ; le choix littéraire de «Vingt Poèmes d'Amour et un Chant de Désespoir» correspond à une esthétique partagée avec Pablo Neruda (poète Chilien sensuel, par ailleurs communiste, mort en 1973) et à un évènement fort (l'attribution du prix Nobel de littérature en 1971) ; seuls des fragments souvent éclatés ou parcellisés (contrairement à toutes ses pièces antérieures, plutôt littérales) de 9 des 20 poèmes et les 14 derniers couplets (la 2ème moitié) du chant sont repris, cependant, la poétique de l'amour entre 2 êtres n'en est pas altérée pour autant (du commencement fervent à sa conclusion mélancolique) ; la musique est subtile et fine, colorée par les alliages des bois (riche en humeurs délicatement variées, tout en coulant naturellement) avec un motif de chant d'oiseau (flûte et clarinette en écho) qui ouvre le prélude, avec un second motif (transformé et inversé du premier, au hautbois), les 2 ré-apparaissant plusieurs fois avec insistance, jusqu'à la fin en douceur, préparatoire à la nostalgie et aux regrets ; le grand chœur, notamment les 3ème et 4ème interventions, atteint des sommets de lyrisme, et bien sûr, la voix d'homme -envers son aimé(e)- s'enveloppe de sensualité avec les mots «body of a woman, white hills, white thighs» (corps d'une femme, collines blanches, cuisses blanches) ou d'érotisme avec «your wet body wedged, between my wet body» (ton corps humide pénétré, entre mon corps humide) ; Extrait-Vidéo [création : 22 Septembre 1971, à Philadelphie (USA)]35xxxx+++N
Berio
(Luciano)
1961Epifanie (voix de femme et orchestre) [36 ans]Orchestre (initialement petit, ensuite grand, bois par 3 ou 4)-Voix (de femme, préférablement soprano, aussi mezzo). De la même veine que "Circles", cette œuvre est une des pièces majeures pour voix et orchestre (considérablement révisée en 1965, et en 1992) : elle comporte 12 parties, en 6 pièces vocales sur des poèmes ou des textes écartelés, au bord du tragique, de Marcel Proust, James Joyce, Antonio Machado, Claude Simon, Bertold Brecht, et Edoardo Sanguineti, selon un montage de citations initialement proposé par Umberto Eco (et qui a également varié) et donc dans 6 langues différentes, et 3 «Quaderni» uniquement instrumentaux (très virtuoses, comme des interludes) ; la pièce est dite ouverte dans la mesure où les 6 parties vocales et les parties intumentales peuvent être jouées dans un ordre indifférent et même séparément (au total 132 possibilités d'agencement, en pratique 57) ; l'alternance voix accompagnée et épisodes instumentaux n'est pas linéaire et elle est même volontairement morcelée, subdivisée pour les «Quaderni» (6 plus 3 font en réalité 12) ; le lien entre les séquences avec voix peut ainsi apparaître différemment selon leur position dans le développement instrumental, pour mettre en évidence soit l'hétérogénéité apparente des textes, soit leur unité dialectique (qui n'est déjà pas évidente dans l'ordre initial) ; les textes sont en principe agencés de manière à suggérer une dramaturgie par un passage progressif d'une transfiguration (lyrique) de la réalité (Proust, Machado, Joyce) à une affirmation désenchantée des choses (pour Simon, sachant que pour ce texte, la voix parle, elle ne chante pas, et elle s'efface peu à peu face à l'orchestre, et évidemment pour Brecht, car le texte n'a rien à voir avec l'épiphanie des mots et des visions, mais plutôt avec un cri de regrets et d'angoisse comme un rappel ironique -comme le compositeur- à ne pas oublier les rapports de l'Homme avec un monde mal construit par ses propres actes) ; la musique est d'essence post-sérielle et s'affirme comme typique de l'époque (une tapisserie chatoyante et moirée, misant sur de nouvelles harmonies, voulues raffinées) ; note : le titre en Italien est un pluriel et signifie des apparitions, alternativement le compositeur a aussi utilisé le titre de "Epiphanies", en Français, lors de sa dernière révision ; Extrait-Vidéo [création : 1961 (partielle, le dernier "Quaderni", datant de 1962), à Donaueschingen (Allemagne), révision finale créée le 22 Avril 1993, à Philadelphie (USA)].40xxx+++.
Boulez
(Pierre)
1947Le Visage nuptial (voix et grand orchestre) [22 ans]Orchestre-Voix. Révisée en 1951, 1952 et 1985, 1989, selon le concept de «work in progress» de Boulez (et son expérience d'orchestrateur), c'est sa première œuvre avec voix et chœur de femmes (le duo fréquent entre les 2 solistes femmes, soprano, contralto, est prégnant) et c'est son premier mimétisme avec la poésie de René Char (concision, fulgurance, incandescence) ; relation amoureuse (le «j'aime» par une célèbre vocalise des sopranos et des altos du chœur), depuis la rencontre jusqu'à la rupture, et enthousiasme sonore en font une œuvre d'urgence d'une grande beauté (le premier orchestre rutilant de Boulez... dommage que la dernière version abandonne partiellement les quarts de tons et s'inscrive plus dans le sillage de Webern seul) ; un grand poème d'amour, de passion, et de sensualité en 5 parties, avec 5 nomenclatures instrumentales différentes : (1) "Conduite", une introduction sur l'attente amoureuse, tenue, douce, avec le grand orchestre sans chœur (très divisé, apparaissant plus petit), (2) "Gravité", plus lente, intime, secrète sur le désir, impatient voire fébrile, avec un orchestre réduit (et des quarts de ton), (3) "Le Visage nuptial", central, sur l'amour triomphant, enthousiaste, (4) "Évadné", une courte évocation de la paix suscitée par l'amour (dialogue orchestre - chœur), (5) "Post-Scriptum", retour à la solitude, après brisure des tourtereaux (orchestre réduit aux cordes et à la percussion) ; Extrait-Vidéo [création semi-privée en 1947 (réduite, à Paris), publique (orchestration modifiée) : 4 Décembre 1957, à Cologne (Allemagne)].20xxx++.
Boulez
(Pierre)
1962Pli selon Pli, Portrait de Mallarmé (soprano et orchestre) [37 ans]Orchestre-Voix. Révisée en 1989, une œuvre fétiche des années d'après sérialisme (première ébauche en 1957), marquée par l'instrumentation moderne (vibraphones) ; commencée comme un brouillard léger, qui en se dissolvant, magnifie des objets, qui se déroulent comme un livre et un portrait de Mallarmé ; une poésie intense et sensuelle s'y déploie, l'écoute devient curieuse et tombe sous le charme ; pour les amateurs de piano, il faut écouter la première version du début intitulée "Don" pour piano solo (1959, avant orchestration de "Pli selon Pli", éventuellement avec soprano) qui est un bijou, étincelant de poésie rythmique (dont la partition a été en partie reprise et orchestrée pour "Eclat/Multiples") ; à savoir, pour l'anecdote, la pièce est introduite et se termine par un fracas mezzo-fortissimo ; Extrait-Vidéo [création : 20 Octobre 1962, au festival de Donaueschingen (Allemagne)].67xxxxx+++.
Britten
(Benjamin)
1962War Requiem (chœur et orchestre) [49 ans]Orchestre-Voix. Un long oratorio profane et religieux, en 6 mouvements, marqué par une intense charge émotionnelle, pacifiste ; destinée au plus grand nombre (pour témoigner et convaincre), la pièce utilise un langage musical simple et immédiat sur des poèmes de guerre de Wilfried Owen ; 3 plans distincts : au 1er, 2 soldats, Anglais (ténor) et Allemand (baryton), avec un ensemble de chambre, au 2ème, la soprano soliste (éthérée, angélique), l'orchestre (grand) et le triple chœur (rite du deuil, supplique), au 3ème, au fond, les enfants (innocence et pureté) et l'orgue ; des morceaux de grandes éloquence et inspiration, comme le tintement du glas du début (quarte augmentée répétée), la fugue bondissante "Quam olim..." (figurant la jeunesse, et son fantôme, lors de la récapitulation du thème pianissimo), le mélodieux et serein "Agnus Dei", le "Sanctus" avec le gamelan Balinais, l'accablement des sonneries du "Dies Irae", l'entrée de l'orgue à la fin qui annonce la catastrophe ; Extrait-Vidéo [création : 30 Mai 1962, dans la cathédrale de Coventry (Grande Bretagne), pour sa consécration, la précédente église ayant été détruite lors des bombardements du Blitz Nazi].83xxxx+++++.
Crumb
(George)
1977Star-Child (soprano, chœur et grand orchestre) [48 ans]Orchestre-Voix. Une œuvre témoignage-parabole (des textes adaptés de sources Médiévales du 13ème Siècle, Dies Irae, Massacre des Innocents, Apocalypse, pour voix d'enfants antiphonales et voix d'hommes parlando) et une musique grandiose (cloches), passionnée, transcendante (et aussi intimiste, poétique), polyrythmique et complexe (4 chefs d'orchestre donnant chacun un tempo différent), d'une grande puissance expressive (jusqu'à l'horreur) ; Extrait-Vidéo [création : 5 Mai 1977, à New York (USA)].32xxxx+++.
Denisov
(Edison)
1980Requiem (solistes, chœur et orchestre) [51 ans]Orchestre-Voix. Sacré : une œuvre, certes plutôt difficile par sa partielle atonalité (sérielle) et son ascétisme, mais marquée par une forte spiritualité et par la noblesse, qui associe des textes Allemands-Anglais-Français au cantique Latin, et aussi par la profondeur et l'originalité mesurée ; la soprano, le ténor et le chœur mixte chantent les symboles que sont la Lumière, la Grâce, la Générosité et Dieu, dans un grand humanisme sur des poèmes de l'Allemand Francisco Tanzer ; nulle supplique, mais plutôt apaisement, espérance, profondeur (avec à la toute fin, une guitare basse) ; une pièce a-religieuse plutôt qu'anti-cléricale, une interrogation sur l'existence, en 5 mouvements bien caractérisés par leurs titres : "Esquisse d'un Sourire", "Variation fondamentale", "Danse permanente", "Variation automatique", "La Croix" ; la pièce se termine par la guitare basse sur une tonalité de ré majeur rayonnant pour signifier l'aspiration à l'unité universelle ; Extrait-Vidéo [création : 30 Octobre 1980, à la Cathédrale de Hambourg (Allemagne)].32xxx+++.
Eloy
(Jean-Claude)
1971Kâmakalâ (3 orchestres, 5 chœurs) [33 ans]Orchestre-Voix. Une œuvre grandiose constituée à travers un triangle spatialisé (3 orchestres et 3 groupes de chœurs), par un long crescendo avec des accélérations et des ralentissements, dans une ambiance quasi-orientalisante ; le titre, un mot sanskrit Indien, signifie montée du désir (naissance et développement de la vie ayant le désir universel pour source) qui désigne, dans le Shivaïsme, et surtout dans le Tantrisme, le triangle des énergies ; la pièce débute par des murmures indistincts, pianissimo, dans les registres les plus graves de la voix, puis monte, très lentement, à la fois en dynamique et en tessiture, peu à peu soutenue par des instruments, jusqu'aux aigus des voix, enfin se développe par éclatement-fractionnement, jusqu'à des aboiements sauvages dans un climax, pour se terminer decrescendo dans l'équilibre et la sérénité (Tibétaine) ; Extrait-Vidéo [création : 23 Octobre 1971, au Théâtre de la Ville, à Paris (France)].32xxxx++++.
Feldman
(Morton)
1977Neither (soprano et grand orchestre) [51 ans]Orchestre (grand)-Voix. Commençons par casser la typologie : la pièce de Feldman intitulée opéra en un acte n'a strictement rien à voir avec un opéra, même pas avec un opéra de chambre (c'est davantage une cantate) ; le titre est un pied de nez nihiliste du compositeur, pour se mettre en harmonie philosophique avec l'auteur du pseudo-livret, Samuel Beckett (si le 20ème siècle a créé le concept d'«opéra de poche», c'est ici de «livret de poche» dont il est question: 10 lignes -soit en tout 86 mots !-, dépourvues de la moindre ponctuation, mais pourvues d'une grande poésie allusive) ; une soprano (colorature) solaire, placée tout en haut avec les percussions, chantant une prosodie monosyllabique, presque constamment dans le suraigu, souvent sur une même note ou autour d'une même note, davantage incantation que mélodie ; la pièce révèle son magnétisme, son émotion onirique, son labyrinthe de mirages, ses belles répétitions (subtilement altérées, en micro-intervalles et infimes variations... mais rien à voir avec les minimalistes... on perd la notion du temps, de la durée, quasi hypnotisé), ses textures recherchées et raffinées (timbres rares, par groupes de pupitres limités), ses percussions non rythmiques (comme statiques), son dépouillement absolu (mais coloré), sa progression lente jusqu'aux 5 dernières minutes d'apothéose finale ; Extrait-Vidéo [création : 10 Juin 1977, à Rome (Italie), et création Française : 22 Septembre 2007 (30 ans plus tard !), Cité de la Musique, Paris]60xxxx++++.
Górecki
(Henryk)
1977Symphonie n°3 Sorrowful Songs (soprano et orchestre) [44 ans]Orchestre (grand)-Voix (bois par 4, soprano). Une œuvre célèbre (emblème des post-modernes), sous-titrée "Symphonie des Chants Plaintifs", d'une grande et vibrante émotion, à la fois hypnotique, nostalgique et mystique, qui suit l'architecture classique (en 3 mouvements, tous lents, intitulés "Lento-sostenuto tranquillo ma cantabile", le plus long des 3, "Lento e largo-tranquillissimo", "Lento-cantabile semplice") avec des motifs très simples (écriture néo-modale) : au début, l'orchestre grandit progressivement par un canon (sombre) aux contrebasses, jusqu'à l'apogée interrompu par la soprano, accompagnée du piano (prière médiévale), donnant un sentiment puissant de complainte, de lamentation dans une atmosphère planante et répétitive ; le second mouvement, avec ses motifs répétés, est aussi une prière implorante (émouvante) avec une lueur d'espoir ; le troisième est porté par un chant-lamentation mélodique, simple et tragique (un mémorial de la guerre) ; pour l'anecdote, la pièce est devenue instantanément célèbre après que le 1er enregistrement soit devenu un succès mondial (avec plus d'1 Million de disques vendus, rien qu'en Grande-Bretagne et aux USA) ; Extrait-Vidéo, dans une version plus lente et allongée d'un concert filmé [création : 4 Avril 1977, au Festival de Royan (France), par le Südwestrundfunk de Baden-Baden, dirigé par Ernest Bour].53xxx+++++.
Ligeti
(György)
1965Requiem (soprano et mezzo-soprano solo, 2 chœurs mixtes et orchestre) [42 ans]Orchestre (grand, bois par 3)-Voix (2 voix, soprano et mezzo-soprano, 2 chœur mixte). Une œuvre sacrée majeure, popularisée par le film «2001, Odyssée de l'Espace...» de Stanley Kubrik (1968), qui allie le langage moderne (avec beaucoup de chromatisme) et la polyphonie ancienne (revisitée avec la micropolyphonie) ; l'Introït est caractérisé par une quasi immobilité par transformation progressive (qui fait penser à Scelsi), le Kyrie, inquiétant, est une extraordinaire double fugue à 5 voix, également progressif (comme une houle, avec quelques ruptures à la fin en fortissimo), le Dies Irae est plus agité, théâtral, avec des contrastes violents (surgrave-suraigu, pour une supplique presque révoltée), surtout de la part des 2 olistes, la soprano étant aux confins de l'aigu et du cri, le Lacrimosa final, séparé, recueilli et apaisé, mais angoissé, est abandonné aux solistes et à quelques musiciens de l'orchestre aux sonorités métalliques... envoûtant, sur le mode de la déploration stridente et planante ; Extrait-Vidéo [création : 14 Mars 1965, à Stockholm (Suède), révision en 1997].27xxxx+++N
Pärt
(Arvo)
1968Credo (piano, chœur mixte et orchestre) [33 ans]Orchestre-Voix (bois par 3, avec piano concertant, chœur mixte sans soliste). Une courte pièce (dans le cadre de la musique religieuse à grands effectifs) qui est caractérisée par une ambiance générale de sérénité (de paix), par une alternance de moments orchestraux (dans les aigus) et de moments vocaux, ponctués de solos de pianos (avec une ritournelle) ; à noter, l'emprunt direct au 1er Prélude du "Clavecin bien tempéré" de Jean-Sébastien Bach ; la pièce s'ouvre avec le chœur, d'abord timide (pianissimo), puis fier (fortissimo), suivi par la monodie du piano (en crescendo), puis se déroule selon le texte Latin, avec les intermèdes orchestraux comme des digressions, staccatos lents ou rapides (dont le style doit à Messiaen) ; à mi-pièce, figure un beau chorus de célébration par les trompettes, plutôt joyeux, illustré ensuite par les voix, les percussions (clochettes), tous les vents, avant le retour de la ritournelle et la fusion des 3 groupes dans la sérénité ; enfin, pour conclure, vrombit un gigantesque "Credo" aux tutti, répété 2 fois, ponctué de quelques réminiscences diminuendo ; le bonheur de la fois au 1er degré ; Extrait-Vidéo [création : 1968, à Talinn (Estonie), par l'Orchestre symphonique de la Radio Estonienne sous la direction de Neeme Järvi]12xx+++++N
Penderecki
(Krzysztof)
1984Requiem Polonais (voix et orchestre) [51 ans]Grand orchestre-Voix (orchestre, bois par 3, 4 solistes, soprano, mezzo-soprano, ténor, basse, chœur mixte). Une composition, très longue (parfois tronquée à 69 minutes), particulière dans le sens où presque chaque mouvement répond à un événement particulier (par exemple, "Lacrimosa" à la mémoire des victimes des grèves du chantier de Gdansk en 1970, "Agnus Dei" pour la mort du Cardinal Wychinski, "Recordar Jesu" pour la canonisation de Maximilian Kolbe) ; la composition du requiem s'étend sur près de 13 ans : Penderecki écrit en 1980 son Lacrimosa en hommage aux morts de la grande grève de Gdansk, opposant Solidarnosc aux autorités, sur la commande du syndicat lui-même ; dédié à la mémoire de son pays meurtri, il est constitué de pièces et oeuvres de commande qui n'avaient à l'origine aucun lien entre elles, écrites en l'honneur de différents événements patriotiques ; la partition est en 16 parties (Introitus, Kyrie, Dies irae, Tuba mirum, Mors stupedit, Quid sum miser, Rex tremendae, Recordare Jesu pie, Ingemisco tanquam reus, Lacrimosa, Sanctus, Agnus Dei, Lux aeterna, Libera me Domine, Offertorium (Swiety Boze), Libera animas), et son exécution dure un peu plus de 90 minutes ; le texte est, bien sûr, en Latin (liturgie, messe des morts), auquel se mêle à 2 reprises un hymne traditionnel Polonais (Swiety Boze) ; la pièce s'ouvre avec sérénité et contemplation avec les cordes et le choeur, puis les solistes, puis devient plus solennelle pour développer ces scansions si emblématiques de la pièce (avec une orchestration rutilante et percussions en avant, comme dans le "Ingemisco tanquam reus", le "Sanctus" et ses guirlandes tournoyantes) ; la pièce prend peu à peu (surtout après le Sanctus) une tension dramatique (tout en restant plutôt intériorisée), avec le risque d'une dérive grandiloquente, post-romantique ; les voix célestes, pour l'Offertorium, proviennent d'un vieux chant Polonais (élévation, contrastée par des trémolos hyper-aigus de cordes) ; la fin est plus exaltée, le grand finale, Libera Animus, récapitule tous les thèmes de l'oeuvre, avec un dénouement, optimiste, qui promet la fin des malheurs de la Pologne Extrait-Vidéo [création : 28 Septembre 1984, à Stuttgart (Allemagne), 1ère version par Mstislav Rostropovitch, version dite définitive, 11 Novembre 1993 à Stockholm (Suède) par le compositeur lui-même, enfin, 17 Septembre 2005, pour le festival Wratislavia, ajout d'une chaconne pour cordes à l'occasion de la mort du pape Jean-Paul II (Wroclaw, Pologne)]109xxx+++++N
Poulenc
(Francis)
1959La Voix Humaine (soprano et orchestre) [60 ans]Voix-Orchestre (monodrame lyrique). Une pièce incomparable (inclassable), théâtrale, en un acte d'après une pièce éponyme de Jean Cocteau ; l'œuvre prend la forme d'un monologue bouleversant (parlando décousu, sans trop de cohérence), avec de longs (et beaux) passages de chant sans accompagnement musical qui requièrent particulièrement les talents d'actrice de l'interprète ; au-delà des non-dits psychologiques et d'un moyen de communication défaillant (un téléphone préhistorique dont la sonnerie, récurrente, irritante, est rendue par le xylophone), c'est l'histoire d'une rupture amoureuse difficile, l'histoire d'une femme, trahie, abandonnée pour une autre par son amant (qu'elle aime encore), sans doute tentée par le suicide ; la pièce est d'une grande émotion et d'une réelle habileté dramatique : la soprano amoureuse évoque le passé, les jours heureux, elle ment, elle nie la réalité, elle se raccroche à la moindre parole d'espoir, puis soudain elle s'emporte, s'affole, elle se désespère, puis se calme (alternant souffrances et bonheurs, abandons-dépressions et élans) ; un seul personnage, pas d'action, un long monologue, tout en restant captivant de bout en bout, c'est la grande prouesse du compositeur : un personnage, oui, mais l'amant est omniprésent, invisible, et l'orchestre ponctue ses réactions implicites... pas d'action, oui, car la tragédie n'est que sous-jacente et la fin est abrupte et ouverte, mais l'orchestre par ses interjections, ses digressions, sa richesse de timbres, ses ruptures de rythme, alimente le discours et dynamise le scénario... un monologue, oui, mais seulement en apparence, tant le personnage incarne aussi les autres voix (en soliloquant, en répétant, car la ligne téléphonique est mauvaise) et aussi tant les silences lourds, la tension croissante se font acteurs ; à savoir : une version pour voix et piano seul a été aussi écrite ; Extrait-Vidéo [création : 6 Février 1959, par Denise Duval, salle Favart à Paris (France)].42xxx++++.
Scelsi
(Giacinto)
1969Konx-Om-Pax (grand orchestre, chœur et orgue) [64 ans]Orchestre-Voix. Un bloc d'une puissance musicale (et émotionnelle) grandiose marqué par les tessitures graves (aucune flûte) et une grande complexité harmonique, avec des montées graduelles très lentes, recueillies pour les 2 mouvement extrêmes (le titre signifie "Paix" en assyrien, sanskrit et latin) ; le second mouvement, intermédiaire, le plus court est fait de fulgurances ; le chœur n'intervient qu'à la fin, méditatif, puis puissamment lumineux ; un chef d'œuvre pour un programme de l‘illumination, du débordement extatique ; Extrait-Vidéo [création publique : 6 Février 1986, à Francfort (Allemagne), en même temps que "Pfhat"].18xxxxx+++.
Scelsi
(Giacinto)
1974Pfhat (grand orchestre et chœur) [69 ans]Orchestre-Voix (sans hautbois ni violon, avec un seul alto). Une œuvre courte, en 4 brefs mouvements, où le chœur est limité à des bruits chantés de respiration ; le premier mouvement est fait de longs appels répétés, monodiques, le second mouvement consiste en un seul et très long cluster (1 minute!), qui s'éteint lentement, unique dans la musique et l'œuvre se termine par un tutti de clochettes secouées par presque tous les instrumentistes ; Extrait-Vidéo [création publique: 6 Février 1986, à Francfort (Allemagne), en même temps que "Konx-Om-Pax"].9xxxx+++.
Stockhausen
(Karlheinz)
1960Carré (4 orchestres et 4 chœurs) [32 ans]Orchestre-Chœur. L'œuvre est un prolongement de "Gruppen", mais va beaucoup plus loin : lentes osmoses, structures imbriquées, transformations progressives, à la fois statiques et autonomes, nuages de sons ; pour l'anecdote, l'inspiration conceptuelle de "Carré" est tirée de l'observation, par le compositeur, du mouvement des nuages depuis un avion ; Extrait-Vidéo [création : 28 Octobre 1960, à Hambourg (Allemagne)].11xxxx++.
Stravinsky
(Igor)
1958Threni (soli, chœur mixte et orchestre) [76 ans]Orchestre-Voix. Sacré : une œuvre dépouillée en 4 parties, mêlant le sérialisme (une seule série parcourt toute la pièce) et le plain-chant, pour atteindre à la simplicité sublime ; pénitence et prière se concentrent dans ces lamentations sombres (trombones) et dramatiques ; Extrait-Vidéo [création : 23 Septembre 1958, à Venise (Italie), là où, selon sa volonté, le compositeur sera inhumé].14xxxx++.
Stravinsky
(Igor)
1966Requiem Canticles (contralto, basse, chœur et orchestre) [84 ans]Orchestre-Voix. Sacré : déclamatoire, chanté, et toujours d'une pure émotion, ce court Requiem («de poche», selon son auteur, en 9 sections), linéaire (la voix est illustrée par l'orchestre) se termine (5ème mouvement) par une pièce pour les instruments seuls, interrogative ; un dernière pièce significative, marquée par la plainte authentique (sans théâtralité), par le dépouillement (et sérielle, à l'instar des Italiens de Darmstadt, ce qui n'est pas un hasard quand on sait que Stravinsky a voulu et obtenu d'être inhumé à Venise) ; Extrait-Vidéo [création : 8 Octobre 1966, à Princeton (USA)].30xxxx+++.
Tippett
(Michael)
1944A Child of our Time (soli, chœur mixte et orchestre) [39 ans]Voix-Orchestre (2 ténors, soprano, mezzo-soprano, et grand chœur mixte, jusqu'à 200 chanteurs). Oratorio en 3 parties, avec une alternance de parties solo et de chœurs, athée et pacifiste (le compositeur a été emprisonné pour cause d'objection de conscience), de portée universelle, humaniste et chargé d'émotion dramatique (à la fois intimiste et solennelle) ; le sujet s'inspire du meurtre de Ernst vom Rath, un diplomate Allemand, par Herschel Grynszpan, un jeune Juif, à Paris en 1938, un meurtre qui a servi de prétexte aux représailles sauvages des Nazis au cours de la fameuse Nuit de Cristal en Europe de l'Est (textes du compositeur lui-même, d'après une nouvelle écrite en 1938 par Odon von Horvath) ; une musique, souvent douce et intensément dramatique, immédiate et sincère (mais sans épanchement sentimental), très contrapuntique, d'une belle clarté et d'un éclat incomparable avec un style se référant aux oratorios du 18ème siècle sans être néo-classique, avec inclusion de negros spirituals (à plusieurs moments, et notamment à la fin de chaque partie, qui viennent comme des éléments de contraste), et dont le langage s'inspire des compositeurs Anglais du début 20ème siècle (Edward Elgar, Frederick Delius, Ralph Vaughan Williams) ; le traitement est distancié pour les textes (peu de linéarité narrative de l'évènement : à aucun moment les victimes de la barbarie antisémite ou leurs bourreaux ne sont nommés, mais les allusions ne laissent planer aucun doute) ; le premier vers de l'oratorio génère sans la moindre ambiguïté la tonalité générale : «The world turns on its dark side» [Le monde bascule dans son côté obscur] ; la 1ère partie, apparaît comme une vision prophétique et générale de la tragédie ; la 2ème, plus narrative, évoque l'emprisonnement de l'auteur de l'assassinat, un jeune Juif qui a voulu venger les siens persécutés par les Nazis ; enfin, la 3ème dépasse les simples événements et appelle à l'espérance, en mettant en perspective (parallèle) les épreuves endurées par le Christ et celles des Juifs ; Extrait-Vidéo [création : 19 Mars 1944, au Adelphi Theatre de Londres (Angleterre)].64xxxx++++.
Zimmermann
(Bernd Alois)
1969Requiem pour un jeune Poète (récitants, basse, soprano, chœurs, orchestre) [51 ans]Orchestre (grand)-Voix (2 récitants, 1 soprano solo, 1 baryton solo, bois par 3 ou plus, pupitres de cordes biaisé vers les basses, violoncelles et contrebasses, formation de jazz, orgue, sons électroniques). Un oratorio-cantate et un requiem profane (avec quelques textes religieux, mais aussi l'éloge funèbre pour Serge Essenine, des extraits du «Canto LXXIX» d'Ezra Pound, de courtes citations poétiques de Joyce, Benn, Brecht, Dostoïevski, Camus, Jahn, entre beaucoup d'autres, et des extraits de discours politiques enregistrés (Mao, Dubcek, Hitler, Goebbels, pape Jean XXIII, ou Churchill) ou philosophiques récités (Wittgenstein), des collages de pop-music (Hey Jude, Sergent Peppers des Beatles) ou (encore) de la 9ème de Beethoven ; le sous-titre de «Lingual» (de lingua et ritual) fait allusion à un essai linguistique (nombreuses langues des textes) mis en musique ; 4 parties (aux transitions fluides) avec des points culminants exceptionnels comme les carillons du début, les tutti de chaque pupitre de vents, les cris de Requiem par tous les chœurs, le duo vociférant soprano-baryton, le patchwork de textes hétéroclites (mais chargés de sens) et de l'électronique (foule, vent, marches, moteurs) ; une musique sémantique (montage de texte), décousue (en apparence), à la fois projection personnelle du compositeur et témoignage de son temps (de sa naissance à sa mort), presque rituelle, mais sans théâtralité excessive, sans religiosité passéiste, à la fois plurielle-globalisante (avec des citations de Milhaud, Wagner, Messiaen, etc., un épisode de hard-jazz), exigeante et difficile d'accès ; un vrai testament-manifeste noir (de l'humanité), douloureux (l'homme est un loup pour l'homme), puissant (remise en cause de Dieu) et cosmogonique qui interpelle chacun (devons-nous ou pouvons-nous être muets, inactifs, irresponsables, croyants?) ; quand la salle de concert le permet (choeurs aux 4 côtés d'un rectangle), la pièce devient un déluge quadriphonique, étourdissant dans ses flux et son souffle et chatoyant dans ses détails ; à savoir : le titre de la pièce [en Allemand, "Requiem für einen jungen Dichter"], commencée en 1955, tient au fait qu'initialement les textes devaient se limiter à des citations de poètes morts jeunes (une idée abandonnée au profit du composite total) ; Extrait-Vidéo [création : 11 Décembre 1969, à Düsseldorf (Allemagne)].67xxxxx+++N
Zimmermann
(Bernd Alois)
1970Ekklesiastische Aktion (récitants, basse, orchestre) [52 ans]Orchestre (grand)-Voix (2 récitants, 1 basse solo, orchestre par 3). Sur des textes de L'Ecclésiaste dans la traduction de Martin Luther. Une pièce austère, oppressante, tranchante, sans ambiguïté (désolée-désespérée), qui préfigure la mort, plurielle comme le "Requiem" mais de façon bien moins appuyée, moins dramatique, et surtout plus linéaire (essentiellement un accompagnement d'un texte chrétien : Ich wandte mich und sah an alles Unrecht, das geschah unter der Sonne [Je me Retournais, et Considérais toute l'injustice qui est sous le Soleil], mais aussi des récitations de Dostoïevski) ; la musique, en parallèle aux différentes séquences (des actions), est à l'unisson, simple, peu contrastée, assez statique (recueillie), souvent sèche (épurée), au début, puis s'oriente vers le chaos (éruptions de sons et de bruits), puis devient méditative, puis se lamente (rythme de blues), et se termine par 2 collages de Bach et de Berg, dans une tentative, impossible à l'époque pour le compositeur, de synthèse et d'ascèse suprêmes ; Extrait-Vidéo [création posthume : 2 Septembre 1972, à Kiel (Allemagne)].21xxx++N

 



Actualisation : 16-Janvier-2021


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