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MUSIQUE ÉLECTRONIQUE, CONCRÈTE, ACOUSMATIQUE, SYNTHÉTIQUE PURE

 

COMPOCRÉATITREANALYSETPSVALNIVN
Bayle
(François)
1967Espaces inhabitables (bande) [35 ans]Electroacoustique (acousmatique). Une œuvre énigmatique, envoûtante, au titre bien conçu ; elle est toujours à la limite de l'équilibre, de l'indicible et bien sûr de l'inconnu (si inhabitables) ; datés (bien), les sons se focalisent sur le souffle, les bruits, les feulements, les tintements, les rythmes sont (déjà) asynchrones avec des traînées alors innovantes (mi-temps) ; la 2ème partie (2 tiers) se distancie volontairement jusqu'à l'évanescence mais, curieusement, prend substance et presque vie ; les effets, pour l'époque, sont inouïs, et restent prenants aujourd'hui (malgré l'obsolescence par les oreilles habituées, le côté mécaniste, certains ralentissements forcés et la surenchère technique) ; Extrait-Vidéo [création : 30 Mai 1967, Paris, Maison de Radio France (France)].18xx+++++N
Bayle
(François)
1970Jeïta (bande) [38 ans]Electroacoustique (acousmatique). Une œuvre opulente et superbe, peignant les extraordinaires grottes de Jeïta au Liban : les sons favorisent les murmures et les éléments liquides ; au-delà de la peinture sonore, la pièce se construit par variations, par réflexions, et par des rythmes asynchrones, avec un matériau qui apparaît toujours fluide (même en cas de démarche percussive) ; une réussite à la fois savante et séduisante ; Extrait-Vidéo [création : 19 Novembre 1970, au Festival Sigma de Bordeaux (France)].56xxxx+++++.
Berio
(Luciano)
1958Thema, Omaggio a Joyce (bande) [33 ans]Electronique (pour 4 canaux sortant vers 4 haut-parleurs). La première œuvre électronique du compositeur, belle et poétique, réalisée à partir d'un extrait d'Ulysse (en anglais, de James Joyce), comprend l'incrustation de la voix de la cantatrice Cathy Berberian (son épouse) ; la pièce joue sur les extensions poétiques sonores du mot écrit, qu'il soit dit ou entendu, sans établir la prépondérance d'un des deux arts, le poétique (microstructure, chez Joyce) ou le musical (fugue canonique, tissu sonore complexe, onomatopées, éparpillement des micro-éléments, chez Berio) ; par les moyens électroniques, le compositeur multiplie les bribes-mots, décompose et recompose les énoncés continus, les déforme (jusqu'à l'abstraction totale, fouillis de gazouillis et pépiements, souffles), en les manipulant selon des critères d'organisation différents de l'écriture du texte (par essence contraint par la nécessaire signifiance), en variant les vitesses, les durées et les bandes de fréquences (les procédés paraissent vieillis aujourd'hui, comme toute la musique électronique de l'époque) ; une pièce inspirée construite en 3 parties (lecture musicalisée du texte, mixage électronique simple sur les mots et des bribes de mots encore identifiables par filtrage et réverbération, mixage électronique complexe avec des phonèmes ou des agrégats de phonèmes) ; Extrait-Vidéo [création : 1958 (sans précision), réalisée au Studio de Fonologia de la R.A.I. (Radio Audizioni Italiane) à Milan, diffusée à Naples].7xxx++.
Chowning
(John)
1977Stria (bande seule) [43 ans]Informatique (pure). Une œuvre à la fois magique et étrange au niveau de la perception (micro-organisation spectrale du son fondue dans un macro-niveau, déploiement dans l'espace et dans le temps du matériau originel, absence de réverbération), tout en restant structurée et équilibrée, dans une multitude d'instants uniques qui interagissent ; elle est entièrement basée sur des spectres non-harmoniques élaborés à partir de la synthèse FM ; les spectres non-harmoniques ne rappellent pas ceux des timbres instrumentaux, sauf peut-être à certains endroits où l'on peut entendre des sons évoquant l'orgue (particulièrement, au principal temps fort, au moment où l'écriture est plus dense, tout en restant consonante) ; une pièce superbe, la première, à la fois électroacoustique et spectrale ; Extrait-Vidéo [création : 13 Octobre 1977, au Centre Pompidou, à Paris (France)].15xxxx+++.
Eloy
(Jean-Claude)
1973Shânti (pour bande) [35 ans]Bande (musique électroacoustique, sons électroniques et concrets, aujourd'hui, enregistrement informatique). La pièce a une durée variable, 96 minutes initiales, puis 105 minutes et jusqu'à 140 minutes avec des ajouts, car les extensions font partie du processus créateur avec davantage de liberté et de possibilités de sons à composer ; le titre qui signifie "Paix" en sanscrit (langue Indienne) ne doit pas teinter la pièce d'Orientalisme exotique, mais plutôt déterminer une paix universelle, du mental, la paix suprême recherchée par les yogin, ou la paix psychique, affective, de l'être ; le début est assimilé à son chant (cantus) d'introduction sous la forme de Kâma-Shânti, puis de Méditation-Shânti, et ces 2 parties sont imprégnées de calme (incrusté de bruit cosmique résiduel et de conversations en Anglais par micros interposés, comme distanciées), mais peu à peu le calme devient revendication (scandée par des voix jeunes) ; ensuite, le "Mantra des Étoiles", à mi-temps, est à la fois onirique et statique ; puis, les "Soldats" (bruits de bottes, chants Nazis en sourdine), les "Vagues", lentes, boucles de feux, la "Contemplation aux enfants", tragique, et enfin la "Vastitude", encore plus immersive, apportent variations à une démarche comparable qui envoûte, toujours mêlant sons et voix enregistrées ; de façon emblématique, la musique suit une direction, forte, inéluctable, une force directionnelle, elle enveloppe, pénètre, subjugue mais sans imposer ; une pierre précieuse dans le corpus, certes daté aujourd'hui, du musée des débuts de la musique électroacoustique que certains préfèrent écouter dans le noir complet, pour vivre l'émotion autrement ; Extrait-Vidéo [création : semaine de Pâques 1974, au Festival de Royan (France) et Studio de musique électronique, radio WDR, Köln (Cologne, Allemagne)].140xxx++++N
Harvey
(Jonathan)
1980Mortuos Plango, Vivos Voco (bande) [41 ans]Electroacoustique (sons concrets traités par ordinateur, sur 8 pistes, avec hybridation entre 2 matériaux, les cloches et la voix d'enfant). Nourri des chœurs polyphoniques des cathédrales Anglaises, l'assemblage est un mélange des voix séraphiques de choristes Anglais (enregistrement de Dominique, le fils du compositeur, qui a été choriste à la cathédrale de Winchester, de 1975 à 1980 et chante le texte du titre) et les sons de la grande cloche noire de la cathédrale de Westminster (sur laquelle est inscrite la mention du titre : «Horas avolantes numero mortuos plango : vivos ad preces voco» [Je compte les heures qui s'enfuient, je pleure les morts : j'appelle les vivants à la prière]) ; la pièce commence par un choral de la cloche avec la voix en sourdine, puis le signal est déformé, avec dispositif d'écho renforcé et s'amorce un onirisme d'une grande beauté (éthérée) ; et au fur et à mesure de l'avancement, la fusion des 2 sources est de plus en plus marquée ; techniquement, le langage utilisé est spectral avec, pour les 8 sections de l'œuvre, les 8 principaux partiels les plus bas et des accords construits à partir d'un répertoire de 33 partiels et des modulations entre les différentes zones du spectre effectuées par des glissandi ; une des rares musiques entièrement électroniques (sons fixés) qui a peu vieilli au cours du temps ; Extrait-Vidéo [création : 30 Novembre 1980, au Festival de Lille (France)]... de (presque) la même veine, "Gong-Ring" (1984, pour petit ensemble avec 4 percussionnistes dont 2 bols Taïwanais, harpe, piano, célesta, 8 violons, alto, 3 violoncelles, contrebasse, et modulateur électronique en anneaux, avec effet en cercles propagatoires)9xxxx+++++N
Henry
(Pierre)
1952Le Microphone bien Tempéré (bande) [25 ans]Concrète. Une œuvre expérimentale du compositeur, en une quinzaine de séquences courtes, comme un kaléidoscope du possible avec un microphone percussif (le titre est bien sûr en hommage iconoclaste à Jean-Sébastien Bach), particulièrement réussie par son côté frénétique, jubilatoire et inventif sans longueur ni étirement cosmique (qui feront sa célébrité médiatique ultérieure, plutôt «Pop», à partir de la "Messe pour le Temps présent", en 1967). C'est souvent démonstratif et daté, mais tellement inventif, échevelé, volubile, humoristique que l'auditeur est emporté et séduit ; Extrait-Vidéo [création : 25 Mai 1952, salle de l'Ancien Conservatoire de Musique, à Paris (France)].20xxx++++.
Henry
(Pierre)
1953Le Voile d'Orphée (bande) [26 ans]Concrète. La première œuvre significative de Pierre Henry, fortement imprégnée d'une atmosphère lyrique et tragique, et aussi l'une des plus belles et des plus radicales (commencée par une première version "Orphée" en 1951), sans dérive mégalomaniaque, comme les pièces tardives : le thème de la mort est omniprésent ; c'est la première œuvre de musique électronique de caractère orchestral : Orphée provoque un scandale au Festival de Donaueschingen, lors de la création ; à l'ouverture, le voile est déchiré et la musique installe sa propre dramaturgie (dérapage des sons, destruction par l'anéantissement, folie) qui est ensuite diabolisée par les voix enregistrées (quasiment en Sprechgesang), jusqu'à un final grotesque et mécanique ; Extrait-Vidéo [création publique : 8 Avril 1954, Théâtre des Champs-Elysées, à Paris (France)].27xxx+++.
Henry
(Pierre)
1968Messe de Liverpool (bande) [41 ans]Bande (intégrant voix et cordes enregistrées). Une oeuvre phare de la période expérimentale et provocatrice du compositeur ; sa construction par moments éclatée, éparpillée, ou totalement répétitive ou en boucle, est unique (et peut énerver aujourd'hui) ; la pièce suit la liturgie de la messe Catholique, en 6 mouvements, chacun avec son ambiance propre, "Kyrié" (6 minutes) quasiment diffracté, décomposé, "Gloria" (5 minutes) sardonique, "Credo" (15 minutes) ironiquement solennel, "Sanctus" (5 minutes) répétitif, "Agnus Dei" (9 minutes) scandé, et "Communion" (6 minutes) planante, avec des sonorités orientalisantes et une locution des mots Latin d'une totale distanciation sarcastique et dissonante ; Extrait-Vidéo (à suivre) [création : 26 Mai 1967 , à Liverpool, cérémonie inaugurale de la nouvelle cathédrale du Christ-Roi (Angleterre), sans le Credo].47xxxx++++N
Ligeti
(György)
1958Glissandi (bande) [35 ans]Electronique. Une des premières œuvres concrètes, belle, à texture continue et de couleur romantique, même si le phénomène a considérablement vieilli, tout simplement car la technique a évolué très vite : il reste une recherche personnelle de la couleur fusionnelle, des contrastes continu-discontinu et de l'émotion auditive (l'appropriation de l'outil technologique a souvent conduit d'autres compositeurs à la sécheresse ou à l'architecture) ; pour l'anecdote, il faut savoir le travail gigantesque que représentaient, à l'époque, ces œuvres de quelques minutes : à partir de sons purs sinusoïdaux produits par oscilloscope et enregistrés séparément sur bande magnétique, les morceaux de bandes (sons individuels) sont découpés-collés dans un ordre de "composition" (lesquels collages peuvent aussi être enregistrés sur bande et découpés-collés à nouveau) pour créer une bande qui se déroule très rapidement (73 cm par seconde) faite de morceaux physiques mesurant quelquefois 1 cm (les sons résultant durent moins d'un 20ème de seconde, soit le seuil d'estompage) [création : 25 Mars 1958, à la Radio de Cologne (WDR, Allemagne), dans la série Musik der Zeit]... de la même veine, plus ambitieuse et discontinue, mais moins musicalement séduisante, "Artikulation" (1958, 4 minutes, créée en même temps), également d'intérêt historique («parlée», bien que concrète, avec une dose d'humour et davantage typée «technologique»).7x+++++.
Parmégiani
(Bernard)
1975De Natura Sonorum (bande) [48 ans]Electroacoustique. Une œuvre énigmatique, répétitive, avec un réel pouvoir d'attraction émotionnelle, mais distancé (probablement l'une des plus grandes réussite de la musique acousmatique) et un écho très marqué de sons fluides ; en 2 fois 6 mouvements dans la révision de 1990: première série, mélange de sons instrumentaux (enregistrés) et de sons électroniques (rarement de sons concrets), deuxième série, avec les sons concrets fréquents, à la place des sons dérivés des instruments ; une partition intelligente par son architecture (une sorte de Clavecin bien tempéré de la musique fixée), par son exploitation des résonances, par ses incidences au-dessus d'un continuum ; Extrait-Vidéo [création : 1ère série, 1974, Salle Wagram, à Paris (France), 2ème série, 1975, Espace Cardin, à Paris (France), par le GRM]... de la même veine (moins aboutie), "Dedans-Dehors", en 1977.53xxxx+++.
Parmégiani
(Bernard)
1984La Création du Monde (bande) [57 ans]Electroacoustique. C'est une vaste fresque dont le titre n'est pas issu de la génèse biblique, mais des connaissances scientifiques de l'époque (Hubert Reeves, Carl Sagan, Robert Clarke, Steven Weinberg ont fourni les principaux points de repère, sachant que les mots qui décrivent les phénomènes de l'astrophysique sont suffisamment incitatifs pour provoquer l'imagination musicale et nourrir cette rêverie du monde) ; la pièce est en 3 parties, Lumière noire (18 minutes), Métamorphose du vide (23 minutes), et, Signe de vie (32 minutes) et en 12 sous-parties ; elle commence par un bruit (de fond) résiduel (précédent, puis suite au big bang?), et peu à peu un vent (solaire?) s'établit ; ce sont, en quelque sorte, les premières forces et les premières formes ; ensuite, les exemples de vie apparaissent, avec des sons bizarres (dissonants, donc pour peut-être des êtres incongrus?) ; le grouillement marque l'explosion de la spéciation ; enfin se manifestent, des jeux de configurations, par échos et mélopées, fonctionnant comme des alternatives ; le rêve a déjà pris le pas sur la réalité, à moins qu'il en fasse partie intégrante, en tout cas il n'est plus possible d'exemplifier un déterminisme historique, ou du moins musical ; le motorisme prend le pas, comme un momentum inébranlable, à l'exception d'un ralentissement inattendu, comme un ralenti puis arrêt sur image au cinéma (heureusement il n'y a pas de vrai fin (l'humanité est-elle épargnée ?) ; la pièce fait résonner un vide-espace intersidéral qui bien sûr n'est qu'inspiration et imagination virtuelles puisqu'il ne peut y avoir de sons dans ce vide-là) ; l'ensemble est lent, comme imperceptible (avec de nombreuses répétitions pour marquer les allers et retours, les hésitations sans trajectoire rectilligne), avec de très rares pianissimi ou fortissimi, en tout cas inéluctables (le temps est tellement resserré que les ruptures sont impossibles eu égard au chemin total parcouru) ; Extrait-Vidéo (à suivre) [création : 14 Mai 1984 , Paris (France)].73xxx+++++N
Risset
(Jean-Claude)
1969Computer Suite From Little Boy (bande) [31 ans]Electronique-pure (sons de synthèse réalisés sur bande, fabriqués à l'ordinateur via le programme MUSIC V à partir d'un 1er catalogue de sons de base en 1969). C'est une des premières œuvres significative, entièrement fabriquée par ordinateur, et en ce sens, elle témoigne à la fois d'un engagement scientifique et d'une volonté d'innover et d'expérimenter, tout en faisant preuve de musicalité et en visant la constante inharmonicité (peu fréquentée) du timbre et la création de spectres (qualifiés de pré-spectraux au sens du style ultérieur de Gérard Grisey et consorts) ; plusieurs instruments de musique sont simulés par l'ordinateur, exploitant les résultats d'expériences imitatives («mimage»), notamment une étude publiée sur les sons cuivrés, mais ici l'ordinateur sert aussi à façonner des sons radicalement différents des sons instrumentaux (par exemple, avions ou sirènes) ; en outre, comme le souligne le compositeur, la pièce utilise aussi les sons paradoxaux, soit descendant indéfiniment, ou montant la gamme mais finissant plus bas que le point de départ, pour créer des illusions rytmiques sensorielles ; son titre vient du fait que cette suite fait partie d'une composition plus large pour accompagner la pièce "Little Boy" de Pierre Halet (1968), à propos du bombardement d'Hiroshima, revécu à travers les fantasmes du pilote d'un avion de reconnaissance météo, l'Américain Claude Eatherly, qui a assisté au largage de la bombe atomique ; elle est en 3 courtes parties, toutes assez coloristes et concernant la bombe, bien illustrées par la signification de leur titre, (1) "Vol et Compte à Rebours" (textures mouvantes, puis scansion métronomique, avec 2 épisodes fugitifs de jazz et gongs), (2) "Chute" (virtualité imaginaire, effets de fusée, effondrement), (3) "Contre-Apothéose" (des éléments antérieurs réapparaissent pour se désintégrer, comme le jazz-band en rafale de mitrailleuse, la flûte et le gong en sirènes qui tournoient, puis s'effilochent en souvenir) ; Extrait-Vidéo [création : 29 Mars 1969, Arts Council de Philadelphie (USA].13xxxx++++N
Risset
(Jean-Claude)
1969Mutations (électroacoustique) [31 ans]Electronique-pure (sons de synthèse réalisés sur bande, fabriqués à l'ordinateur via le programme MUSIC V à partir d'un 1er catalogue de sons de base en 1969). C'est une œuvre électroacoustique devenue célèbre pour ses 1ers effets de paradoxes de l'audition (des illusions acoustiques, perçues via des sons dont on ne peut déterminer l'octave, un glissando montant sans fin, un agrégat dont on ne peut distinguer s'il s'agit d'un accord ou d'un timbre, un son qui descend mais qui est plus aigu à la fin qu'au départ), même si certains sons paraissent aujourd'hui datés (l'ensemble tient bien tout de même) ; en outre, c'est aussi une première par l'utilisation en musique de la technique de modulation de fréquence de John Chowning (dans nos radios quotidiennes, avant le numérique) ; le titre de mutations n'est pas inspiré de la biologie, mais fait allusion aux transformations graduelles qui s'opèrent au fur et à mesure, par exemple, lors du passage d'une échelle de hauteurs discontinue à des variations de fréquence continues, par l'intermédiaire de développements en mutations (ou mixtures, bien connues avec un orgue-instrument) ; on relève la présence de nombreux sons de synthèse pseudo-instrumentaux (mimant les trompettes, percussions, hautbois, orgue, cloches) et des procédures sur des timbres dont le spectre évolue dans le temps ; au début, un même motif apparaît d'abord sous forme mélodique, puis comme harmonique (comme un accord), enfin sous forme de timbre, comme un simulacre de gong qui est comme l'ombre de l'accord précédent (l'harmonie est alors prolongée dans le timbre) ; les sons continus glissent vers l'aigu suivant une montée en spirale qui peut se poursuivre indéfiniment ; à l'écoute, le déroulé de la pièce apparait linéaire comme une succession d'ambiances distinctes, d'abord plutôt énigmatique (continuendo glissés, scintillements granulaires), puis espiègle (bidule, toupie), puis placide (effet de pluies, de roulements), jusqu'à un tutti plutôt moteur (bourdonnement ou bruit de fond, mouvant et montant vers un climax, avec effet de rotors), et enfin assez sidéral (riche en silences), avec une cassure douce finale ; Extrait-Vidéo [création : 1969 ou en Juillet 1970, Stockholm, Moderna Museet (Suède)].10xxx+++N
Risset
(Jean-Claude)
1985Sud (bande) [47 ans]Bande (bande magnétique, aujourd'hui support informatique, électronique pure avec des sons enregistrés dans le massif des Calanques, au sud de Marseille, comme des mouvements de la mer, d'insectes, d'oiseaux et leurs chants, de carillons de bois et de métal, de gestes brefs au piano, et aussi avec des sons synthétisés, variés, voire mimant les précédents). La pièce est à la fois descriptive (sons concrets), synthétique (sons artificiels) et leurs déformations-transformations par des programmes informatiques selon des options de timbres (couleur, réverbération), de rythmes, de modulation-filtration, de spatialisation, d'hybridation (etc.) ; le compositeur propose le scénario métaphorique suivant (1) La mer le matin, Eveil d'oiseaux criards s'animant du pointillisme à la strette, Nuages harmoniques, Venant du grave, accumulation d'êtres hybrides, Chaleur. Luminy, au pied du Mont Puget (insectes et oiseaux réels et imaginés), (2) Appel (comme une bouée à cloche animée par la mer), Agitation, flux, dérives, péripéties, mistral, tempête, feu de la terre, ou orage intérieur, (3) Le profil de la mer, vagues de la mer, raga d'oiseaux (le filtrage de croassements d'oiseaux apparaît d'abord comme un écho coloré, puis comme un véritable raga sur l'échelle de hauteur introduite et le bruit devient hauteur stridente), Hybrides animés, Reflux (le bruit du ressac) ; elle s'ouvre dans une ambiance aquatique (mouvante) illustrée par des bruits de la nature (pépiements, gouttes), puis l'ambiance évolue vers plus de mystérieux, d'indicible, de grouillant, de déferlant par vague, voire de filant (plus daté) et elle s'anime de plus en plus, devient de plus en plus naturaliste, jusqu'à un final serein, pour jouer une riche parure harmonique ; Extrait-Vidéo [création : 1985, Paris, Maison de la Radio, Cycle acousmatique du GRM (France)]24xxx+++N
Schaeffer
(Pierre)
1950Symphonie pour un Homme Seul (bande) [40 ans]Concrète. Une œuvre popularisée à la fin des années 1960 par une chorégraphie de Maurice Béjart, mais qui est datée et a terriblement vieilli par endroits sur le plan musical (et pourrait être rangée au Musée de la Musique Concrète) ; la contribution de Pierre Henry est limitée et la patte de Schaeffer est plus affirmée, curieusement mélodique ; il reste des passages d'une réelle beauté plastique, mélodique, et des collages (music-hall, une locomotive allusive à l'étude antérieure, une grande dérision du fascisme, etc.) et des rengaines humoristiques (type BD), le tout comme un tutti frutti ludique et délabré, intellectuellement brillant ; Extrait-Vidéo, avec la vidéo de Béjart [création publique : 18 Mars 1950, École Normale de Musique, à Paris (France), 1ère radiodiffusion : 1949 à la RTF].22xx++++.
Stockhausen
(Karlheinz)
1956Gesang der Jünglinge (bande) [28 ans]Electronique. Une œuvre phare des débuts de la période électronique (titre : "Chant des Adolescents"), combinant des sons concrets (enregistrés par micros) et des sons électroniques (synthétisés par oscilloscope) ; la voix humaine (une voix d'enfant enregistrée et démultipliée, récitant un fragment biblique extrait du chapitre 3 du Livre de Daniel, un benedicite, presque méconnaissable) est mêlée à des sons électroniques de toute nature : sons sinusoïdaux purs, sans harmoniques, mais aussi bruits blancs (sons complexes dont le spectre est continu et uniforme en fonction de la fréquence), en superposant de nombreuses couches sonores en textures très travaillées, et impulsions ; le son sinusoïdal est associé aux voyelles, le son blanc (bruit de fond) est associé aux consonnes molles, les attaques et impulsions sont associées aux consonnes percutantes ; une musique enveloppante qui n'a pas vieilli (malgré ses bidouillages électroniques obsolètes, sa fragilité, sa tendresse) ; innovations : la projection spatiale de l'œuvre (des mouvements de rotation entre les 5 groupes de haut-parleurs), conditionnée par le sérialisme de l'électronique, et pour la première fois, la mise en évidence que le son est constitué de pulsations (plus les vibrations sont importantes, plus le ton est élevé) [création : 30 Mai 1956, à Cologne (Allemagne)]... de la même veine, "Telemusik" (1966) avec surtout des sons électroniques (oscilloscope), mais aussi concrets, copiant des bruits familiers (camion, train, rue, etc.) et peu de voix, dans un style plutôt processionnel, une pièce qui ré-écoutée en 2007 a pris des rides, non pas quant à son inspiration (belle et originale, nettement orientalisante, du Japon au Vietnam), mais plutôt quant à la technologie (une bien plus grande complexité et innovation sonore a été obtenue depuis, dans le même style et les scintillements répétés font science fiction), mais c'est une faiblesse incontournable de toute la musique électroacoustique, qui est figée, donc datée, et dépendante de la technologie du moment, et donc sujette à obsolescence rapide (reste la musique et l'inspiration, heureusement) ; Extrait-Vidéo [création : 30 Mai 1956, par radiodiffusion, Radio de Cologne (Allemagne).13xxxx++.
Varèse
(Edgard)
1958Poème Électronique (bande) [75 ans]Electronique. Une œuvre symbole (aujourd'hui datée) du pionnier de la musique nouvelle, réalisée au Studio Philips, à Eindhoven (Hollande), après une commande de la firme à l'architecte Le Corbusier ; 7 séquences titrées : "Genèse", "Esprit et Matière", "De l'Obscurité à l'Aube", "L'Homme fit les Dieux", "Comment le Temps modèle les Civilisations", "Harmonie", "À l'Humanité tout entière" ; une sorte de bilan alpha et oméga du monde humain avec une dimension mystique, mêlant des sons concrets, avec des voix, des cloches, de l'orgue, un ensemble de free jazz (avec Charlie Mingus, Teo Macero, etc.), et des sons électroniques, à travers une série de filtres, modulateurs en anneau, distorsions, fondus et diverses manipulations de la bande magnétique telles que mises à l'envers et changements de vitesse ; à l'origine, la pièce, spatialisée, très visuelle (descriptive) est illustrée par des images et des lumières colorées et mouvantes, mais sans synchronisation (au hasard !) ; l'ensemble est assez calme, serein, cosmique avec, en contraste, des injections technologiques éparpillées (désuètes), quelques voix-mélopées ; Extrait-Vidéo [création : 2 Mai 1958, à Bruxelles (Belgique), à l'Exposition Universelle, pavillon Le Corbusier-Xenakis (diffusion sur 425 haut-parleurs et 20 groupes d'amplificateurs devant 500 spectateurs qui visionnent en outre les images projetées par Le Corbusier et filmées par Philippe Agostini), pour 16 séances par jour à raison d'une toutes les demi-heures pendant 134 jours, soit 1 Million de visiteurs].8xx+++++N

 



Actualisation : 16-Janvier-2021


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