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DUO - TRIO

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Bertrand
(Christophe)
2007Sahn (clarinette basse, violoncelle, piano) [26 ans]Trio (clarinette basse, violoncelle, piano). Le nom fait référence à un terme Chinois qui a 2 significations, le chiffre 3 et la notion d'éparpillé ; matrice de la pièce qui du contrepoint le plus horizontal aux effets de masse, effet d'asynchronie permanente ; en 5 sections nommées (Molto calmo, con docezza, Vivo luminoso, Drammatico, Vivo, molto scorrevole). Mais la pièce est plutôt en 3 moments contrastés, (1) qui débute sur un ostinato hésitant et plaintif par superposition de 8 vitesses distinctes, avec une accélération progressive, (2) qui devient plus ludique et enjouée (et plus complexe), pour muter aux tournoiements (notamment au piano) qui s'affolent, se calment, (3) puis qui s'interroge, perplexe, énigmatique (avec rythmes complexes créant un effet de dispersion) jusqu'à l'extinction contrastée au final par une pichenette soudaine ; Extrait-Vidéo [création : 11 Octobre 2007, au Festival Musica de Strasbourg (France)]11xxx+++N
Birtwistle
(Harrison)
2011Trio (piano, violon, violoncelle) [77 ans]Chambre (piano, violon, violoncelle). Une pièce très chambriste par son esthétique, par son intimisme, de tonalité assez mélancolique, introspective, parfois avec des ruminations incertaines mais insistantes et des soliloques qui ne mènent nulle part, ou, des accès de violence, conjugant fusion des lignes (souvent allusives) et confrontation ou juxtaposition de blocs (notamment le piano est plutôt percussif) ; globalement elle transpire d'équilibre et, au contraire de précarité, inconclusive, ce qui en fait son originalité ; elle commence par établir son climat instable avec des dialogues souvent en duos qui semblent ne jamais aboutir (phrases suspendues) ; elle se développe dans un épisode central plus ardent (notamment au piano, les cordes étant en contraste), parfois avec quelques échappements enjoués, mais là encore l'inaboutissement domine ; elle revient à un rythme plus retenu pour se terminer de façon emblématique par quelques pointillés au piano solo puis un accord abrupt comme si ce n'était pas la fin (ou que la pensée -créatrice ou auditive- était invitée à s'évader pour continuer) ; à savoir : après avoir fini la pièce le compositeur a lu le poème qui inclut «les Sanglots longs des Violons de l'Automne bercent mon Coeur d'une Langueur monotone» et y a vu une cohérence parfaite [création : 7 Avril 2011, Celle (Allemagne)]15xxx+++N
Boulez
(Pierre)
1946Sonatine (flûte et piano) [21 ans]Flûte-Piano. Une œuvre difficile qui d'emblée marie le dernier Debussy, Stravinsky et les 12 sons de Schoenberg (la Symphonie de Chambre op. 9) ; un seul thème avec 4 climats en un seul mouvement et un rejet clair de tout post-romantisme font de cette œuvre la première manifestation de la reconstruction d'après guerre, en «oubliant les années folles ; beaucoup de changements de tempo, de tourbillons, de violence, d'agressivité sont la caractéristique du Boulez jeune ; c'est sa première composition officielle, même si elle a été créée après la 1ère Sonate et après les "Notations" (piano solo) ; Extrait-Vidéo [création publique : 1947 (sans précision), à Bruxelles (Belgique), création privée en 1946].14xx++.
Boulez
(Pierre)
1952Structures, premier Livre (2 pianos) [27 ans]Piano-Piano. Une œuvre extrêmement difficile à jouer (et à écouter), mais qui représente l'emblème du sérialisme intégral ; seule l'écoute répétée avec le disque permet après un premier concert de dépasser la contrainte du concept, d'apprécier ses correspondances (structure 1a) et de se laisser dériver vers le néant (structure 1b), puis de se perdre dans le continuum (comme un mouvement perpétuel, structure 1c) ; l'autre emblème du sérialisme est "Polyphonie X" (de la même époque et non encore publié) ; la structure 1a est devenue l'icône initiatrice du sérialisme pointilliste ; pour l'anecdote, Boulez a délibérément choisi, comme série des hauteurs (au sens du dodécaphonisme de Schoenberg), celle de "Mode de Valeurs et d'Intensité" de Messiaen (1948) ; Extrait-Vidéo [création : 4 Mai 1952, par Olivier Messiaen et Pierre Boulez, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris].12xxx+.
Boulez
(Pierre)
1956Structures, deuxième Livre (2 pianos) [31 ans]Piano-Piano. Une œuvre plus accessible que le premier Livre et qui fait pendant à la Troisième Sonate en tant qu'œuvre ouverte (révision : 1961) ; peu jouée, malgré un premier succès, cette partition est aujourd'hui ré-interprétée par de jeunes pianistes qui n'ont pas connu l'aridité culturelle de cette époque et qui montre sa valeur magistrale comme l'une des pièces-phares pour 2 pianos modernes, avec une symbiose fascinante des 2 solistes créant des sensations de préhensions impérieuses, d'abandons poétiques, de conductions croisées, de matières ductiles, d'immersion ludique, de fuites presque goguenardes (tout en restant claires, sans effets sédimentaires ou labyrinthiques) ; 2 parties (2 livres qui se feuillettent différemment), la première fait dialoguer les 2 pianistes avec toute la palette sonore et la seconde appelle l'œuvre ouverte dans une grande subtilité de délégation (qui requiert des interprètes imaginatifs et même créatifs, ce qui est rare) et une fantastique mobilité (que l'on retrouve dans le Quatuor) ; une musique de poésie magnétique, d'emprise sur l'auditeur (pas l'inverse), de sensibilité irradiante (sans nombrilisme) qui propose (sans imposer) une émotion pure ; Extrait-Vidéo [création : 21 Octobre 1961, Festival de Donaueschingen (Allemagne), par Yvonne Loriod (épouse d'Olivier Messiaen) et Pierre Boulez, et précédemment en 1956, en concert privé].20xxx++.
Cerha
(Friedrich)
2008Neun Bagatellen (trio à cordes) [82 ans]Cordes (violon, alto, violoncelle). Une forme d'apogée de musique de chambre que n'aurait pas renié le Viennois d'adoption Johannes Brahms ; le mélisme des 3 instruments touche d'emblée, malgré les formes ultracourtes, sans développement ; un bijou de plaisir et de séduction sonores ; Extrait-Vidéo [création : 27 Juin 2010, Graz (Autriche), par le Zebra Trio]13xxx+++++N
Chostakovitch
(Dimitri)
1944Trio n°2 opus 67 (violon, violoncelle et piano) [38 ans]Trio-Piano. Une œuvre cyclique, complètement élégiaque, sur des thèmes Juifs (apocryphes ou non) de la danse des morts, en 4 mouvements : une ouverture au violoncelle seul, relayé dans une ambiance chromatique de désolation, instable, le second (célèbre) sardonique, chaloupé et débridé, le troisième, lente passacaille funèbre, sur les 8 accords énoncés d'emblée par le piano (émouvant), le quatrième, danse macabre et sarcastique ; un sommet de l'émotion, à interpréter sans pathos ; Extrait-Vidéo [création : 14 Novembre 1944, à Saint Petersbourg (alors dénommée, Leningrad, juste libérée)].24xxxx+++++.
Chostakovitch
(Dimitri)
1975Sonate pour alto (alto et piano) [69 ans]Alto-Piano. Une œuvre-bilan qui s'ouvre par une élégie désabusée des 2 instruments (alto pincé), se poursuit par une séquence (à peine) plus enjouée, comme une réflexion sur le passé, sur l'errance, puis se perd dans une méditation introspective ; dans le finale, le compositeur fait un bilan de sa vie par celui de la Musique, en citant, par bribes, certaines de ses pièces et de Beethoven (Sonate "Au Clair de Lune") et de Wagner ; terriblement triste, poignant, abyssal ; Extrait-Vidéo [création : 1er Octobre 1975, à Leningrad (Saint-Petersbourg, Russie)].29xxxxx++++.
Connesson
(Guillaume)
2002Techno-Parade (flûte, clarinette, piano) [32 ans]Trio (flûte, clarinette et piano). Une courte pièce qui a marqué son époque ; elle est d'emblée entraînante, chaloupée, marquée par la musique rock, puis devient jazzy (avec force ostinato), enfin pétillante jusqu'à la transe (partagée) ; l'exécution, virtuose et enthousiasmante, requiert des interprètes une grande précision et un jeu quasi mécanique (mais pas trop pour garder une fraicheur) ; Extrait-Vidéo [création : 3 Août 2002, au Château de l'Empéri de Salon-de-Provence (France), par Emmanuel Pahud (flûte), Paul Meyer (clarinette) et Eric Le Sage (piano).5xxxx+++++N
Crumb
(George)
1972Vox Balaenae (flûte, violoncelle, piano, amplifiés) [43 ans]Trio (flûte, violoncelle et piano, tous électriquement amplifiés). La pièce, onirique, avec une simple mise en espace (3 joueurs avec masques noirs cachant la moitié du visage à la Vénitienne qui aussi jouent des petites percussions ou sifflent, sous un éclairage bleu profond) est inspirée par le chant des baleines à bosse ; elle emmène au cours d'un voyage sonore, d'une fiction sonore dans les abysses marins avec une nouvelle «échologie» (sans être un poème paysagiste) ; la pièce s'ouvre par un solliloque à la flûte sur un thème de couleur Orientalisante (avec voix-commentaire du flûtiste) comme pour un préambule de conteur d'histoires (doux ou ardent, selon interprétation), puis théâtralement le piano entre en scène, solennel-péremptoire (et modifié-étendu avec action sur les cordes, comme un gamelan Balinais ou inversement au spectre gommé, ou encore un effet de harpe), avant de faire entendre la complainte de la baleine qui est une mélodie très étirée (au violoncelle dans le registre aigu, avec glissandos) ; le voyage sonore onirique s'engage alors avec effet d'échos (par électrification), avec temps suspendus (ou nage en liberté-apesanteur, pour être plus proche du titre), plutôt lent et déclamatif ou allusif avec des interludes accélérés et fugitifs ; il en ressort, malgré ces interludes, une grande paix intérieure, une douceur ; pour l'anecdote, le titre en Latin est souvent mal traduit "Voix des Baleines" alors que c'est "Voix de [la] Baleine") ; Pop-up: ; Extrait-Vidéo [création : 17 Mars 1972, à la Bibliothèque du Congrès, à Washington (D.C., USA)]20xxx+++++N
Goeyvaerts
(Karel)
1951Sonate n°1 (2 pianos) [28 ans]Piano-Piano. Une œuvre d'une grande pureté, cristalline et difficile, qui sert de pont entre le Messiaen d'après guerre et le sérialisme et qui présente l'originalité de mettre en perspective antagoniste croisée les 2 pianistes ; aujourd'hui, davantage une curiosité historique (pour seulement, son 2ème mouvement, du premier sérialisme, inabouti, les 3 autres mouvements étant plutôt scolaires, Weberniens, dodécaphoniques, inspirés par les "Variations pour piano"), car elle n'a ni la dimension, ni l'inspiration musicale des premières pièces de Boulez et de Stockhausen (même si ce dernier s'en est fortement inspiré dans "Kreuzspiel", par exemple) ; Extrait-Vidéo [création privée (ne figure pas sur le programme officiel) : Été 1951, aux Ferienkurse de Darmstadt (Allemagne)]... de la même veine, le 2ème Concerto pour violon (1951).13xx++.
Greif
(Olivier)
1998Trio (violon, violoncelle et piano) [48 ans]Trio-Piano. Une œuvre belle et inspirée, sans modernité revendiquée et même de facture plutôt traditionnelle (quoique bâtie sur une seule cellule de 4 notes, en Allemand DSCH, initiales de l'hommage à Chostakovitch) : à la fois urgente, contrastée (voire violente par ses larges clusters de l'avant bras au piano), dramatique, triste et profondément expressive, en 4 mouvements ; le premier, de profundis, est d'un désespoir total (à peine soulagé vers la fin), le second est une Java (mais le thème est déstructuré, n'est plus dansant, voire fantômatique), le troisième est franchement sentimental (mais sans affect), doux, lyrique, le quatrième évolue vers la lumière, de plus en plus brillante ; Extrait-Vidéo [création : 11 Novembre 1998, en l'église de Verquin, aux Rencontres Musicales en Artois (France)].26xxx+++++.
Greif
(Olivier)
1997Sonate pour 2 violoncelles The Battle of Agincourt (2 violoncelles) [47 ans]Violoncelle-Violoncelle [La Bataille d'Azincourt]. Une pièce à l'effectif rarissime, fiévreuse, modale, de méditation sur la guerre et sur la mort ; elle emprunte à un thème médiéval (la bataille datant de 1415, en Artois) qui apparaît dès le 1er mouvement ("Molto lento, quasi cadenza"), plutôt statique, annonciateur de l'imminence de la bataille et de son issue (funeste pour les Français) ; le 2ème mouvement ("Chaconne"), initialement fiévreux avec une exhortation à la guerre (avec des galops de chevaux), puis mouvement avec des cliquetis simulant les chocs des armes, est une pièce tout particulièrement chromatique (par demi-tons) ; le 3ème mouvement ("Shtil, di nacht is ojsgesternt" [Silence, la nuit est peuplée d'étoiles], un chant du ghetto de Varsovie) est un long adagio plaintif, un trio avec le réveil des morts dans les limbes, puis la bataille revient dans un autre monde ; le 4ème mouvement ("Rondeau de la Belle Dame sans Merci!", inspiré de la ballade de John Keats) est en fait une danse des morts ; les 2 violoncelles sont parfois fusionnels, d'autres fois antagonistes ; à savoir : la version initiale de la pièce est pour un seul violoncelle, mais l'exécution étant trop difficile, vue la polyphonie des voix de l'instrument (jusqu'à 4 voix), un second violoncelle a été ajouté [création : 29 Avril 1997, à Freiburg (Allemagne), conservatoire de Freibourg en Brisgau, et, 8 Mai 1997 (en public) aux rencontres musicales de La Prée (France)].35xxxx+++.
Grisey
(Gérard)
1988Accords perdus (2 cors) [42 ans]Cor-Cor (en fa). Une œuvre originale (par le jeu nouveau assigné au cor et par les sons multiphoniques obtenus par les harmoniques naturels), dense et difficile, lente mais dynamique, qui exprime, dans ces 5 miniatures, un état fusionnel (les 2 cors personnalisent un seul instrument idéalisé ou le glissement de l'un à l'autre) dans des délires conflictuels (luttes, aboiements et accrochages où le grotesque côtoie l'essoufflement) et des délices sonores (notamment par un jeu d'échos d'un cor à l'autre et bien sûr par les accords spectraux, non tempérés, obtenus en duo), pour se terminer dans un calme inattendu ; plus précisément, la pièce est en 5 courtes parties enchaînées, intitulées : Mouvement (fusionnel), Accord Perdu (distanciation progressive, sous la forme d’un canon à 2 voix), Faux Mouvement (séparation, dissociation), Cor à Cor (lutte conflictuelle), Chute (retour au calme, concentration dans les graves, voire extinction ou perte) ; outre le son spectral obtenu avec les 2 instrumentistes, le compositeur y explore nouvellement la résonance pour ses 2 instruments (habituellement traités pour leur homophonie instable) et obtient une couleur unique luxuriante ; Extrait-Vidéo [création : 26 Mai 1988, Centre Georges-Pompidou, à Paris (France)].12xxx++.
Hurel
(Philippe)
2003Loops III (2 flûtes) [48 ans]Duo (2 flûtes). Une pièce franchement obsessionnelle, péremptoire, plastique, et fascinante par les rythmes innovants (complexes, pas seulement binaires, déhanchés), par le duo lui-même (tout en homophonie, sur des schémas parallèles), par les jeux de boucles (une boucle créée se transforme le plus souvent par morphing, pour se jeter dans un autre boucle), par le style à contre-courant (pas d'effets de langue et autres modernités post-Debussystes), et par l'ascendance spectrale (microtonalité) ; en 2 sections inégales (1 tiers, 2 tiers) : la 1ère section est très ludique, dynamique, motrice et plus particulièrement homophonique (sauf quand l'une des 2 flûtes s'émancipe du duo et s'échappe, un moment, avant de revenir correctement dans le rang) ; la 2ème section est d'abord rêveuse, un rien fuguée, puis s'accélère jusqu'au tourbillon, suit un chemin qui semble ne mener nulle part jusqu'à ce que la mécanique se détraque (alors elle reprend un instant, avant de s'effondrer) ; à noter pour l'anecdote qu'à l'écoute, lors de la 1ère section, la pièce fait penser plusieurs fois d'une certaine façon (pulsation dynamique qui se transforme) au minimalisme Américain, mais c'est en réalité un pied de nez (peut-être ironique) ; Extrait-Vidéo [création : 7 Novembre 2003 à la Maison de Radio-France, à Paris (France)]... de la même veine, sur un mode parallèle et même opposé (une seule flûte, en dialogue avec elle-même, utilisant tous les outils dits modernes type pizzicati, souffle, effet de langue, glissandi), "Loops I" (2000).11xxxx+++N
Ligeti
(György)
1982Trio (violon, cor, piano) [59 ans]Trio-Piano. Une pièce séduisante, savante (par ses transformations) et accessible, mais pas essentielle au catalogue du compositeur ; elle fait référence au trio opus 40 de Brahms pour les mêmes instruments (mais ce n'est pas une véritable clé, plutôt un clin d'œil, un hommage ou un pied de nez, car il n'y a qu'une seule citation dans la pièce, et elle est issue de la sonate "Les Adieux" de Beethoven !), en raison de son caractère résigné, et souvent triste, de formulations en apparence simple (faussement) qui rappelle la poignante efficacité émotive de Brahms (sans développement) ; une œuvre en 4 mouvements (classiques) marquée par l'indépendance des instruments entre eux (chacun joue sa propre partie) : le 1er mouvement (andantino con tenerezza) s'ouvre sur une mélopée au cor (le violon joue une sorte de choral à 2 voix avec un développement de la cellule initiale, Ie cor, une mélodie non-tonale, mais diatonique, et le piano, des échos et des variantes du choral du violon), le 2ème (vivacissimo molto ritmico) est un mélange savant de rythmes dans une danse effrénée polymétrique, très rapide et teintée d'Europe centrale (et aussi Brésilienne, avec une samba cachée, ou Jazzy par l'écriture irriguée du piano), le 3ème (alla marcia), le plus ambitieux, est une marche avec des couches rythmiques décalées, le 4ème (lamento, adagio) est une lamentation lancinante très expressive (et une variante chromatique des 3 précédents, davantage diatoniques), avec une montée progressive de la tension dramatique, culminant par un piano grave et percussif, comme un tambour imaginaire en sourdine du cor ; Extrait-Vidéo [création : 7 Août 1982, à Hambourg-Bergedorf (Allemagne)].22xxx++++N
Ohana
(Maurice)
1977Satyres (deux flûtes) [63 ans]Duo (flûte traversière-flûte traversière). Une courte pièce (6 pages de partition pour chaque instrument), en 2 moments contrastés joints, d'abord élégiaque, énigmatique, puis de plus en plus virtuose (dyonisiaque voire acrobatique) et d'une rare perfection fusionnelle ; les 2 instruments aux voix parfois mêlées, parfois autonomes, jouent le dialogue intriqué ou alterné, tantôt libre (liberté par rapport à la partition), tantôt déterminé, puis évoluent vers une sorte de frénésie communicative (presqu'une surenchère sans fin, une jacasserie superlative jusqu'à l'ennivrement, à la danse bachique) ; l'exploration sonore de la flûte se fait par les figures des neumes monodiques (lente introduction, avec recherches sonores dans les micro-intervalles et jeu sur les timbres et la résonance vers la mi-temps) enrichis au fur et à mesure par les sons multiples (y compris aux 2 instruments ensemble) ; le titre (et le contenu) de la pièce fait allusion aux satyres (Satyri), des personnages de la mythologie Grecque, des esprits, des démons, comparables aux lutins, dont l'imagination peuple les bois et les montagnes, plus spécialement connus comme compagnons de Dionysos (ils participent à l'éducation du jeune dieu, l'accompagnent dans ses voyages, l'assistent dans ses expéditions amoureuses, le suivent lorsqu'il revient en triomphe des profondeurs lointaines de l'Asie et ils jouent un rôle considérable dans les vendanges) ; Extrait-Vidéo [création : 15 Mars 1977, Paris, Maison de la Radio, par Pierre-Yves Artaud et Pierre Roullier (France)]6xxx+++N
Poulenc
(Francis)
1957Sonate pour flûte (flûte et piano) [58 ans]Flûte (traversière)-Piano. La pièce élégiaque et primesautière (ébauchée dès 1952), aux thèmes-mélodies immédiatement reconnaissables (des tubes), représente bien le style du compositeur dans son laisser-aller, par son aisance, par sa gaieté légère, et dans sa culture Française par son élégance, par sa clarté ; le 1er mouvement (allegretto malinconico) commence par une mélodie alanguie, qui s'enhardit comme un élan amoureux (trilles), avant de se développer avec largesse et volupté ; le 2ème (cantilena, assez lent) s'épanche doucement avec beaucoup de pudeur (le piano est mis davantage en avant, avec rubato) ; le 3ème, rapide (presto giocoso) est par contraste brillant et virtuose (notamment pour le flûtiste), essentiellement sautillant (les 2 solistes se courrent littéralement après l'un l'autre), avec des intermèdes ralentis et pénétrés et un final théâtral ; Extrait-Vidéo [création : 18 Juin 1957, au Festival de Strasbourg (France), par Francis Poulenc et Jean-Pierre Rampal (dédicataire), et en privé la veille pour Arthur Rubinstein, selon une commande d'Elisabeth Sprague-Coolidge, mécène Américaine]... de la même veine, la sonate pour clarinette et piano (1963)13xxx+++++.
Robin
(Yann)
2007Schizophrenia (clarinette et saxophone) [33 ans]Duo (clarinette en si bémol et saxophone soprano, spatialisés). Le titre est, rareté, tout à fait en phase avec l'écoute et la spatialisation : la maladie psychiatrique (en Français, schizophrénie) se caractérise par un dédoublement de la personnalité via des hallucinations visuelles ou auditives, et le compositeur n'a pris qu'une liberté, c'est de situer ce dédoublement sur le même plan (alors que pour la maladie, le dédoublement est séquentiel) ; en pratique, la pièce, d'un seul tenant, illustre un dialogue entre 2 instruments au timbre très proche avec des phrases et des couleurs proches ou distinctes, ensemble ou un peu décalées, ce qui crée une sensation de malaise, de glissement du conscient, d'évasion irrationnelle et se traduit par des illusions sonores, certaines microtonales ; sur le plan visuel, les 2 solistes, au départ côte à côte derrière un demi cercle de chevalets avec partitions, s'éloignent peu à peu l'un de l'autre au fur et à mesure du temps (dédoublement), pour se faire face, antagonistes, à la fin ; la pièce débute par un énoncé factuel (comme une situation banale), puis avance par vagues, sûrement, typiquement en saturation et en mode forte pour les 2 instrumentistes, pour se terminer (une fois que la dite crise est passée) dans l'apaisement (court et suspendu) ; l'écriture des 2 parties est brillante et acrobatique et le jeu des rythmes est redoitables pour les 2 musiciens ; Extrait-Vidéo [création : 13 Janvier 2007, au CDMC de Paris (France), par Cédric Carceles, Alain Billard]14xxxx+++N
Saunders
(Rebecca)
2004Vermilion (trio pour clarinette, guitare électrique et violoncelle) [37 ans]Trio (clarinette en si bémol, guitare électrique et violoncelle). Une œuvre incomparable par son effectif (et le traitement en arc de la guitare électrique mimé par les notes longues aux 2 autres instruments, créant un mélange inattendu), mais difficile car d'une sensualité plutôt cérébrale et sans concession à la séduction sonore ; la pièce d'un seul tenant (avec 2 respirations) est marquée par une succession de tensions-détentes (sans résolution), parfois ponctuées par de courts tressaillements de la guitare en pointillés (comme des échappements en dérives, ou en délires) ; l'ambiance est fondue, clairement mystérieuse, opaque, tendue, la couleur est ardente (le vermillon est une couleur de rouge orangée intense, presque fluo), le tempo est lent avec des notes longues et de furieuses transgressions abruptes, avec un mouvement-processus réel, même si allongé, servi par une gradation sonore incrémentale, quasi-imperceptible (pas de répétition) ; il n'y a pas de tendance à la saturation, ni au blues, ni au folk par le jeu de la guitare, il n'y a pas de scénario établi (juste une errance sans but, ni fin préméditée) ; il y a des trous d'air aussi aux milieux de suspensions invertébrés (ascendantes ou descendantes), des vrilles et des cris ; la tension est omniprésente (parfois le stress aussi) ; la pièce commence pianissimo par un duo clarinette et violoncelle sur un accord micro-tonal en expansion qui pulse littéralement d'autant que la guitare ajoute vite ses propres arc électriques déviants (par exemple avec des raclements de toutes les cordes) et ses riffs ; ensuite, elle est davantage focalisée sur des tonalités en halo qui dérivent (dans une sorte de suspension sidérale ou d'étrangeté suspendue) jusqu'à l'extinction ; une musique énigmatique et extrême, en boucle sur elle-même (par vague mais sans répétition) et qui exige une attention soutenue pour exprimer son inspiration radicale ; Extrait-Vidéo [création : 17 Mars 2004, Munich, au Festival Klangspuren (Allemagne)]16xxx++N
Scelsi
(Giacinto)
1965Duo (violon et violoncelle) [60 ans]Violon-Violoncelle. Une œuvre de chambre dans la lignée des pièces pour orchestre monodiques, mais plutôt grinçante qui, maniant ad libitum les quarts de tons et la scordatura (pour les 2 instruments), paraît curieusement statique (immobilité de la note, oscillations) et motrice (hauteurs, variations de rythmes) à la fois : 2 mouvements cohérents, mais assez dissemblables, le premier fiévreux, le second plus intériorisé, sans être serein, qui se termine par une longue note en suspension (sérénité?) ; Extrait-Vidéo [création : 1965 (?), lieu inconnu].11xxx++.
Takemitsu
(Toru)
1966Eclipse (biwa et shakuhachi) [36 ans]Duo (biwa et shakuhachi, instruments traditionnels Japonais). Le biwa est un instrument à cordes pincées, une sorte de luth à manche court dérivé du pipa Chinois (avec quasiment la même consonance), tandis que la flûte shakuhachi, appelé chiba en Chine, est une variation locale de la flûte occidentale, avec 5 trous, droite, et en bambou ; la pièce est typiquement exotique, de par les 2 instruments et l'écriture ; la pièce s'ouvre sur une lente procession, interrompue par de brusques échappées, imprévisibles (aux rythmes complexes), puis peu à peu elle s'évade sans but, mystérieuse, énigmatique, étrange pour des oreilles Occidentales (microtonalité), même si elle continue à avancer lentement, devient déploration puis nostalgie (les sons du shakuhachi dérivent, bruitent par souffle, ceux du biwa s'allongent en résonant), avant une accélération mécanique finale et un adieu ; Extrait-Vidéo [création : 4 Mai 1966, à Tokyo (Japon)].21xxx+++N
Takemitsu
(Toru)
1981Toward the Sea (flûte et guitare) [51 ans]Chambre (duo). La pièce, célébre, exister 3 versions, flûte et guitare, ou bien flûte, alto et orchestre à cordes, ou bien flûte, alto et harpe, la guitare pouvant être transposée au vibraphone ; une pièce inquiète et énigmatique qui s'inspire, en partie, de l'histoire de Moby Dick, un roman de l'écrivain Américain Herman Melville paru en 1851, avec un grand cachalot blanc au centre de l'intrigue ; elle narre la symbolique de l'eau pour une rêverie profonde (avec un miroir fugitif) ; sous un titre unique signifiant "Vers la Mer", elle est divisée en 3 parties pratiquement égales, "The Night" (nocturne), "Moby Dick" (mystérieuse) et "Cape Co" (emportée), toutes 3 dans la même ambiance à la fois mystérieuse et allusive pour se rejoindre à la fin dans la torpeur ; Extrait-Vidéo [création : le 31 Mai 1981, Tokyo (Japon)].12xxx++++N

 



Actualisation : 02-Juin-2021


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